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COVID-19 : la Suède au sommet des nouveaux cas dans l'UE

Des hommes jouent aux échecs dans un parc de Stockholm le 29 mai 2020, en pleine pandémie du coronavirus

Des hommes jouent aux échecs dans un parc de Stockholm le 29 mai 2020, en pleine pandémie du coronavirus.

Photo : Getty Images / JONATHAN NACKSTRAND/AFP

Agence France-Presse

La Suède, qui a attiré l'attention du monde entier avec sa stratégie moins stricte face au coronavirus, fait face désormais à un nombre quasi record de nouveaux cas de COVID-19 dans l'Union européenne (UE). Mais les autorités assurent que l'épidémie ralentit.

Parmi les 27, le royaume nordique pointe ces deux dernières semaines à la peu enviée deuxième place des nouveaux cas par million d'habitants enregistrés, derrière le Luxembourg, selon les données compilées par l'AFP. Avec un ratio de nouvelles contagions six fois supérieur à la moyenne de l'UE, et proche du foyer européen le plus actif actuellement, dans les Balkans.

Selon les estimations officielles, près d'un Stockholmois sur cinq est actuellement porteur d'anticorps – un ratio supérieur aux autres pays, même si la Suède s'est toujours défendue de chercher l'immunité collective.

Pour l'Agence de santé publique, qui a piloté la stratégie originale et controversée du pays, cette hausse des nouveaux cas résulte en grande partie d'une augmentation du nombre de tests effectués.

Si vous augmentez le nombre de tests, vous trouverez plus de cas, a déclaré à l'AFP l'épidémiologiste Anders Wallensten, en écho à la défense très critiquée de Donald Trump aux États-Unis.

Mais à la différence du cas américain, la Suède a des arguments pour faire valoir qu'elle ne subit pas une envolée de l'épidémie. Primo, les décès et les hospitalisations baissent, et secundo, la proportion de cas positifs parmi les personnes testées recule également – de 12 % en juin à 6 % mi-juillet.

Des Suédois attablés dans une terrasse d'un bar de Stockholm

Les Suédois ont investi les terrasses dès le début du printemps.

Photo : Associated Press / Anders Wiklund

Pas de confinement, place à la responsabilité citoyenne

Contrairement à la plupart des pays européens, la Suède n'a jamais confiné sa population, préférant garder les écoles pour les moins de 16 ans ouvertes, ainsi que les cafés, bars et autres restaurants. Le masque, quasi invisible depuis des mois dans les rues de Stockholm, n'a été obligatoire pratiquement dans aucun lieu public.

Les autorités, qui ont interdit les rassemblements de plus de 50 personnes et les visites en maison de retraite, ont appelé à la responsabilité : distanciation physique, application stricte des règles d'hygiène, isolement en cas de symptômes. Les tests massifs n'ont commencé progressivement que début juin.

Au 31 mai, le royaume avait enregistré 39 160 cas. Au 15 juillet, ce nombre avait presque doublé pour atteindre 76 492. Dans le même temps, le nombre de décès n'a augmenté que de quelque 20 %, pour atteindre 5572, un chiffre considérablement supérieur au bilan des autres pays nordiques.

Face à cette flambée des nouveaux cas, l'Organisation mondiale de la santé avait classé fin juin le royaume nordique parmi les pays à forte résurgence de cas de COVID-19, des propos critiqués par les autorités suédoises.

L'épidémiologiste en chef Anders Tegnell, visage de la stratégie suédoise, avait alors parlé d'une mauvaise interprétation complète des données.

L'Agence de santé publique a plaidé à plusieurs reprises que cette augmentation est principalement constituée de cas légers, qui seraient auparavant passés inaperçus – les tests étant au départ réservés aux cas graves.

Pour Karin Tegmark Wisell, une autre responsable de l'Agence de santé publique, cette baisse des cas graves résulterait d'une meilleure adaptation de la société pour protéger les personnes vulnérables du virus.

Les gens ont appris à s'identifier à la maladie, à garder leurs distances, et aussi à mieux protéger les groupes à risque, affirme-t-elle à l'AFP.

Le dépistage massif n'a pas suivi

Malgré les doutes plus prégnants et la porte fermée de nombreux pays aux visiteurs suédois, la Suède continue à défendre son approche face à une crise qui s'annonce de longue haleine, soulignant que les confinements brutaux décidés ailleurs ne sont pas tenables dans la durée.

Pour Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève, l'erreur de la Suède n'a sans doute pas été sa politique de non-confinement, mais plutôt sa lenteur à intensifier les tests.

Ce qui est vraiment désolant pour la Suède, c'est qu'elle n'a pas combiné cette politique ambitieuse avec des tests massifs, estime-t-il, en pointant que le nombre de décès actuels en Suède reste lui aussi nettement supérieur à la moyenne européenne.

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