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Financement des services policiers : des groupes communautaires veulent être entendus

Une statue en avant-plan devant le logo du Service de police de Saskatoon.

Des intervenants considèrent que l'argent donné cette semaine par la province aux services de police n'est pas bien utilisé pour répondre aux besoins de la population.

Photo : Radio-Canada / Albert Couillard

Radio-Canada

Le financement annoncé récemment par le gouvernement de la Saskatchewan et destiné aux services policiers de nombreuses communautés entraîne son lot de critiques. Plusieurs intervenants croient qu’une meilleure collaboration entre les organisations communautaires et le gouvernement est nécessaire pour mieux utiliser l’aide.

Au cours des derniers jours, la Saskatchewan a octroyé une somme de plus de 15 millions de dollars à divers services policiers dans le but, notamment, de renouveler l’équipe de police et de crise (PACT) dans plusieurs communautés de la province.

Ce programme permet de jumeler un agent à un professionnel en santé mentale afin d’aider les personnes qui ont des problèmes, mais aussi à les orienter vers les services appropriés.

Ainsi, le financement alloué à ces équipes a été renouvelé à Regina, à Saskatoon et dans d’autres communautés. Une équipe a aussi été créée du côté de Moose Jaw.

Or, malgré les 15,45 millions de dollars versés par la province dans ce programme, plusieurs déplorent que l’argent ne soit pas utilisé à bon escient et ne permette pas de répondre aux besoins de la population.

Une organisatrice communautaire du groupe Indigenous Joint Action Coalition, Erica Violet Lee, comprend mal comment la province peut augmenter le financement des services policiers alors que certaines communautés n’ont toujours pas de services de base, comme une épicerie communautaire ou des programmes pour les personnes handicapées.

Toutes ces choses pourraient être améliorées, mais les décideurs choisissent délibérément de mettre plus d’argent dans le budget de la police, déclare-t-elle.

Erica Violet Lee estime également qu’il est nécessaire d’avoir un service communautaire parallèle à celui de la police pour répondre aux besoins de certaines personnes qui hésitent à appeler les services policiers. Elle insiste sur le fait que la communauté doit pouvoir s’exprimer sur le sujet dans le cadre de consultations.

Ce sont les personnes qui travaillent dans les organisations communautaires chaque jour qui savent exactement où sont les besoins en financement, souligne Erica Violet Lee.

La ministre des Services correctionnels et des Services de police de la Saskatchewan, Christine Tell, n’était pas disponible pour une entrevue.

Des besoins pour les Autochtones

Margaret Kisikaw Piyesis, la présidente-directrice générale du groupe All Nations Hope Network, qui aide les Autochtones qui sont atteints du VIH, dit que son organisation est toujours attentive aux montants versés aux services policiers.

À mesure qu’on voit que les sommes versées aux services de police en Saskatchewan augmentent, on espère que le gouvernement examinera ce qui se passe chez les Autochtones avec la consommation de drogues et les surdoses, explique-t-elle.

Margaret Kisikaw Piyesis est d’avis qu’un partenariat entre la police et les organisations en première ligne pour s’attaquer aux causes profondes des problèmes de santé mentale serait utile pour répondre aux besoins des Autochtones, mais aussi de la population en général.

Mark Fisher qui s'adresse aux journalistes lors d'une conférence de presse

Mark Fisher estime que l'argent donné aux services de police par la province permettra de répondre aux besoins des communautés.

Photo : CBC

Un financement qui répond aux besoins

Dans un communiqué, le ministère des Services correctionnels et des Services de police de la Saskatchewan précise que, parallèlement aux fonds destinés au programme PACT, le financement de la province sera aussi utilisé pour lutter contre la violence domestique et soutenir les traitements pour les toxicomanes, par exemple.

Le commandant de la division F de la Gendarmerie royale du Canada et président de l’Association des chefs de police de la Saskatchewan, Mark Fisher, est heureux que le financement n’ait pas été réduit en raison des contraintes budgétaires provoquées par la COVID-19.

Je pense que cela offre un meilleur niveau de services aux personnes qui ont des difficultés. Nous sommes mieux équipés pour avoir accès à des gens qui ont de l’expertise lorsque nous avons affaire avec des personnes en crise, ajoute-t-il.

Avec les informations de Morgan Modjeski

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