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Violences sexuelles : des centaines de manifestants réclament une réforme judiciaire

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Vue de haut d'une foule de manifestants marchant dans une rue de Montréal, avec en premier plan, un bras levé vers le ciel.

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau.

Photo : Radio-Canada / Catherine Legault

La vague de dénonciations qui déferle sur les réseaux sociaux depuis deux semaines contre les violences sexuelles s’est transposée dans les rues de Montréal, dimanche.

Des centaines de personnes, en grande majorité des femmes, se sont rassemblées dès midi au parc La Fontaine, avant de se diriger vers le palais de justice pour dénoncer le harcèlement et les agressions sexuelles.

Les manifestants, qui sont majoritairement masqués – les organisateurs ayant recommandé le port du couvre-visage –, ont notamment appelé à réformer le système de justice qui, selon eux, n’est pas adapté à ce type de dénonciations.

La police était par ailleurs sur place pour encadrer la marche, puisque des organisatrices ont affirmé avoir reçu des menaces en ligne.

Deux manifestantes masquées avec leurs pancartes.

Les manifestants étaient regroupés par centaines au parc La Fontaine avant de se diriger vers le palais de justice.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Tout le monde a un rôle à jouer pour contrer la culture du viol, indique le comité organisateur dans un communiqué de presse diffusé samedi.

Par cette manifestation, nous souhaitons conscientiser la population sur le problème systémique de la culture du viol, et des violences sexuelles sous toutes ses formes, incluant les agressions sexuelles, le harcèlement, la coercition, la cyberviolence et l’exploitation sexuelle, ajoute-t-on.

Il n’y a personne qui nous écoute, c’est notre dernier recours en ce moment, affirme Sabrina Comeau, l’une des premières personnes à avoir dénoncé les violences sexuelles au Québec sur Instagram.

En dépit [des dénonciations], nous avons reçu des menaces, c’est vraiment sérieux, il ne faut pas les prendre à la légère, dit-elle. C’est une atteinte contre notre liberté d’expression. Nous voulons seulement que ces [violences] arrêtent pour que le monde soit plus sécuritaire pour les femmes.

Sabrina Comeau en entrevue dans le parc La Fontaine.

Sabrina Comeau est l'une des premières femmes à avoir lancé la vague de dénonciations des agressions sexuelles sur Instagram.

Photo : Radio-Canada

Ruba Ghazal, députée de Québec solidaire, était également sur place pour appuyer les survivantes des agressions sexuelles. Selon elle, il est clair que le système de justice actuel ne répond pas à leurs besoins, d’où la vague de dénonciations.

Elle rappelle qu’un comité regroupant toutes les formations politiques, incluant des experts, a été créé l’an dernier. Des recommandations sont attendues en automne pour voir de quelle façon nous pouvons réformer le système de justice.

« On te croit », peut-on lire sur une pancarte déposée par terre, au parc La Fontaine.

Le même message était visible sur la plupart des pancartes: «On te croit».

Photo : Radio-Canada / Yessica Chavez

Plusieurs représentants d’organismes communautaires féministes, mais aussi antiracistes et autochtones, ainsi que des femmes se disant victimes d’agressions sexuelles, ont pris la parole, avant d’entamer la marche vers le palais de justice.

On vous croit, a lancé Marlihan Lopez, la vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec. Je souhaite que cette vague nous amène la guérison […] Mais où sont donc les ressources spécialisées en violences sexuelles?, demande-t-elle, appelant la foule à briser le silence au-delà des mots-clics en formant une alliance plurielle et intersectionnelle.

Une femme parlant au micro devant des manifestants.

Plusieurs personnes, dont des femmes se disant victimes de violences sexuelles, ont pris la parole au parc La Fontaine, ainsi que devant le palais de justice.

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

Les discours ont été brièvement entrecoupés vers 14 h, lorsqu’une voiture munie d’une bannière pro-Donald Trump est passée devant le parc La Fontaine, ce qui a poussé la police à intervenir pour empêcher tout accrochage.

Par ailleurs, à Québec, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant l’Assemblée nationale pour dénoncer aussi les violences sexuelles, à l’appel du Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale.

Les agressions ne diminuent pas, c’est le seul crime au Canada qu’on n’arrive pas à faire baisser. […] C’est important de montrer tout notre appui aux victimes, dit Julie Tremblay, la directrice du Regroupement.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

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