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Masque obligatoire : les commerçants du Québec font front commun

Un homme portant un masque regarde des vêtements dans un magasin.

Le masque est obligatoire à compter de samedi dans tous les commerces du Québec.

Photo : Getty Images / SEBASTIEN ST-JEAN

Treize organismes qui représentent de nombreuses entreprises du Québec demandent au gouvernement de revoir son règlement sur le port du masque, qui devient obligatoire aujourd’hui dans les lieux publics intérieurs.

Si l'ensemble des commerçants adhèrent à la nécessité de contraindre les clients à se protéger les uns les autres, la manière dont le gouvernement s'y prend provoque une levée de boucliers.

Les commerçants ne veulent pas être obligés à jouer le rôle de policiers. Car c'est à eux qu'il incombe de veiller à ce que les clients portent le masque au sein de leur commerce sous peine d'une amende de 400 à 6000 $. Les commerçants refusent d’assumer l'entière responsabilité du respect de la nouvelle directive et demandent que les consommateurs récalcitrants soient visés par les mesures dissuasives.

Le défi de rebâtir une clientèle

Depuis l'annonce, lundi, le téléphone ne cesse de sonner dans les bureaux de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Les commerçants ne veulent pas jouer à ça, ils ne veulent pas être confrontés à leurs clients. Ils sont dans une période où ils sont en train de rebâtir leur clientèle, ils ne veulent pas avoir à appeler la police pour cette clientèle et ternir leur image. [...] Si quelqu'un refuse par négligence ou par irresponsabilité de porter un masque, c'est à [cette personne] de payer, ce n'est pas aux commerçants, affirme Gopinath Jeyabalaratnam, l'analyste de l'organisme.

Selon lui, la tension est vive chez les propriétaires d'entreprises.

Pour éviter la discorde, nombre d'entre eux préféreront acheter eux-mêmes les masques qu'ils fourniront aux clients, un fardeau monétaire dont ils se passeraient bien.

L'application de la mesure est particulièrement complexe dans le domaine de la restauration. Martin Vézina, le responsable des communications et des affaires publiques de l'Association Restauration Québec, ne voit pas comment les restaurateurs vont parvenir à la gérer.

Ça ne sera pas juste de contrôler lorsque le client va arriver dans l'établissement. Il va falloir contrôler ses allées et venues. [...] Les gens vont vouloir aller aux toilettes, il faudra qu'ils portent leur masque. [...] Si des fois, ils l'oublient de bonne foi et qu'il y a un agent de police, [...] est-ce que l'exploitant va risquer d'avoir une amende entre 400 et 6000 $ juste pour un oubli de bonne foi?, demande-t-il.

Le modèle torontois

Les dirigeants d'entreprise plaident en faveur de mesures semblables à celles qui sont imposées à Toronto, au Royaume-Uni et en Belgique.

Dans la ville de Toronto, depuis la semaine dernière, on a une amende qui peut atteindre 400 $ qui vise le commerçant, mais aussi le client qui refuse de mettre un masque, souligne Pierre-Alexandre Blouin, président et directeur général de l'Association des détaillants en alimentation du Québec.

En Belgique aussi, les amendes visent à la fois les commerçants et les consommateurs, alors qu’au Royaume-Uni, c’est le consommateur uniquement qui doit payer une amende.

Les inspecteurs de la CNESST ne surveilleront pas les clients

La sécurité des travailleurs est la priorité de la Commission des normes, de l’équité, de la santé, de la sécurité du travail (CNESST), rappelle son porte-parole Maxime Boucher.

En entrevue à ICI RDI, M. Boucher explique que le nouveau décret ne change pas beaucoup de choses pour les inspecteurs, qui se consacreront à leur rôle auprès des employés.

On va observer s’il y a des barrières physiques, […] on va évaluer si les équipements de protection individuelle sont portés, si les deux mètres sont respectés entre les travailleurs.

Une citation de :Maxime Boucher, porte-parole de la CNESST

Qu’en est-il de l'escouade de 1000 agents de prévention créée pour travailler sur le terrain? Ils jouent un rôle dans la sensibilisation en appui aux inspecteurs de la CNESST, indique M. Boucher.

On a des agents de prévention sur le terrain qui ont été mobilisés [...] et on continue les interventions régulières de nos inspecteurs qui sont nombreuses depuis le début de la pandémie. On parle de près de 7200 interventions dans les milieux de travail. […] Près de 915 interventions ont été menées le week-end dernier en date du 15 juillet dans les bars et restaurants.

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