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Les excuses prennent trop de place, déplorent des victimes d'agression sexuelle

Des femmes se rassemblent à Québec et ailleurs dans la province pour appuyer celles qui ont dénoncé leur agresseur.

Des femmes se rassemblent à Québec et ailleurs dans la province pour appuyer celles qui ont dénoncé leur agresseur.

Photo : Radio-Canada / Alexane Drolet

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les excuses des personnes citées dans la récente vague de dénonciations d'inconduites sexuelles que connaît le Québec ont rapidement pris la place de celles qui dénoncent, déplorent des groupes de femmes. Elles se sont rassemblées dimanche à Québec et ailleurs dans la province pour reprendre cet espace.

La province est secouée depuis déjà quelques semaines par une série de dénonciations sur les réseaux sociaux, en particulier sur l'application Instagram. Les allégations, souvent anonymes, vont du harcèlement jusqu'au viol.

Il s'agit d'une nouvelle vague après celle du mouvement planétaire #MoiAussi, en 2017.

Au Québec, de nombreuses personnalités publiques ont jusqu'ici été visées par des dénonciations. Plusieurs d'entre elles se sont excusées, ont annoncé prendre une pause ou ont été larguées par leurs agences.

Tout ce bruit a étouffé la voix des présumées victimes, selon le Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale. Ces groupes ont donc décidé d'organiser un rassemblement devant l'Assemblée nationale, ce dimanche, pour redonner toute la place à celles qui dénoncent.

Il y avait dans les groupes de discussion, surtout en début de semaine, une frustration par rapport au double standard. Rapidement, on a trouvé que les excuses [...] ont pris beaucoup de place, plus de place que les victimes, explique Judy Coulombe, agente de développement au Regroupement.

Mme Coulombe constate que celles qui se disent victimes se parlent actuellement sur les réseaux sociaux, à travers le mouvement de dénonciations. Mais difficile de savoir si le reste de la population a conscience du vent qui souffle.

« Elles sont écoutées par leurs sœurs, mais est-ce que la société entend vraiment? »

— Une citation de  Judy Coulombe, agente de développement, Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale

Elle n'est d'ailleurs pas très optimiste quant au fait que les mentalités ont vraiment évolué ces trois dernières années. Quelles leçons a-t-on tiré de #MoiAussi? On trouve que les choses ne bougent pas vite.

À travers cette vague de dénonciations, c'est la confiance envers le système de justice et envers les décideurs politiques qui a notamment été remise en question.

L'État, à travers le Directeur des poursuites criminelles et pénales ainsi que le ministre de la Justice, a voulu se faire rassurant ces derniers jours.

Une femme tient une pancarte, où il est écrit « believe survivors », c'est-à-dire « croyez les survivantes »

Des manifestations de victimes d'agressions sexuelles ont eu lieu un peu partout sur la planète depuis 2017.

Photo : Radio-Canada

Réservé aux femmes et aux minorités

Le rassemblement, qui a réuni une quarantaine de personnes à Québec, ce midi, sur la colline Parlementaire, était réservé uniquement aux femmes, aux personnes trans, queer et non binaires. Les hommes étaient priés de ne pas y participer. Il y aura d'autres occasions, a affirmé Judy Coulombe aux hommes qui auraient aimé démontrer leur soutien.

La décision de ne pas les inviter a été délicate, admet le Regroupement des groupes de femmes. Mais sachant que ça pouvait miner la participation de certaines victimes, on a décidé de favoriser leur participation à elles. Le Regroupement rappelle que la majorité des agressions sexuelles sont perpétrées par des hommes à l'endroit des femmes.

D'autant plus que certains noms ayant circulé proviennent du milieu militant et communautaire, dit-on. On a des hommes qu'on pensait peut-être des alliés, qui travaillent dans le communautaire, qui évoluent dans la gauche, des personnes connues pour être progressistes. La déception est quand même très forte, a lancé Mme Coulombe.

Un rassemblement similaire a eu lieu à Montréal et a réuni des centaines de personnes.

Besoin d'aide?

Vous pouvez contacter le CAVAC au 1-866-532-2822

À Québec, Viol-Secours au 418-522-2120

Dans la région de Montréal, le regroupement des CALACS au 514-529-5252 et au 1-877-717-5252 à l'extérieur de la métropole.

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