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Les jeunes de 10 à 19 ans transmettent la COVID-19 comme les adultes

Les chercheurs soutiennent que davantage de recherches sont nécessaires pour mieux guider les politiques publiques entourant un éventuel retour en classe.

Deux jeunes filles portent un masque jaune dans un manège au parc d'amusement Playland à Vancouver.

Les adolescents sont aussi susceptibles que leurs parents de transmettre la COVID-19, selon une étude. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Les jeunes de 10 à 19 ans transmettent la COVID-19 tout aussi efficacement que les adultes, confirme une vaste étude sud-coréenne publiée dans le journal du Centre de contrôle des maladies infectieuses des États-Unis.

Avec des données de traçage recueillies auprès de 65 000 personnes, il s’agit de la plus importante étude du genre à ce jour, note la professeur du Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal Caroline Quach Thanh.

L’étude réaffirme dans un premier temps ce qui semble être l'objet d'un consensus au sein des communautés scientifiques mondiales, soit que le risque de transmission du coronavirus chez les enfants en bas âge est faible.

Toutefois, les données colligées démontrent que ce taux de transmission augmente de façon considérable lorsque l’enfant a plus de 10 ans.

Une autre étude avait aussi démontré que les ados transmettent comme les adultes. Il commence donc à y avoir davantage de données penchant de ce côté-là, explique Mme Quach Thanh.

La question qui persiste est, évidemment, comment faire pour que la rentrée scolaire, et l’année, se passe le mieux possible?

Caroline Quach Thanh, professeur au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie, Université de Montréal
Les bottes d'une élève sous son bureau.

Le port du masque et la distanciation physique doivent être encouragés non seulement dans les lieux que fréquentent les adultes, mais aussi ceux que fréquentent les plus jeunes, croit l'épidémiologiste Tom Koch.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Selon l'épidémiologiste de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) Thom Koch, les résultats ne sont guère surprenants, mais renforcent l'idée selon laquelle les mesures d'hygiène et de distanciation sociale doivent s'appliquer aux lieux fréquentés par les jeunes, et non seulement ceux fréquentés par des adultes.

Nous aimons classer les gens par âge et vulnérabilité. Le virus, lui, est plus universel dans sa pensée, observe-t-il.

Près de 65 000 personnes retracées

Les chercheurs ont examiné le cas de 5706 personnes ayant signalé des symptômes de COVID-19 entre le 20 janvier et le 27 mars, date où les écoles ont fermé en Corée du Sud.

Ils ont ensuite retrouvé 59 073 personnes avec qui elles avaient été en contact, testant l'ensemble des personnes habitant dans leur foyer, qu’elles présentent des symptômes ou non.

Si environ 5 % des personnes testées vivant avec des enfants de moins de 10 ans ont été infectées par la COVID-19, ce taux grimpe à 18 % lorsqu’elles vivent avec des enfants de 10 à 19 ans.

Des questions entourant le retour en classe

De tels résultats démontrent la nécessité de mener des études approfondies pour mieux éclairer les politiques de santé publique alors que les écoles s’apprêtent à rouvrir, soutiennent les auteurs de l’étude.

La transmission potentielle chez les jeunes qui sont infectés par la COVID-19 n'est pas rassurante, admet le directeur du Centre des maladies infectieuses de Vancouver, Brian Conway. Les familles devront faire preuve de vigilance lors de la rentrée scolaire, souligne-t-il.

Il sera très important d'adhérer aux mesures de santé publique parce que, si les jeunes sont infectés, ils vont pouvoir transmettre [la Covid-19] dans leur foyer, à la maison.

Brian Conway, directeur du Centre des maladies infectieuses de Vancouver
Des ados écoutent de la musique.

Même s'ils sont moins vulnérables à la maladie, les enfants de plus de 10 ans qui retourneront à l'école seront susceptibles de transmettre la COVID-19 à la maison, note l'étude.

Photo : iStock / JackF

Alors que les provinces examinent différents scénarios possibles pour la rentrée scolaire, à l’automne, cette étude, comme bien d’autres, pourrait jouer un rôle dans sa planification, selon la présidente de l’Association des conseillers scolaires de la Colombie-Britannique, Stephanie Higgins, qui siège au comité du retour en classe créé par la province.

Les autorités sanitaires prennent toutes ces informations et les examinent pour déterminer si elles sont applicables ici, si nous avons ici les mêmes schémas, explique-t-elle.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Pire en réalité?

L’étude n’est pas sans limites, reconnaissent ses auteurs. La transmission pourrait être en réalité plus élevée que prévu, car les contacts qui étaient asymptomatiques en dehors du foyer n'ont pas été testés. De plus, certains membres de la famille pourraient avoir contracté la maladie à l'extérieur de la maison.

Malgré ces failles, la taille de l'échantillon est suffisamment grande pour établir le taux de transmission des enfants, assurent les chercheurs.

Notre enquête à grande échelle a montré que le modèle de transmission est semblable à ceux des autres virus respiratoires, ajoutent-ils.

Avec les informations de Jennifer Van Evra et Elody Croullebois

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