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La juge à la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg est décédée

Ruth Bader Ginsburg en toge.

La juge à la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg photographiée en 2009.

Photo : Reuters / Jim Young

Radio-Canada

L'égérie démocrate à la Cour suprême des États-Unis s'est éteinte vendredi à l'âge de 87 ans, après plusieurs combats contre le cancer.

Ruth Bader Ginsburg avait été nommée par Bill Clinton juge à la Cour suprême des États-Unis en 1993. Elle a été la deuxième femme à être nommée à cette instance, où elle a siégé durant plus de 27 ans.

Malgré des séances bihebdomadaires de chimiothérapie pour traiter son cancer, la magistrate de 87 ans se déclarait capable de maintenir son activité quotidienne.

J'ai souvent dit que je resterais membre de la Cour aussi longtemps que je pourrais faire le travail à plein régime, avait-elle déclaré dans un communiqué suivant la mauvaise nouvelle. Je reste pleinement en mesure de le faire, avait-elle certifié le 17 juillet dans un communiqué de presse.

Bill Clinton et Ruth Bader Ginsburg marchent côte à côte devant des drapeaux américains.

Le président américain Bill Clinton et la juge Ruth Bader Ginsburg, juste avant l'annonce de la nomination de la juge Ginsburg à la Cour suprême des États-Unis, le 14 juin 1993, à la Maison-Blanche.

Photo : afp via getty images / DAVID AKE

Elle était reconnue pour ses combats pour la cause des femmes, les minorités et l’environnement, elle qui était capable parfois de rallier deux des juges conservateurs les plus modérés.

Ce fut le cas récemment quand la Cour suprême a infligé des revers au président Donald Trump en matière de droits des salariés homosexuels et transgenres ou en invalidant sa décision d’annuler les protections accordées à près de 700 000 jeunes migrants.

Multiples combats contre le cancer

Ces dernières années, Notorious RBG, comme la surnommaient affectueusement ses partisans, avait subi une opération pour retirer des nodules cancéreux au poumon et avait reçu un traitement à base de radiations pour un cancer au pancréas. Elle avait également combattu quatre cancers durant les années 1990.

Ses hospitalisations récentes n’étaient pas dues au retour du cancer, mais visaient à éliminer des calculs biliaires et à traiter une infection.

Mme Bader Ginsburg était l’une des quatre juges progressistes sur les neuf que compte la Cour suprême américaine. Ses partisans craignent que son départ ne fasse pencher pour longtemps le droit américain vers le camp conservateur.

Sous l’administration de Barack Obama, des démocrates l’avait enjointe à démissionner, mais elle avait déclaré en 2013 ne pas en voir l’utilité étant donné que les démocrates s’en sort[ai]ent bien aux élections présidentielles.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Trump a déjà nommé deux juges favorables au port d’armes et opposés à l’avortement.

Une juriste d’une importance historique

Plusieurs dizaines de personnes devant la Cour suprême à Washington.

Plusieurs dizaines de personnes se rassemblent devant la Cour suprême de à Washington après l'annonce du décès de la doyenne de l'institution.

Photo : Reuters / ALEXANDER DRAGO

Donald Trump a rendu hommage à la doyenne de la Cour Suprême, qu'il a qualifiée de colosse du Droit.

Le président républicain a salué dans un communiqué un esprit brillant dont les décisions, notamment sur les droits des femmes, ont enthousiasmé tous les Américains.

Combattante jusqu'au bout, cette magistrate progressiste a prouvé qu'on peut être en désaccord sans être désagréable, a-t-il ajouté.

Plus tôt en soirée, il avait brièvement commenté sa mort en disant qu’elle avait mené une vie incroyable. Que dire de plus? C’était une femme incroyable.

L'ancien président des États-Unis Barack Obama a publié un vibrant hommage sur son site web, soulignant les répercussions tangibles sur la société du combat qu'a mené la juge pour l'égalité des sexes. Également politique, sa déclaration lui a offert une tribune de choix à l'approche des élections présidentielles.

Un principe de base du droit – et de l'équité au quotidien – est que nous appliquons les règles avec cohérence, et non en fonction de ce qui est pratique ou avantageux sur le moment, a-t-il souligné, et surligné dans l'ensemble du texte.

Dans un communiqué publié vendredi, le juge en chef de la Cour suprême des États-Unis, John G. Roberts, a déclaré que les États-Unis avaient perdu une juriste d’importance historique et respectée de ses collègues.

Nous sommes en deuil, mais nous avons bon espoir que les générations futures se souviendront de Ruth Bader Ginsburg comme nous l’avons connue — une défenseuse infatigable et inébranlable de la justice, a-t-il dit.

Une image de la juge Ruth Bader Ginsburg projetée sur la façade de la Cour suprême de l'État de New York à Manhattan, avec la mention « Thank you ».

Une image de la juge Ruth Bader Ginsburg projetée sur la façade de la Cour suprême de l'État de New York à Manhattan, avec la mention « Merci ».

Photo : Reuters / ANDREW KELLY

L’ancien président George W. Bush a également réagi à son décès en soulignant qu’elle aimait son pays et la loi. Elle a consacré un nombre appréciable de ses 87 années à la poursuite de la justice et de l’égalité, et elle a inspiré plus d’une génération de femmes et de filles, avance-t-il dans une déclaration écrite.

L'ex-président démocrate Jimmy Carter a suivi, qualifiant Ruth Bader Ginsburg comme une ardente défenseuse de l’égalité des genres lors de sa longue et remarquable carrière.

L’ancienne candidate démocrate à la présidence américaine Hillary Clinton a pour sa part évoqué le fait que la juge a pavé la voie pour de nombreuses femmes, notamment pour elle : Il n’y aura jamais personne comme elle. Merci RBG.

Son époux et ancien président Bill Clinton a insufflé une tournure électorale à son hommage à la juge, indiquant sur Twitter que ses puissantes dissidences nous ont rappelé que nous nous écartons de la promesse de notre Constitution à nos risques et périls.

Toujours sur Twitter, la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a souligné le patriotisme de la femme de loi. Toutes les femmes et toutes les filles et donc toutes les familles des États-Unis ont bénéficié de son génie, a-t-elle exprimé.

Un siège laissé vacant

ABC News soutient que des sources proches du président américain Donald Trump avancent que ce dernier entend présenter une liste de candidats potentiels dans les prochains jours pour succéder à la magistrate.

La juge Ruth Bader Ginsburg.

La juge à la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg photographiée lors d'un discours prononcé à la University of Buffalo School of Law, le 26 août 2019.

Photo : Reuters / LINDSAY DEDARIO

Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a déclaré être prêt à organiser un vote si le président nomme un successeur à la juge.

Nous avons promis de travailler avec le président Trump et de soutenir son programme, notamment ses choix remarquables pour les postes de juges fédéraux, a déclaré M. McConnell dans un communiqué. Une nouvelle fois, nous tiendrons notre promesse. Le candidat du président Trump aura droit à un vote dans l'enceinte du Sénat des États-Unis.

Pourtant, en 2016, après la mort du juge conservateur Antonin Scalia, M. McConnell avait refusé d'auditionner le juge choisi par Barack Obama pour le remplacer, arguant que les États-Unis étaient dans une année électorale.

Le candidat démocrate Joe Biden soutient pour sa part que le prochain juge à la Cour suprême devra être désigné par le président élu lors du scrutin du 3 novembre.

Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat, a-t-il dit dans une déclaration à la presse.

Cette opinion est partagée par le leader de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer. Le peuple américain doit avoir son mot à dire dans la sélection du prochain juge de la Cour suprême. Son poste ne doit pas être attribué tant que nous n'avons pas un nouveau président, a-t-il écrit sur Twitter.

Joint par l'Associated Press, le président de la commission judiciaire du Sénat, le républicain Lindsey Graham, a refusé de révéler quelque plan que ce soit, mais a précisé qu’une déclaration était en préparation.

Selon la radio américaine NPR, Ruth Bader Ginsburg a confié, dans ses dernières volontés à sa petite-fille, espérer ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment.

Le premier ministre Justin Trudeau a témoigné sur Twitter de l'importance de la magistrate. « Une fervente défenseuse des droits des femmes, de l’égalité et de la justice, l’impact de Ruth Bader Ginsburg se fera sentir pendant des générations. »

Avec les informations de New York Times, Agence France-Presse, et Associated Press

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