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Québec ordonne une enquête externe sur le Musée des beaux-arts de Montréal

Nathalie Roy parle en conférence de presse.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy, a annoncé jeudi qu’elle mandatera une firme indépendante pour « examiner l'encadrement et la supervision de la conduite des affaires du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) par l'équipe de direction et le conseil d'administration ».

Dans une entrevue à l’émission Midi info sur les ondes d'ICI Première, la ministre a expliqué les raisons pour lesquelles elle a demandé une enquête externe.

Les informations que nous recevons de jour en jour, d’heure en heure, sont modifiées, sont différentes […] Nous avons demandé entre autres au président du conseil d’administration de nous transmettre la fameuse étude sur laquelle le C. A. se base pour remercier madame Bondil. Et on nous a refusé de voir cette étude-là. […] Là, ça commence à soulever des questions, a-t-elle indiqué.

Je suis vraiment préoccupée à l’égard et de la gestion et de la gouvernance du musée et du conseil d’administration. Pour le moment, nous avons des bribes d’allégations qui proviennent d’un document que ni vous ni moi […] n’avons lu. Là, ça commence à être nébuleux. Pour ce motif, j’ai pris la décision de mandater une firme totalement indépendante que nous allons payer pour faire la lumière, pour essayer de voir ce qui s’est passé au musée, pour évaluer l’encadrement et la supervision de la conduite des affaires par l’équipe de la direction et par le conseil d’administration.

La ministre Nathalie Roy

La ministre a expliqué par ailleurs que le Musée des beaux-arts n’est pas un musée d’État en vertu de la loi qui le régit, soit la Loi sur le Musée des beaux-arts de Montréal. Mme Roy a expliqué qu’elle est toutefois chargée de l’application de cette loi.

Je n’ai pas le pouvoir de nommer la directrice ou le directeur général. Cependant […], nous sommes le principal bailleur de fonds. Nous donnons à ce musée annuellement 16 millions de dollars. Alors quand on donne 16 millions de dollars et on demande à voir ce document [l’étude qu’évoque le conseil d’administration pour congédier Nathalie Bondil], et qu’on nous l'a refusé, là on a le droit de poser des questions et on veut aller un petit peu plus loin. Y a-t-il un problème de gestion et de gouvernance? Parce que c’est l’argent de tous les citoyens du Québec. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé une enquête […] j’ai envoyé hier cette lettre aux 21 membres du conseil d’administration et au président également, a-t-elle expliqué.

Le Musée des beaux-arts de Montréal a indiqué par voie de communiqué que la décision de la ministre a été acceptée par le conseil dans les circonstances et en tenant compte des paramètres usuels en la matière.

Le président du conseil d’administration, Michel de la Chenelière, a souligné que le MBAM continuera d’offrir son entière collaboration à la ministre et à la firme indépendante mandatée par elle, précisant toutefois être convaincu que la décision de mettre fin au contrat de Mme Bondil était la bonne en vertu de notre rôle de fiduciaire qui est de veiller aux intérêts supérieurs du Musée ainsi qu'au respect de ses valeurs et de ses employés.

Les réactions se multiplient

Le congédiement de Nathalie Bondil continue de susciter de nombreuses réactions. Dans une lettre ouverte publiée dans des médias, Pierre Bourgie, un donateur du MBAM, a apporté son soutien à la décision du conseil d’administration.

J’appuie pleinement le conseil d’administration et son président qui ont pris une décision réfléchie et courageuse pour le bien du Musée des beaux-arts de Montréal. La décision de ne pas renouveler le contrat de Nathalie Bondil s’imposait.

Tout en soulignant l’apport de Mme Bondil au succès du musée, M. Bourgie affirme que les dernières années auront été marquées à l’interne et à l’abri des regards, par une lente, mais constante dégradation du climat de travail.

Plusieurs employés au fil des ans ont partagé avec moi, sous le sceau de la confidentialité, leurs frustrations, leurs inquiétudes et parfois même leur colère. J’ai pris acte, avec consternation, de nombreux départs volontaires d’employés compétents ayant accumulé parfois de longues années de bons et loyaux services. Manifestement, Nathalie n’aura pas su entendre ces voix discordantes que nul pourtant ne pouvait ignorer.

Extrait de la lettre de Pierre Bourgie

Par ailleurs, selon un média spécialisé britannique, The Art Newspaper, le musée d'Orsay à Paris renonce à présenter une exposition conjointe avec le MBAM en réaction au congédiement de Mme Bondil.

Les deux musées préparent, depuis 2018, une exposition en lien avec les travaux du naturaliste Charles Darwin.

L'exposition était prévue au MBAM l'an prochain.

Alors que le conseil d’administration du MBAM soutient que Mme Bondil a été congédiée en raison du climat de travail toxique qui prévalait dans l’organisation, celle-ci nie tout. Elle explique son éviction par son opposition à la nomination d’une cadre et à la politique de gouvernance du MBAM.

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