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Le décrochage scolaire serait socialement contagieux

Le Québec rencontre des difficultés à lutter efficacement contre le décrochage scolaire.

Environ 17 % des élèves québécois décrochent de l'école.

Photo : iStock

Radio-Canada

Plus un adolescent a de décrocheurs au sein de son environnement social, plus il risque de décrocher à son tour, selon une étude de chercheurs québécois qui vient d’être publiée dans le Journal of Educational Psychology (Nouvelle fenêtre).

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’Université de Montréal (UdeM) et de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ont rencontré 545 élèves.

Une partie avait décroché, mais une autre avait persévéré. Les chercheurs voulaient comprendre quels étaient les facteurs de risque menant au décrochage, mais aussi quels étaient les facteurs de soutien permettant de garder les jeunes à l’école.

Invitée à l’émission Le 15-18, Véronique Dupéré, coauteure de l’étude, a souligné que le milieu familial (niveau socioéconomique et suivi des parents, par exemple) et l’expérience scolaire (difficultés d’apprentissage, intimidation, etc.) sont les deux sphères principales qui ont une incidence sur le décrochage scolaire.

Si plusieurs études, principalement américaines, ont déjà par le passé évalué le rôle des proches dans le décrochage, le rôle de l’entourage au complet, y compris les partenaires amoureux, n’a jamais été évalué ni la période durant laquelle la contagion du décrochage pouvait se faire sentir, souligne cette professeure agrégée à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Une partenaire amoureuse qui a quitté l’école pour se trouver un travail et avoir son propre logement. Un frère qui a décroché sans que les parents s’emportent trop. Voilà de puissants modèles. Et c’est encore pire quand on a des modèles de décrochage dans deux des groupes, comme un ami et une sœur par exemple.

Par rapport aux élèves qui restent à l'école, les adolescents qui décrochent sont plus à risque d'avoir un ami, un partenaire amoureux ou un frère ou une sœur qui avait récemment quitté l'école sans diplôme.

Une citation de :Les chercheurs de l'UdeM et de l'UQAM

Les chercheurs ajoutent que le décrochage semble donc être socialement contagieux sur une courte période, soit moins d’un an.

Selon elle, cette étude peut être utile aux conseillers scolaires en leur permettant de réagir rapidement en cas de décrochage chez l’un des élèves de leur établissement : Allons alors voir dans le réseau de ce décrocheur pour éviter l’effet d’entraînement, dit-elle.

La COVID-19 comme trame inquiétante

Le confinement forcé engendré par la pandémie préoccupe énormément Mme Dupéré car, d'après elle, l’effet d’entraînement pourrait être encore plus marqué au retour [en classe].

Spécialisés dans le décrochage scolaire, les deux principaux auteurs de l’étude, Véronique Dupéré (UdeM) et Éric Dion (UQAM,) avaient été nommés par le magazine Québec Science parmi les 10 découvertes de l’année 2017 pour leur étude sur les décrocheurs discrets. Ils avaient notamment découvert que 40 % des décrocheurs avaient vécu un événement stressant important dans les trois mois précédant leur départ de l’école.

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