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Des agents fédéraux exercent des pressions indues sur les manifestants à Portland

Habillés en treillis militaire, les policiers avancent.

Des policiers fédéraux tentent de maîtriser les manifestants à Portland, jeudi soir.

Photo : Associated Press / Beth Nakamura/The Oregonian

Radio-Canada

Des militants des droits de la personne et des élus ont vivement dénoncé vendredi l'arrestation sommaire de manifestants dans les rues de Portland, en Oregon, par des agents fédéraux. Certains ont été brutalisés ou emmenés dans des véhicules banalisés.

Les agents fédéraux ont été envoyés à Portland afin de mettre un terme aux manifestations organisées chaque nuit devant le tribunal fédéral de la ville pour protester contre les brutalités policières et le racisme.

D'après les médias locaux, ceux-ci circulent à travers le centre de Portland et arrêtent des manifestants sans leur fournir de motifs depuis au moins le 14 juillet.

Jeté dans un fourgon banalisé ou blessé gravement à la tête

Selon l’une des personnes détenues, Mark Pettibone, un véhicule banalisé s'est arrêté juste devant lui vers 2 h du matin mercredi et quatre personnes en tenue de camouflage en sont sorties. Étant donné l'absence de marques ou d'identification sur leurs vêtements, il n'avait aucune idée de leur identité.

L’un des agents l'a attrapé et jeté dans le fourgon pendant qu’un autre officier a tiré son bonnet vers le bas pour l’empêcher de voir.

Après avoir été fouillé, on l’a conduit au tribunal fédéral où on l’a placé dans une cellule de détention provisoire. Deux officiers sont finalement revenus pour lui lire ses droits et lui demander s'il y renonçait pour répondre à quelques questions. Il a refusé.

Deux heures plus tard, on l’a laissé partir sans lui dire pourquoi il avait été arrêté.

Dans un communiqué publié vendredi, l'Agence des douanes et de la protection des frontières (CBP), qui dépend du ministère de l'Intérieur américain, a indiqué que ses agents avaient procédé à l'interpellation après avoir eu des informations selon lesquelles Mark Pettibone figurait dans une vidéo où il était soupçonné de s'en être pris physiquement à des agents ou biens fédéraux.

Quand les agents du CBP ont approché le suspect, une foule imposante et violente s'est dirigée vers eux. Pour la sécurité de tous, les agents ont rapidement transféré le suspect vers un endroit plus sûr pour l'interroger, a déclaré l'agence, assurant qu'ils s'étaient identifiés en bonne et due forme et portaient les insignes de leur organisation.

Samedi soir, des agents fédéraux ont aussi tiré sur un manifestant à la tête, probablement avec des balles à blanc, blessant gravement ce dernier. Selon sa mère, il a souffert de fractures au crâne et a dû subir une chirurgie.

Dans la nuit de jeudi à vendredi matin – la cinquantième journée consécutive de manifestations – une file d'agents fédéraux portant des masques ont par ailleurs empli l’air du centre-ville de gaz lacrymogène, qu'un juge fédéral a interdit à la police de Portland d'utiliser, sauf en cas de risque pour la sécurité. Ils ont également tiré des balles à blanc sur les manifestants.

Un feu a été allumé et des clôtures arrachées.

Les manifestants à Portland jeudi soir.

Photo : Associated Press / Beth Nakamura/The Oregonian

Inquiétant pour tous les Américains

Ce qui se passe en ce moment à Portland devrait inquiéter tout le monde aux États-Unis, critique Jann Carson, responsable de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU dans l'Oregon. Habituellement, lorsque vous voyez des gens dans des voitures non siglées prendre de force quelqu'un dans la rue, cela s'appelle un enlèvement, a-t-il ajouté.

Les autorités politiques de l’Oregon ont également déploré les activités des agents fédéraux.

Le maire de Portland, Ted Wheeler, qui est également commissaire de police, a déclaré que la réponse fédérale était irresponsable et a demandé que les agents mobilisés restent à l'intérieur des bâtiments fédéraux ou quittent la ville.

Le shérif du comté de Multnomah, Mike Reese, a pour sa part qualifié la réponse fédérale de revers important dans les efforts pour apaiser les tensions.

Quant à la gouverneure démocrate de l'Oregon, Kate Brown, elle a critiqué sur Twitter l'intervention du gouvernement dans la ville. Cette comédie politique du président Trump n'a rien à voir avec la sécurité publique, a-t-elle écrit.

Les manifestations à Portland ont diminué en intensité depuis leurs débuts, après la mort de l’Afro-Américain George Floyd à Minneapolis, mais les manifestants continuent d’affronter la police presque chaque nuit, déclenchant des feux d'artifice et allumant des incendies.

Quant au président américain, Donald Trump, il a pris une position agressive contre ces manifestations, jurant de dominer les manifestants. M. Trump a déclaré la semaine dernière qu'il avait envoyé du personnel de la Sécurité intérieure à Portland parce que les locaux ne sont pas capables de s’en occuper eux-mêmes.

Quant au chef du département de la sécurité intérieure, Chad Wolf, il a déclaré que Portland était assiégée et a qualifié les manifestants d'anarchistes violents.

Avec les informations de New York Times, Agence France-Presse, et Washington Post

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