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L'armée canadienne lance de nouveaux ordres pour réprimer les comportements haineux

Des militaires portant l'uniforme des Forces armées canadiennes paradant à proximité d'un drapeau du Canada

Le haut commandement de l'armée veut agir après des critiques à propos de son « laxisme » vis-à-vis des comportements haineux de ses soldats.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

La Presse canadienne

Les Forces armées canadiennes ont donné de nouveaux ordres au personnel militaire, au moment où le haut commandement se fait reprocher de s'être montré laxiste envers les comportements haineux dans les rangs.

Les nouvelles directives visent à démontrer que l'armée adopte une position plus ferme contre les `comportements haineux' suite à une série d'incidents très médiatisés impliquant des militaires.

Auparavant, notre approche était plutôt de type réactionnel, reconnaît le major-général Marc Gagné, chef des programmes stratégiques du personnel militaire. Nous réagissions au cas par cas.

L'armée tente activement de recruter davantage de femmes, de membres des minorités visibles et d'Autochtones afin de présenter un portrait plus fidèle de la société canadienne et d'être en mesure de mieux intervenir dans diverses circonstances.

Les nouveaux ordres visent à ne laisser aucun doute sur ce qui constitue une conduite haineuse. Ainsi, tout élément – mots, images ou symboles – qui encourage, justifie ou encourage la violence ou la haine contre des individus ou des groupes sont interdits.

Cela vise aussi les comportements discriminatoires fondés sur la nationalité, l'origine ethnique, la race, la couleur, la religion, l'âge, le sexe, l'orientation sexuelle, l'état matrimonial ou le handicap.

Nous parlions de différentes formes d'inconduite : inconduite sexuelle, harcèlement, discrimination, souligne le général Gagné. Mais la conduite haineuse n'a jamais été clairement articulée. Nous avons innové en élargissant cette définition.

Les militaires sont tenus de signaler tous les comportements haineux. Quant aux officiers, ils doivent prendre des mesures lorsque de tels faits sont portés à leur attention. Tous ont été avertis qu'ils seront tenus responsables s'ils ne le font pas.

Changements à venir

Une base de données a également été créée sur le modèle du système mis en place pour répertorier les inconduites sexuelles dans les rangs de l'armée. Une nouvelle formation pour les troupes est en cours d'élaboration. La vérification des antécédents des recrues sera aussi améliorée.

Selon le général Gagné, le but premier est de prévenir les recrues que les comportements haineux sont inadmissibles dans les Forces armées canadiennes. C'est limpide. Nous allons continuer de renforcer cette politique grâce à l'éducation et à la formation au fur et à mesure que l'on gravit les échelons et qu'on assume plus de responsabilités, dit-il.

Le président du Réseau canadien anti-haine, Bernie Farber, se réjouit des nouveaux ordres, qu'il juge comme une étape importante et attendue depuis longtemps, mais il prévient que seul le temps dira si l'armée va vraiment parvenir à réprimer la haine dans ses rangs.

Ce ne sont que des mots pour l'instant, commente-t-il. Ce sont de bons mots, mais trop souvent dans le passé, quand l'armée a enquêté, cela n'a vraiment abouti – à notre connaissance – qu'à une tape sur le poignet. Les Forces armées canadiennes doivent prendre des mesures significatives.

Plusieurs controverses

La nouvelle stratégie survient dans la foulée d'une série de controverses au cours des dernières années. Par exemple, des marins associés au groupe ultraconservateur Proud Boys ont perturbé une cérémonie micmaque à Halifax en 2017. Un réserviste de l'armée a été accusé d'être un recruteur d'un groupe néonazi au Manitoba.

Les officiers supérieurs ont aussi été critiqués après la publication d'un rapport du renseignement militaire, en 2018, identifiant 30 membres des Forces appartenant à des groupes haineux ou ayant déjà fait des déclarations discriminatoires ou racistes.

Les forces armées ont finalement signalé en novembre que 16 de ces membres avaient été avertis, sanctionnés ou condamnés à suivre une thérapie tout en étant autorisés à garder l'uniforme. Un certain nombre d'autres cas ont été décrits comme étant en cours d'examen.

Le chef d'état-major de la défense, le général Jonathan Vance, et la sous-ministre du Département de la défense, Jody Thomas, ont présenté le mois dernier des excuses pour la lenteur à répondre aux questions sur le racisme systémique.

Des directives plus détaillées sur le racisme systémique seront bientôt lancées.

Le général Gagné mentionne qu'il s'agit d'une première étape visant à changer à long terme les attitudes au sein des forces armées et s'assurer que les militaires donnent l'exemple en matière de respect des droits de la personne.

Pour changer la culture, pour changer la dynamique d'un groupe, pour changer ou modifier les perceptions et les croyances, il faut du temps, souligne-t-il. On se doit d'agit. On peut penser que ces cas ne sont que des exceptions, mais ce sont ces exceptions qui sapent une institution.

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