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Des particules de plastique rejetées dans la rivière Magog préoccupent les riverains

L’Association des usagers de la rivière Magog a constaté la présence de particules de plastique dans la rivière.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Des riverains s’inquiètent de l’abondance de particules de plastique dans la rivière Magog. Le ministère de l’Environnement estime que l’entreprise Platimum est en partie responsable, mais celle-ci nie catégoriquement.

Les membres de l’Association des riverains et des usagers de la rivière Magog (ARURM) constatent depuis plusieurs années des amoncellements de débris de plastique concassé à la hauteur de Sherbrooke.

Le directeur de l’association, Gilles Lemelin, s’inquiète des impacts sur l’environnement de l’accumulation de morceaux de plastique, particulièrement sur les oiseaux qui ont tendance à picorer tout ce qu’il y a sur l’eau. À ce moment-là, ils peuvent très bien ingurgiter du plastique, souligne-t-il.

C’est préoccupant parce que c’est un matériau qui ne se dégrade pas.

Gilles Lemelin, directeur de l’ARURM

Le Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL), organisme mandaté pour la Ville de Sherbrooke pour sillonner les rivières et jouer un rôle de gardien de rivières, a aussi constaté la présence de plastique. L’association avait ajouté une annexe sur les microplastiques dans son rapport annuel 2018 remis à la Ville.

Avis de non-conformité à Plastimum

Le ministère de l’Environnement a envoyé deux avis de non-conformité à l’entreprise Plastimum, qu’elle juge responsable d’avoir rejeté des morceaux de plastique par le réseau d’égout pluvial. Un premier le 15 novembre 2019 et un second le 13 janvier 2020.

Des morceaux de plastique se retrouvaient dans un cours d’eau et par la suite dans la rivière Magog via le réseau d’égout pluvial, précise par courriel le porte-parole du ministère, Daniel Messier.

L’entreprise réfute leur constat. Je n’ai jamais pensé que ça venait de chez nous, tranche l’un des propriétaires de Plastimum, Alain Brasseur. Je n’ai jamais reconnu, mais on a décidé de collaborer à titre préventif avec le ministère de l’Environnement.

J’ai l’impression qu’on cherche plus un coupable qu’autre chose et je ne voulais pas être pointé du doigt.

Alain Brasseur, un des propriétaires de Plastimum
Alain Brasseur, l'un des propriétaires de Plastimum, en entrevue dans son bureau.

Alain Brasseur, l'un des propriétaires de Plastimum.

Photo : Radio-Canada

L’entreprise a toutefois effectué des travaux pour faire en sorte qu’il ne soit plus possible d’être pointé du doigt par le gouvernement. On a décidé de mettre un système de captation des eaux pluviales et de s’assurer que jamais ça ne puisse arriver ou qu’on ne soit jamais pointé du doigt. 60 000 $ ont été investis pour faire le tout, depuis l’automne passé, indique-t-il. La cour de l’entreprise a aussi été réaménagée, d’après lui.

Le ministère nous a répondu par courriel être satisfait des correctifs apportés après avoir procédé à une inspection le 7 juillet dernier, mais n’exclut aucun recours si de nouveaux manquements étaient constatés.

Une situation qui perdure, selon les citoyens

Quoi qu’il en soit, les citoyens jugent que le problème demeure entier. Mercredi passé, on a encore ramassé [du plastique]. Donc ça veut dire qu’il y a une source qui se maintient encore, affirme Gilles Lemelin.

Souvent, on peut rapporter plusieurs fois le phénomène [aux autorités] avant qu’il y ait des démarches. Parfois, ça peut prendre un an, deux ans.

Patrick Daloze, président de l’ARURM
Patrick Daloze et Gilles Lemelin photographiés devant la rivière Magog.

Patrick Daloze et Gilles Lemelin, respectivement président et directeur de l’Association des riverains et des usagers de la rivière Magog.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Selon M. Daloze, cette situation rappelle l’importance de disposer adéquatement des déchets qui peuvent parfois parcourir plusieurs kilomètres avant d’aboutir à la rivière. Il y a des eaux qui s’écoulent par un réseau à la rivière et qui amènent, avec l’écoulement des eaux, tous les débris, explique le président de l’association des riverains, Patrick Daloze. L’impact s’accumule jusqu’à la rivière, poursuit-il.

La vigilance des citoyens

Le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie estime que sans la vigilance des citoyens, ce problème n’aurait probablement jamais été connu des autorités. Sa directrice, Jacinthe Caron, juge que cela démontre l’importance de reconnaître la contribution des citoyens à la lutte pour la protection de l’environnement.

C’est certain que ce sont les citoyens qui vont voir ce qui se passe sur le terrain en premier. Il n’y a aucun inspecteur, que ce soit au niveau de la Ville ou du ministère, qui soit capable de voir tout ce qui se passe, affirme-t-elle.

Selon Mme Caron, les autorités devraient faire preuve de plus de reconnaissance et faciliter les signalements provenant des citoyens. Plus de transparence, plus de suivi par rapport à ces dossiers-là, ce serait une belle marque d’appréciation et de respect pour ces citoyens engagés, conclut-elle.

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