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Le monde de l’opéra très touché par la COVID-19

Étienne Dupuis et Nicole Car dans une scène de l'opéra Eugène Onéguine, présenté à l'Opéra de Montréal.

Étienne Dupuis et Nicole Car dans une scène de l'opéra « Eugène Onéguine », présenté à l'Opéra de Montréal.

Photo : Gracieuseté de l'Opéra de Montréal

Radio-Canada

Le baryton montréalais Étienne Dupuis fait partie des artistes très touchés par l’arrêt des spectacles. Il ne travaille plus depuis l’annulation des spectacles en salle, le 12 mars 2020. Et il ne sait pas quand il pourra remonter sur scène.

Ce qui est le plus déprimant pour lui et sa femme, la soprano australienne Nicole Carr, c’est de voir que les annulations de spectacles s’enchaînent. La pandémie leur coupe les ailes alors que leur carrière semblait être à son apogée.

Ce qui a un peu tué notre positivisme – on est tombés plus dans la dépression –, c’était de voir qu’une après l’autre, les maisons [d’opéra] annulaient longtemps d’avance. Nos annulations sont rendues en février, a expliqué Étienne Dupuis à la chroniqueuse culturelle de Tout un matin, Katerine Verebely.

L'homme regarde devant lui.

Le baryton Étienne Dupuis

Photo : Julien Faugère

Le baryton ajoute que l'opéra emploie de nombreuses personnes pour réaliser les concerts, tant sur la scène que derrière celle-ci. C’est dur de s’imaginer la quantité de gens qui ont perdu leur emploi. Ce ne sont pas juste des spectacles qui arrêtent de jouer, pas juste 10 artistes sur scène, c’est un chœur, un orchestre, tous les employés autour qui travaillent sur les décors, le maquillage, etc., précise-t-il.

Né à Montréal, Étienne Dupuis y a aussi étudié. Il s’est maintenant installé à Paris avec sa famille. À l’Opéra de Montréal, Étienne Dupuis a interprété Joe dans Dead Man Walking et créé les rôles de Simon Doucet pour Les Feluettes et de Pink pour l’adaptation d’Another Brick in the Wall, de Pink Floyd.

Des spectacles annulés non payés

Les conséquences de la pandémie se sont donc fait sentir immédiatement pour Étienne Dupuis et sa femme. Lorsque la COVID-19 a bouleversé la planète, le 12 mars, le baryton était au Metropolitan Opera de New York pour chanter sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, à la veille de la première représentation de Werther, de Jules Massenet. Puisque cet opéra ne paye les artistes que pour les représentations, et non pour les répétitions, tout le travail a été perdu.

Ce n’est pas juste une question financière, mais aussi d’émotions, de sentir qu’on ne vaut rien, d’être remplaçable et oubliable. Ce n’est vraiment pas la raison pour laquelle on fait ce métier-là. C’est plutôt parce qu'on cherche une communion avec le public.

Étienne Dupuis

La situation est différente selon les maisons d’opéra. En Europe, les artistes ont une certaine protection, notamment les intermittents du spectacle, en France, à qui un contrat à durée déterminée donne droit à un type d’assurance-emploi. En Allemagne, il a été exigé que les maisons d’opéra remboursent un certain montant des contrats.

On devait faire des contrats à Berlin, on a reçu 20 ou 25 % du cachet, jusqu’à concurrence de 10 000 € [15 500 $]. C’est un petit soutien, mais ces temps-ci, je n’ai aucun salaire qui entre, et ça va durer une année au complet, témoigne Étienne Dupuis.

Un homme avec des écouteurs chante dans un studio de radio.

Le baryton Étienne Dupuis montre toute l'étendue de son talent à la radio.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Le chanteur d'opéra pense que les conséquences de la pandémie seront plus graves aux États-Unis et en Australie pour le monde de l’opéra, puisque les maisons d’opéra sont peu subventionnées et dépendent des dons. Elles ne sont pas capables de fonctionner sans remplir leurs salles et doivent avoir un minimum de 80 % de gens dans la salle, sinon, elles ne peuvent pas boucler leur budget. Avec la distanciation, ça sera impossible, et c’est ça qui me déprime.

Étienne Dupuis se demande pourquoi on autorise, surtout en Europe, des gens collés les uns sur les autres dans les restaurants et les avions afin que ce type d’industrie survive, et que dans les salles de spectacle, on impose une distanciation en limitant le nombre de spectateurs et spectatrices. Je comprends pourquoi c’est imposé, mais je ne comprends pas le double standard. [...] Oui, on a de plus grandes foules, mais si c’est vraiment la distanciation d’un mètre et demi qui est nécessaire, il faut que ça s’applique à tout le monde, sinon, on ne lutte pas contre le virus, pense-t-il.

De baryton à chanteur populaire?

Pour pallier le manque de concerts et de contrats, Étienne Dupuis compose des chansons qu’il joue sur sa page Facebook et qui pourraient constituer le matériel d’un autre projet. Le premier confinement en France était de deux semaines. Je m’étais donc donné le défi d’écrire une chanson par jour pendant 14 jours. Le résultat a été plutôt bon, dit-il.

Son souhait serait de travailler avec des artistes comme Louis-Jean Cormier. Je sais qu’il est très occupé. Et [j’aimerais aussi] travailler avec François Lafontaine et Marie-Pier Arthur. On a tous été au cégep en même temps, conclut Étienne Dupuis.

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