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Foyers de soins : le manque de main-d’oeuvre n’est pas un problème nouveau

Des personnes âgées sur un canapé dans un foyer de soin.

Le manque de personnel a des conséquences directes sur les soins offerts aux patients : certains restent au lit toute la journée, d’autres doivent attendre deux semaines pour un bain, selon la source anonyme.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Lisa Revil

Des professionnels du milieu des foyers de soins ne sont pas surpris par les révélations d'une source anonyme qui font état d'un manque de soins aux patients et d'une pénurie de main-d’oeuvre aux Résidences Mgr Chiasson à Shippagan. Selon eux, ce serait un problème généralisé et qui perdure dans les foyers de la province.

Samedi, une source anonyme décrivait la situation catastrophique dans les Résidences Mgr Chiasson à Shippagan.

Jean-Luc Bélanger, le directeur général par intérim de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick et Roland Cormier, vice-président du Conseil des syndicats des foyers de soins, sont loin d’être surpris.

Ce n’est pas la dernière, ni la première fois qu’on entend parler de cette situation-là. C’est une situation qui perdure depuis un certain nombre d’années, explique Jean-Luc Bélanger.

 Jean-Luc Bélanger

Selon Jean-Luc Bélanger, son organisme avait déjà observé les mêmes problèmes en 2016 et avait fait un rapport et une série de recommandations au gouvernement provincial.

Photo : Radio-Canada / Margaud Castadère

Pour lui, s’il existe une omerta sur les problèmes dans les foyers de soins, cela fait un moment que les professionnels du milieu sont au courant. Il invite les familles des aînés à reporter plus souvent leurs plaintes.

Les situations de tout ce qui se passe, ce n’est pas juste à Shippagan. Ça se passe ailleurs. Les gens en parlent moins.

Jean-Luc Bélanger, directeur général par intérim de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick

Roland Cormier fait le même constat. Il est content qu’un employé, même anonymement, tire la sonnette d’alarme.

Cela fait des années qu'on voit la frustration d'un système, et puis il y en a un ou une qui a osé sortir faire un cri du cœur. Je ne suis pas surpris, lance-t-il.

Au cœur du problème : le manque de main-d’oeuvre

Le manque de personnel a des conséquences directes sur les soins offerts aux patients : certains restent au lit toute la journée, car il n’y a personne pour les aider à se lever, d’autres doivent attendre deux semaines pour un bain, selon la source anonyme.

Ces dernières années, le nombre d’aînés dans les foyers de soins n’a fait qu'augmenter, mais les embauches n’ont pas suivi, ce qui a aggravé le déséquilibre. Et la pandémie de COVID-19 est venue ajouter une charge de travail avec les règles d’hygiènes et de distanciation physique.

L'employé anonyme raconte qu'avant la pandémie, les familles des aînés venaient amener une aide supplémentaire, par exemple en venant dîner ou passer la journée avec eux.

La diminution de ce temps familial a mis en lumière le manque de personnel criant dans les foyers de soins de la province.

Roland Cormier ( Archives ).

Roland Cormier, vice-président du Conseil des syndicats des foyers de soins du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

On n'a pas augmenté le personnel depuis 2006, puis le niveau de demande de soins depuis 2006 a augmenté de 200 %, indique Roland Cormier.

Comme la population du Nouveau-Brunswick est vieillissante, cela pourrait s’aggraver.

Avec le vieillissement de la population, c’est certain que cela devient plus urgent. C’est plus significatif, car il y a une augmentation de personnes aînées, ajoute Jean-Luc Bélanger.

Réaction de la directrice de la résidence de Shippagan

À la suite de l'article paru sur le site de Radio-Canada Acadie, la directrice des Résidences Mgr Chiasson, Anne-Marie Richardson Chiasson, a fait parvenir un communiqué où elle confirme que la situation médicale et physique des résidents a beaucoup diminué dans les dernières années.

Dans les raisons explicatives, au-delà du manque de main-d’oeuvre, elle souligne le problème d’épuisement de ses employés qui engendre des arrêts de travail répétés.

La solution doit venir du gouvernement. On a besoin d’une augmentation d’heures soins, afin de pouvoir réduire la charge de travail des employés et par le fait même diminuer l’épuisement, rapporte la directrice.

Un manque d’action gouvernementale

Selon Jean-Luc Bélanger, son organisme avait déjà observé les mêmes problèmes en 2016 et avait fait un rapport et une série de recommandations au gouvernement provincial en 2017.

Le gouvernement ne nous écoute pas [...] Il y a avait 77 recommandations. On avait dit qu’on devait mettre beaucoup d’investissement, de ressources humaines, valoriser le travail, faire en sorte que les conditions de travail soient différentes et les salaires aussi.

Jean-Luc Bélanger, directeur général par intérim de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick

Le directeur recommande une nouvelle enquête sur la situation dans les foyers de soins afin de mieux comprendre ce qui s’est passé pendant la pandémie et trouver des solutions pour améliorer la qualité des vies des aînés qui vivent en foyer de soins.

Roland Cormier aimerait que la question des foyers de soins fasse partie des enjeux de la prochaine élection provinciale. Ce serait une manière, selon lui, de faire avancer ce dossier.

C'est aux Néo-Brunswickois à dire aux politiciens, que probablement, ils vont en élections cet automne, si qu’ils osent cogner sur les portes, dire qu’est-ce que vous allez faire dans les foyers de soins, préconise-t-il.

Avec les informations de Rose St-Pierre et Margaud Castadère

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