•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Initiative « Je contribue – COVID-19 » : l'implication des volontaires se poursuit

Plus de la moitié des personnes embauchées pour répondre à la pandémie sont toujours employées du réseau de la santé.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Le reportage d’Anne-Louise Despatie.

Photo : iStock / Photographerlondon

Malgré ses débuts difficiles, la plate-forme Je Contribue a permis aux établissements de trouver du personnel temporaire pour continuer à soigner les patients pendant la crise. Les 30 000 candidatures reçues de la mi-mars à la mi-mai ont permis aux différents CISSS et CIUSSS d'embaucher temporairement 20 000 personnes, dont 12 000 sont encore en service. Rencontre avec trois personnes ayant répondu à l'appel lancé par Francois Legault.

Mme Angelozzi répond aux questions d'une journaliste.

Après avoir étudié en sciences politiques et travaillé pendant 10 ans en tant que spécialiste des matériaux de construction, Cynthia Angelozzi retournera finalement au cégep en soins infirmiers.

Photo : Radio-Canada

Cynthia Angelozzi n'avait jamais songé à travailler dans un hôpital et encore moins à côtoyer le coronavirus qui allait provoquer une pandémie.

J'étais comme tout le monde, coincée chez moi et je me sentais impuissante. Je me suis inscrite à la plate-forme Je contribue, mais je trouvais ça long et j'ai même appelé les CIUSSS. [...] Il a fallu quelques semaines pour que ça morde à l'hameçon. Alors j'ai demandé où sont vos besoins les plus criants? Ils m'ont dit de nuit, de soir, en zone rouge... J'ai coché "oui" partout.

Cynthia Angelozzi a suivi une formation d'un jour, notamment pour bien utiliser l'équipement de protection requis auprès des patients infectés et, depuis la mi-mai, elle travaille comme aide de service à l’Hôpital du Sacré-Cœur (CIUSSS du Nord-de-l'île-de-Montréal). Sa tâche est constituée d'une foule de services pour soutenir les soignants et les préposés, comme aller chercher du matériel ou réconforter les patients privés de visite. Et tout cela est bien loin des projets qu'elle menait dans l'entreprise de son père.

On est tous dans l'équipe du patient pour qu'il puisse conserver ses acquis, améliorer sa condition et diminuer son anxiété, donc c'est concret. On est vraiment connecté avec le bien qu'on fait et ça, ça me remplit. J'en veux plus, dit-elle en souriant.

Après avoir étudié en sciences politiques et travaillé pendant 10 ans en tant que spécialiste des matériaux de construction, Cynthia Angelozzi retournera finalement au cégep en soins infirmiers.

Une jeune femme en uniforme d'infirmière.

Marie-Aimée Beaulac, 29 ans

Photo : Radio-Canada

Depuis la mi-mai, l'avocate Marie-Aimée Beaulac est devenue aide-préposée les fins de semaine au CHSLD Jean-de-la-Lande. Pendant neuf semaines, elle aura aussi poursuivi son travail au CIUSSS Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal en droit de la jeunesse (ou aux services jeunesse). Il lui semblait tout naturel de contribuer à l'effort collectif, surtout après avoir pris grand soin de sa mère, morte d'un cancer il y a huit ans.

Je savais que j'étais capable de cette proximité-là. Pour moi, ces résidents, c'était la mère de quelqu'un d'autre [...] et dans chaque moment, j'ai essayé d'investir le meilleur de moi-même : dans le fait de tenir une main, d'appliquer de la crème tendrement, d'essayer d'avoir une discussion, dans chaque petit geste.

Si ses collègues avocats sont toujours disposés à l'accommoder, Marie-Aimée se dit prête à retourner au front, si cela est nécessaire.

C'est sûr que maintenant, ma formation est faite. Si on connaît une deuxième vague de pandémie, on regardera ça. C'est une expérience que j'ai adorée.

Le jeune homme porte une blouse médicale et un masque dans les locaux du CIUSSS.

Gabriel Courtois,19 ans

Photo :  Radio-Canada

Au début du confinement, Gabriel Courtois poursuivait ses études collégiales à distance en Sciences de la nature, tout en travaillant dans une pharmacie. Quand le premier ministre Legault a lancé son appel , il s'est inscrit sur la plate-forme Je contribue.

Je n'avais aucune crainte, je me disais que j'étais la personne la mieux placée pour aller aider et comme tout le monde, ce qui m'a interpellé, c'était le sentiment de désespoir.

À la mi-mai, Gabriel Courtois a donc commencé en tant qu'aide de service auprès de convalescents de la COVID-19. Il travaille maintenant auprès de personnes âgées à la Cité de la Santé de Laval, la nuit.

C'est surtout de répondre aux cloches, s'assurer qu'ils ont leur confort. [...] S'ils ont des culottes, on les change. On s'habitue, c'est comme quand tu as un enfant, tu t'y fais. [...] Ici, l'effort que tu donnes, la satisfaction de donner un soin à quelqu'un, tu le vois en temps réel et je trouve ça gratifiant.

Avec un certain étonnement, il a pu observer beaucoup de choses positives dans le réseau de la santé, assez pour réorienter son intérêt pour les sciences dans une éventuelle carrière en santé.

Une contribution salutaire pour les établissements

La plate-forme Je contribue a permis au CIUSSS du Nord-de-l’île-de-Montréal de répondre à la crise.

Ça nous a apporté 1500 embauches en l'espace de trois mois, c'est ce qu'on fait en une année habituellement, explique le chef du service aux cadres des ressources humaines, Raphaëlle Lebrun. Les deux tiers des employés temporaires recrutés depuis le printemps manifestent le désir de rester dans le réseau de la santé.

Mais ce qui impressionne davantage la gestionnaire, c'est que 92 % des gens ayant contribué sont toujours disponibles et se disent prêts à répondre présents quand arrivera la deuxième vague de pandémie qu'appréhendent les établissements de santé.

  • Plus de 11 400 personnes contactées pour venir contribuer temporairement au CIUSSS du Nord-de-l’île-de Montréal
  • Plus de 1500 embauches temporaires effectuées, dont 1372 provenant de Je Contribue
  • 70 % étaient des aides de services et 17 % des préposés aux bénéficiaires

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !