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MBAM : le C. A. s'explique sur le renvoi de Nathalie Bondil

Le Musée des beaux-arts de Montréal.

Le renvoi de Nathalie Bondil serait dû à son refus de suivre des recommandations sur le climat de travail.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Après plusieurs jours de controverse, le conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a détaillé lundi les raisons du renvoi de la directrice générale du musée, Nathalie Bondil.

Dans un communiqué de presse d’une dizaine de paragraphes, le C. A. a expliqué que Mme Bondil, qui était aussi conservatrice en chef du musée, aurait refusé de prendre en compte les recommandations d’une firme indépendante spécialisée en ressources humaines qui avait été chargée d’analyser son style de gestion.

Par son déni de plusieurs conclusions du rapport, son inflexibilité et son refus d'implanter adéquatement certaines de ses recommandations, Mme Bondil n'a guère laissé le choix au conseil d'administration malgré ses nombreuses tentatives d'en arriver à une solution, indique le communiqué.

« Intérêts supérieurs du Musée et de ses employés »

Le C. A. précise qu’il était conscient du tollé qu’une telle décision susciterait étant donné que le positionnement plus qu'enviable de l'institution sur l'échiquier mondial des grands musées est en grande partie lié à l'énorme talent de Mme Bondil. Les membres du conseil précisent toutefois qu’un tel geste était dans les intérêts supérieurs du Musée et de ses employés.

Le conseil d'administration précise que, par souci de confidentialité, il ne peut divulguer le rapport interne ayant mené à la fin du contrat de Mme Bondil.

Il mentionne en outre qu’il a tenté de s’entendre avec cette dernière pour qu’elle puisse conserver les responsabilités de la programmation et des expositions de manière à organiser une transition qui allait reconnaître sa contribution exceptionnelle au Musée.

Nathalie Bondil parle devant une peinture d'Andy Warhol.

Nathalie Bondil était directrice générale et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal depuis 2007.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En entrevue à Radio-Canada il y a une semaine, dans la foulée de son congédiement, Mme Bondil avait vigoureusement défendu son travail.

Moi, ce que je vois, c'est le fait qu'on ait questionné un processus de recrutement qui a agacé le président du C. A. [Michel de la Chenelière], avait-elle déclaré pour expliquer son congédiement.

Elle avait évoqué une nomination que le conseil d'administration voulait faire passer avec force, celle de Mary-Dailey Desmarais au poste de directrice de conservation.

La création de ce poste avait été suggérée dans le rapport du Cabinet RH afin de délester Mme Bondil de certaines tâches. Cette dernière affirme que si elle était d'accord avec cette stratégie de réorganisation, elle ne l'était toutefois pas avec le processus de recrutement en soi.

Il y a des règles de gouvernance qu'on peut questionner, dit-elle. Il y a beaucoup d'opacité, de difficulté aussi, à pouvoir discuter ou s'exprimer directement avec le C. A. en ce moment, et c'est ça qui a créé cette situation, avait-elle affirmé.

Avis divergents

Mme Bondil a reçu plusieurs soutiens, dont celui de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, de même que celui de l'ancienne ministre Monique Jérôme Forget, aujourd’hui présidente du C. A. du Musée McCord Stewart.

Cette dernière a pointé du doigt le président du conseil, Michel de la Chenelière. Le C. A. du MBAM a empiété sur les responsabilités de la direction générale, reniant ainsi tous les principes de bonne gouvernance, a-t-elle écrit dans une lettre ouverte dénonçant l’opacité du conseil d'administration.

À l’inverse, le financier et philanthrope Stephen A. Jarislowsky a souligné le fait que le leadership de M. de la Chenelière est venu rééquilibrer le rôle du C. A., lui permettant de jouer son rôle de gardien face à Mme Bondil. Faute de C. A. suffisamment fort, cette dernière aurait privilégié des expositions à forte renommée au détriment de la propre collection du Musée et de la mise en valeur de l’art québécois et canadien, selon lui.

Dans ce dossier, le syndicat du MBAM a souligné l’engagement du conseil d’administration d’assurer un climat de travail sain et harmonieux pour les employés et d’honorer l’expertise et le professionnalisme des équipes du Musée.

Une firme indépendante a été mandatée par le ministère de la Culture et des Communications pour examiner l'encadrement et la supervision de la conduite des affaires du Musée des beaux-arts de Montréal par l'équipe de direction et le conseil d'administration.

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