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Les pêcheurs de homards de la Gaspésie évitent le pire

Des homards dans une caisse.

Le homard de la Gaspésie est facilement repérable en raison de son élastique bleu sur les pinces et de son étiquette qui permet de savoir où le homard a été pêché et par qui.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Les pêcheurs de homards gaspésiens s'estiment chanceux d'avoir eu une saison de pêche et d'avoir trouvé des débouchés pour leurs produits.

La saison 2020, qui a commencé avec deux semaines de retard et pris fin le 16 juillet, restera dans les annales des pêcheurs de homards de la Gaspésie, mais pas pour les bonnes raisons.

Les volumes sont en diminution de 15 % à 20 % par rapport à l'année passée, durant laquelle environ 5,4 millions de livres de homards avaient été pêché. De plus, le prix moyen qu'ils en retirent est très proche de leur coût de revient.

Mais le pire a été évité, selon O'Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels de homards du sud de la Gaspésie.

D'avoir pu pêcher un produit de luxe malgré la tourmente des marchés causée par le COVID, et de le faire accepter, le faire vendre sur des marchés intérieurs ou américains, alors ça, c'est une grande réussite, explique-t-il.

« C'est la surprise de l'année. »

— Une citation de  O'Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels de homards du sud de la Gaspésie

Des prix qui souffrent

Pêcher du homard en 2020 ne rend pas riche. O’Neil Cloutier s’attend à un prix moyen entre de 5,10 $ et 5,15 $ la livre de homard, avec un prix de revient aux alentours de 5 $ la livre. Le seuil de rentabilité est donc difficilement atteint, avec une marge de profit de moins de 1 %, alors que l’année dernière, les pêcheurs faisaient environ 1,70 $ de profit par livre de homard.

À mi-saison, les volumes de homards pêchés ressemblaient à ceux de 2019, mais les conditions météorologiques ont perturbé la seconde partie de la saison, ce qui fait croire à une diminution des volumes en 2020.

Les pêcheurs et l’industrie de la transformation ont toutefois pris le temps de se rencontrer et de discuter des enjeux auxquels chacun fait face.

« Les problèmes rapprochent les parties. »

— Une citation de  O'Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels de homards du sud de la Gaspésie
Le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O'Neil Cloutier.

Le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O'Neil Cloutier.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Ces rencontres se font très rares en temps normal, mais la collaboration est fructueuse. Ce sont [les transformateurs] qui nous ont recommandé de repousser le début de notre saison le plus tard possible afin de pouvoir voir venir les choses, raconte O'Neil Cloutier.

Et les débouchés?

Le homard étant considéré comme un produit de luxe, qui se vend notamment en restaurant, les craintes de ne pas pouvoir trouver de débouché étaient fortes chez les pêcheurs.

Le fait que les restaurants soient fermés à la date où on a commencé la saison nous a amené beaucoup d’appréhension par rapport à notre capacité d'effectuer une saison de pêche normale, explique O’Neil Cloutier.

Mais les pêcheurs gaspésiens ont bénéficié d’un petit coup de pouce de la part du Panier bleu. Comme leurs homards sont les seuls à présenter une étiquette qui indique leur provenance, il y a eu au Québec un véritable engouement pour le homard de la Gaspésie.

Les consommateurs se sont rués littéralement sur les homards identifiés de la Gaspésie, raconte-t-il. Sur nos marchés intérieurs, ça a fait une très grande différence dans la capacité d'écoulement des stocks.

Un phénomène qui est là pour durer, croit O’Neil Cloutier.

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