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Dispute autour d’un jardin sauvage à La Pêche

Sébastien Cloutier et Jazmine Maisonneuve sont debout sur leur terrain.

Samuel Cloutier et Jazmine Maisonneuve ne veulent plus couper l'herbe sur leur terrain.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills

Radio-Canada

Un couple de La Pêche, en Outaouais, a pris la décision de ne plus couper son gazon, qu’il qualifie plutôt de « prairie ». Pour Samuel Cloutier et Jazmine Maisonneuve, il s’agit d’une décision environnementale. Mais selon la Municipalité, un voisin s’est plaint en avançant que le jardin de fleurs sauvages faisait diminuer la valeur de sa propriété.

L’aménagement paysager contient notamment des asclépiades et différentes herbes hautes qui attirent les pollinisateurs. Si certains sont d'avis qu'un gazon fraîchement taillé est l’idéal, M. Cloutier juge qu'un terrain au naturel est une meilleure option.

Nous avons décidé de ne pas tondre notre prairie. Je pense que c’est important pour l’environnement, pour les pollinisateurs, pour les animaux et pour tout l’écosystème.

Une citation de :Samuel Cloutier, résident du secteur de Masham

Le règlement municipal prévoit que le gazon doit être coupé à moins de 15 centimètres. L’été dernier, la Municipalité de La Pêche a informé les deux résidents du village de Masham que la végétation présente autour de leur terrain commercial constituait une « nuisance ».

Des fleurs sauvages poussent sur le terrain d'un couple de Masham.

« Nous avons décidé de ne plus couper l'herbe », explique Jazmine Maisonneuve.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills

M. Cloutier avait alors accepté de tailler en partie les herbes sur son terrain. Le mois dernier, la Municipalité a envoyé un autre avertissement au couple, en précisant qu’il pourrait recevoir une amende de 400 $ s’il ne respectait pas le règlement.

Une dispute devant les tribunaux

Samuel Cloutier, qui construit des résidences privées sur mesure, raconte qu’un employé de la Ville l’a contacté pour lui expliquer que l’affaire pourrait se retrouver devant un juge.

Je pense que n’importe quelle personne qui a une tête sur les épaules et qui priorise l’environnement va défendre notre point de vue.

Une citation de :Samuel Cloutier, résident du secteur de Masham

Selon M. Cloutier, la Municipalité de La Pêche lui aurait dit que les herbes hautes pouvaient être conservées, à condition qu’un biologiste répertorie les différentes fleurs sauvages sur son terrain, ce qu’il a accepté.

Mais le rapport, qui a coûté 400 $ à produire, a été rejeté par la Ville, puisqu’il ne contenait pas un plan avec la location précise des fleurs. Ce sont des excuses et de vieilles lois qui ont besoin d’être révisées, lance M. Cloutier. Il est étonné qu’une telle discussion existe en 2020.

Guillaume Lamoureux répond aux questions d'un journaliste à l'extérieur, devant l'hôtel de ville de sa municipalité.

Le maire de La Pêche, Guillaume Lamoureux, estime que le règlement doit être revu (archives).

Photo : Radio-Canada

Un règlement obsolète, selon le maire

Dans un courriel, le maire de La Pêche, Guillaume Lamoureux, soutient que le règlement est obsolète et inexécutable. Il ne connaît aucun cas où un propriétaire a reçu une amende en raison de la longueur de son gazon. Il estime d’ailleurs que ce règlement devrait être aboli.

Les gens qui veulent encourager les pollinisateurs et la vie sauvage peuvent le faire. Mais ils devraient limiter la propagation des espèces invasives ou allergènes, avance le maire. M. Lamoureux ignore si sa municipalité mettre en oeuvre une poursuite contre le couple.

Avec les informations de Stu Mills de CBC

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