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Îlots de chaleur en milieu urbain : la palme va à l'Île de Hull

Un thermomètre devant un paysage urbain très ensoleillé.

Avez-vous déjà remarqué la différence de température entre l’Île de Hull et les autres quartiers de la ville de Gatineau?

Photo : iStock / Marc Bruxelle

Radio-Canada

Saviez-vous que température dans l’Île de Hull est toujours plus élevée de quelques degrés comparativement à celle enregistrée dans d’autres quartiers de Gatineau? En été, cette différence peut monter jusqu’à 8 °C et, lors des grandes chaleurs, elle atteint même les 12 °C. Il en est ainsi parce que le centre-ville gatinois est densément bâti, à environ 70 %, de béton et d’asphalte.

PRÉCISION – Les données citées dans cet article proviennent de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et ont été reprises par le Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais (CREDDO).

Ce phénomène se caractérise d'abord par des environnements très minéralisés et très urbanisés qui captent la chaleur des rayons du soleil, la conservent, puis ne la reflètent pas. Cela a pour effet d’augmenter la température ressentie dans ces milieux, que forment alors des îlots de chaleur urbains, explique Laurence Coulombe, la coordonnatrice de projets en adaptation aux changements climatiques au Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais ().

Dans de nombreux cas, poursuit-elle, ces endroits-là n’ont pas [ou très peu] d’infrastructures naturelles, comme des parcs ou des arbres, qui permettent de rafraîchir l’air et de créer des espaces ombragés.

Surface de l'Île de Hull :

  • 21 % d'arbres
  • 44 % d’asphalte
  • 11 % de gazon
  • 24 % de bâtiments

Source : CREDDO

L’apparition et la multiplication des îlots de chaleur urbains sont la conséquence de plusieurs actions menées par l’être humain, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). L’usage de véhicules à essence, l’intensification des activités industrielles et l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) attribuable, en autres, à l’utilisation de combustibles fossiles pour le chauffage des immeubles, en sont tous responsables en partie.

Une vue aérienne d'un grand stationnement avec plusieurs voitures.

La construction d’immenses stationnements et la perte progressive du couvert forestier contribuent à la création d'îlots de chaleur (archives).

Photo : iStock / kokouu

Dans le secteur de l’Île de Hull, le CREDDO attribue aussi ce phénomène à la propriété de certains matériaux utilisés dans la construction des immeubles, à l'imperméabilité de certaines surfaces et à la perte progressive du couvert forestier.

Dans l’Île de Hull, tous les axes commerciaux sont des îlots de chaleur parce qu’il y a de grandes surfaces [asphaltées], il y a d’immenses stationnements et peu d’arbres à proximité, indique Mme Coulombe.

C’est un phénomène qu’on retrouve partout.

Laurence Coulombe, coordonnatrice, CREDDO

Si on monte dans le nord, dans le coin de Maniwaki, où retrouve ce même genre d’infrastructures, il y a des îlots de chaleur là aussi, ajoute-t-elle.

Carte des îlots de chaleur de la région de Gatineau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carte des îlots de chaleur de la région de Gatineau.

Photo : Sécurité publique Québec

Impact sur la santé

Les conséquences des îlots de chaleur urbains sur la santé humaine sont indéniables, indique Laurence Coulombe.

L'augmentation de la température localisée que sont les îlots de chaleur urbains affecte la santé de tout le monde, mais très certainement des personnes âgées, des jeunes enfants et des personnes qui souffrent de problèmes respiratoires ou cardiaques, explique la coordonnatrice du CREDDO.

Même les sportifs peuvent être affectés par la chaleur.

Laurence Coulombe, coordonnatrice, CREDDO

Le milieu de la santé se pose la question : est-ce qu’il y a une corrélation entre les morts qui surviennent en période de canicule et la chaleur? Ce qui en ressort c’est que [la réponse est ] oui, mais la chaleur ne serait pas la cause principale de la mort, elle contribuerait à une condition existante, précise-t-elle.

Les conséquences des îlots de chaleur urbains sur la santé humaine :

  • Ils sont responsables d’une hausse de la mortalité lors de périodes de vagues de chaleur;
  • La chaleur accablante engendrée par les îlots de chaleur urbains peut créer un stress thermique chez les personnes qui y résident ou qui y travaillent;
  • La chaleur peut provoquer des inconforts, des faiblesses, des troubles de la conscience, des crampes, des syncopes, des coups de chaleur et exacerber certaines conditions au point de causer la mort.


Source : INSPQ

Quelles solutions?

Pour se protéger des effets des îlots de chaleur, l’INSPQ encourage à court terme l’utilisation de climatiseurs. La climatisation traditionnelle est salutaire pour les personnes à haut risque de troubles de la santé liés à la chaleur, comme les personnes âgées alitées et en perte d’autonomie, souligne-t-on.

Il y a toutefois des effets pervers à la climatisation, rappelle l’agence de santé publique. Non seulement ce n’est pas une solution accessible à tout le monde, mais sur le plan environnemental, ce n’est pas l’idéal puisque ces appareils recrachent à l’extérieur de l’air chaud et contribuent encore plus à augmenter la chaleur urbaine.

Une jeune plante qui pousse au travers d'une surface asphaltée dans une ville.

Le CREDDO veut doter le centre-ville de Gatineau d’un plus grand nombre d’arbres (archives).

Photo : iStock / Vizerskaya

C’est la raison pour laquelle le CREDDO privilégie la plantation d’arbres qui, selon l’organisme, est la solution la moins coûteuse, la plus durable et la plus structurante pour lutter contre les îlots de chaleur. En 2019, le CREDDO a justement présenté un rapport démontrant les nombreux avantages liés au verdissement du secteur de l'Île de Hull.

Les arbres offrent la meilleure performance au mètre carré en procurant de l’ombre et un filtre UV comme remède à l’îlot de chaleur.

Rapport du CREDDO

Les arbres filtrent également la poussière, ils captent le CO2, ils fournissent un abri à la faune et aux insectes, ils facilitent la pénétration de l’eau dans le sol, ils réduisent les coûts énergétiques des bâtiments et ils améliorent la qualité de vie des quartiers tout en favorisant le bien être physique et mental, peut-on y lire. Les bénéfices sont si nombreux qu’ils sont pratiquement incalculables!

Pour en savoir plus, suivez les chroniques du reporter météo Alain Jean-Mary (Nouvelle fenêtre) toutes les semaines à l’émission Tout inclus.

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