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Avec 181 morts par surdoses en juin, la Colombie-Britannique bat un nouveau record

Pour un quatrième mois consécutif, les morts par surdoses dans la province dépassent la centaine.

Une seringue souillée tenue par une main gantée.

Plus de 6000 personnes sont mortes d'une surdose en Colombie-Britannique depuis la déclaration d'urgence en 2016.

Photo : Associated Press / Ted S. Warren

La Colombie-Britannique signale 181 morts par surdose au mois de juin, ce qui dépasse le nombre record de 180 décès au mois de mai.

Ces chiffres sont la preuve que la tragédie des morts liées à la consommation de drogues continue de s'intensifier, indique la coroner en chef de la province, Lisa Lapointe, dans un communiqué.

L'approvisionnement en drogue illicite en Colombie-Britannique est « hautement toxique », rappelle-t-elle. Pas moins de 728 surdoses mortelles sont survenues depuis le début de l'année. En comparaison, 189 personnes ont succombé à la COVID-19 dans la province au cours de la même période.

Aux familles qui ont perdu des êtres chers, je dis que nous sympathisons avec votre perte.

Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique

Appels à l'approvisionnement sûr

Vendredi dernier, l'Association canadienne des chefs de police (ACCP) a lancé un appel à la décriminalisation de la possession simple de drogues illégales comme moyen de lutter contre le fléau grandissant des surdoses.

Les défenseurs des droits de la personne réclament par ailleurs un approvisionnement sûr en médicaments pour en contrer les ravages.

Je suis tanné de voir des gens mourir en attendant d'avoir accès à un approvisionnement sûr ou encore d'avoir accès à une thérapie de désintoxication, affirme un conseiller du centre d'intervention Centre on Substance Use, Guy Felicella.

L'attente tue des gens, ajoute-t-il.

Une personne marche devant le centre d'injection supervisée SisterSpace dans le quartier du Down Town East Side.

En Colombie-Britannique, on estime que trois personnes meurent chaque jour d'une surdose de drogue.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

L'autre pandémie

Tout juste avant le début de la pandémie de la COVID-19, les autorités sanitaires annonçaient une diminution de 36 % du nombre de morts par surdose liées aux drogues illicites dans la province. Une tendance prometteuse qui a été freinée par les mesures restrictives imposées par la pandémie, admettent les autorités provinciales.

Nous savons que la pandémie de COVID-19 a eu des conséquences sur les consommateurs de drogues, comme pour toute la population de la Colombie-Britannique.

Lisa Lapointe, coroner en chef de la Colombie-Britannique

Consciente que l’isolement engendré par les mesures de distanciation sociale a joué un rôle dans l’exacerbation de la crise des surdoses, la médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry, a, au début du mois de juin, incité les gens à rester en contact avec leur entourage.

Prenez des nouvelles de nos amis. Contacter les gens, des collègues que vous ne voyez peut-être pas aussi souvent, avait-elle alors lancé.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Hausse marquée chez les Autochtones

Les populations autochtones de la province sont particulièrement touchées par la crise des surdoses, rappelle la médecin hygiéniste en chef par intérim de l'autorité sanitaire des Premières Nations, Shannon McDonald.

Au début du mois de juillet, les autorités sanitaires ont dévoilé que plus de 16 % des décès liés à la consommation de drogues illicites en mai et en juin touchaient des membres des Premières Nations, des Métis ou des Inuit, alors que ceux-ci ne représentent que 3 % de la population générale.

Soyons gentils avec ceux qui tentent d'échapper à la douleur avec des substances, et rappelons-nous avec amour ceux que nous avons perdus, a dit Shannon McDonald.

La coroner en chef avait auparavant indiqué que le nombre de surdoses mortelles au mois de juin avait été de 175, mais elle précise maintenant qu'elles ont été de 181.

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