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Quatre présidents africains au chevet du Mali en crise

Depuis des semaines, des opposants réclament la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta

Photo : pool/afp via getty images / LUDOVIC MARIN

Agence France-Presse

Les présidents de quatre pays d'Afrique de l'Ouest se rendront jeudi à Bamako pour tenter de trouver une issue à la crise sociopolitique que traverse le Mali, après plusieurs semaines de contestation du pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Mahamadou Issoufou (Niger), Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire), Macky Sall (Sénégal) et Nana Akufo-Addo (Ghana) sont attendus jeudi à Bamako, a déclaré à l'AFP un responsable de la présidence malienne sous le couvert de l'anonymat. La durée de cette mission n'a pas été précisée.

Lundi, alors que quelques barricades dressées dans les faubourgs de Bamako par des opposants au président Keïta, alias IBK, ont été rapidement démantelées par les forces de l'ordre, les pourparlers diplomatiques se sont poursuivis en coulisses.

L'imam Mahmoud Dicko, sorte d'autorité supérieure à la fois politique et spirituelle de la contestation, a reçu en fin d'après-midi les ambassadeurs au Mali de la France, des États-Unis et de l'Union européenne, a-t-on appris de sources diplomatiques.

L'imam, l'une des personnalités les plus influentes du pays et bête noire du régime, a déclaré aux diplomates que les portes du dialogue n'étaient pas fermées, mais que la gouvernance au Mali devait radicalement changer, selon des participants à la rencontre interrogés par l'AFP.

La venue à Bamako en fin de semaine des quatre chefs d'État marque la montée en puissance de la médiation menée depuis des semaines par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), dont la présidence tournante est actuellement assurée par le président nigérien Mahamadou Issoufou.

Une médiation pour dénouer la crise

Jusqu'ici, les efforts diplomatiques de l'organisation ouest-africaine n'ont pas permis d'apaiser une situation qui inquiète les partenaires du Mali, pays pauvre qui affronte depuis des années des violences multiformes, notamment djihadistes et intercommunautaires, malgré la présence de forces françaises, africaines et de l'ONU.

Les pourparlers menés de mercredi à dimanche à Bamako par une délégation de diplomates et d'experts, conduite par l'ex-président nigérian Goodluck Jonathan, n'ont pas permis d'aboutir à une solution de consensus.

La mission a recommandé la mise sur pied de toute urgence d'un gouvernement d'union nationale, comme l'a déjà suggéré le président Keïta, et la nomination d'une nouvelle Cour constitutionnelle chargée d'examiner en priorité le litige électoral autour des résultats des législatives de mars-avril, considéré comme l'élément déclencheur de la crise actuelle.

Mais ces recommandations se sont heurtées, avant même leur publication officielle, au refus des dirigeants du M5-RFP, alliance hétéroclite de chefs religieux et de personnalités du monde politique et de la société civile à l'origine des manifestations contre le pouvoir, qui réclame en priorité le départ du président Keïta.

Or, les envoyés de la CEDEAO, s'ils prônent un partage des responsabilités gouvernementales entre la majorité présidentielle, l'opposition et la société civile, ont souligné dans leur communiqué qu'aucune forme de changement non constitutionnel d'accession au pouvoir ne sera acceptée par la CEDEAO.

La médiation a produit des résolutions importantes, avait estimé dimanche Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la CEDEAO. Malheureusement, nos frères du [...] M5 n'ont pas accepté ce plan, mais le dialogue n'est pas rompu. Nous allons continuer à travailler, avait-il confié à l'AFP.

Un président contesté

Au pouvoir depuis 2013, le président Ibrahim Boubacar Keïta est massivement contesté dans la rue depuis juin.

Au climat d'exaspération, nourrie depuis des années par l'instabilité sécuritaire dans le centre et le nord du pays, le marasme économique ou une corruption jugée endémique, est venue s'ajouter l'invalidation par la Cour constitutionnelle d'une trentaine de résultats des législatives.

Le 10 juillet, la troisième grande manifestation contre le pouvoir à l'appel du M5-RFP a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers à Bamako, les pires dans la capitale depuis 2012, qui ont fait au moins 11 morts.

Les dirigeants de la Convergence des Forces républicaines (CFR), proche du pouvoir, se sont dit lundi d'accord avec les recommandations de la CEDEAO.

Le Comité stratégique du M5-RFP, l'instance dirigeante de la contestation, a pour sa part tenu une réunion dont les conclusions n'étaient pas encore connues lundi en début de soirée.

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