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Des détenus autochtones invités à créer pour guérir

Des cahiers, des crayons et des pochettes.

Les détenus sélectionnés recevront des ensembles de matériel artistique.

Photo : Gracieuseté de l'UBC

Des détenus autochtones de la Colombie-Britannique reçoivent du matériel artistique destiné à promouvoir leur santé mentale. L’initiative émane d’une équipe de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) en collaboration avec des membres de communautés autochtones et de la société civile. Elle s’inspire d’un autre programme qui a eu des effets bénéfiques à l’intérieur comme à l’extérieur des murs des pénitenciers.

L’objectif est de donner l’opportunité aux détenus de créer et de partager leur art avec d’autres membres de la communauté, incluant la clientèle de l’Association du centre de l’amitié autochtone de la région du Fraser (FRAFCA).

C’est important de sentir qu’on est productif, qu'on fait du travail respectable, de sentir qu’on a besoin de nous, explique Roberta Price, une aînée des Nations Snuneymuxw et Cowichan. Elle travaille avec l’école de soins infirmiers de l’UBC depuis plus de 10 ans.

Les ensembles contiennent des cahiers à croquis, des messages de soutien, du matériel éducatif et d’autres outils pour écrire et créer. Des centaines d’ensembles seront notamment distribués dans deux pénitenciers fédéraux à sécurité intermédiaire et cinq maisons de transitions de la Colombie-Britannique.

Je sens que si ça peut les encourager juste un peu, ça va leur donner l'espoir, la détermination de vivre mieux.

Une citation de :Roberta Price, aînée des Nations Snuneymuxw et Cowichan

Les paquets incluent également des pochettes contenant des plantes sacrées, traditionnellement du cèdre, de la sauge, du foin d’odeur et du tabac. Or, les règles des pénitenciers interdisent ce dernier ingrédient. J’ai substitué le tabac avec de la lavande, précise Mme Price.

L’aînée a préparé les pochettes avec sa soeur et sa petite fille. Nous avons mis beaucoup de bonne énergie et d’amour inconditionnel dans ces ensembles pour les hommes qui vont les recevoir, affirme-t-elle.

Un travail de guérison

Ultimement, le programme vise à s’étendre aux sept prisons fédérales de la Colombie-Britannique ainsi qu’à d’autres maisons de transition et plus de membres de la communauté. S’il ne vise pour l’instant que les détenus autochtones, notre but est d’élargir le programme à tous les détenus, affirme la professeure Helen Brown, de l’école de soins infirmiers de l’UBC.

Le projet s’inspire de l’initiative Work 2 Give, un partenariat développé en collaboration avec les Services correctionnels du Canada et la Première Nation Tsilhqot’in. Les détenus participants recevaient du matériel pour créer des objets traditionnels comme des jouets, des instruments de musique et des couvertures qui étaient ensuite donnés à des communautés Tsilhqot'in.

En faisant ce travail, les hommes ont commencé à se voir différemment, explique Helen Brown. À partir de là, les possibilités qui s’offrent à la sortie de la prison commencent à prendre de l’ampleur.

Et ces activités ont donné des résultats tangibles. Les travaux de la professeure Brown montrent que ces hommes tendaient à commettre moins de crimes institutionnels. Ils étaient aussi proportionnellement plus nombreux à diminuer de niveau de sécurité de façon durable. Des indicateurs de meilleure réhabilitation, selon la professeure Brown.

Nous anticipons des effets similaires avec le programme en cours, soutient-elle.

Un impact positif sur la communauté

Helen Brown et ses collègues ont aussi étudié les récipiendaires des objets fabriqués dans le cadre de Work 2 Give. Les données sur la communauté sont les plus fascinantes, selon elle.

Ils appréciaient les biens qu’ils recevaient, mais l’impact le plus important c’était qu’en recevant ces biens, ils savaient qu’ils soutenaient la guérison de ces hommes, explique la professeure Brown.

Elle et son équipe espèrent pouvoir recréer le même genre de réciprocité avec l’initiative actuelle. Le but c’est que l’art soit partagé pour créer des relations avec des membres de la communauté à l’extérieur.

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