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Camp estival pour personnes autistes : familiariser un enfant à la fois

Un garçon manipule des pièces pour construire un appareil électronique et une jeune fille à côté de lui le regarde.

Au camp, 18 animatrices et 2 coordonnatrices s'occupent de 20 enfants

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Petit aperçu du quotidien au camp estival de la Société de l’autisme de l’Abitibi-Témiscamingue, où 18 animatrices et 2 coordonnatrices s’occupent de 20 enfants.

Les campeurs et animatrices ont dû s’adapter aux nombreuses mesures sanitaires imposées par la Santé publique comme le lavage fréquent des mains et la désinfection. Toutefois, ce n’est pas terminé, puisque le port du masque devient obligatoire dans plus en plus de lieux. Cette année, on a des enfants qui fonctionnent quand même bien. Ces enfants-là sont quand même informés des consignes. En plus qu’on est forcé pratiquement d’avoir du 1 pour 1, c’est plus simple pour eux, affirme le directeur général Tommy Bédard.

Un enfant joue avec un petit camion dans une salle de jeu avec une femme assise à côté de lui.

Camp estival TSA de la Société de l'autisme de l'Abitibi-Témiscamingue est offert à Rouyn-Noranda du 29 juin au 14 août.

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Marie-Pier Bournival considère le camp estival comme un service essentiel pour son fils de 6 ans. Mon garçon ne veut pas se désinfecter les mains, alors il y une animatrice qui le prend et qui va plutôt aller  laver ses mains dans le lavabo, c’est vraiment adapté à ses besoins à lui , dit-elle.

La distanciation

La distanciation n’est pas une chose facile à respecter en tout temps pour un enfant. C’est plus difficile à faire respecter à de jeunes enfants, pas seulement autistes. Si on parle d’une personne neurotypique [qui n’a pas de trouble du spectre de l’autisme], la distanciation peut être difficile quand les enfants ont du plaisir, décrit-il.

Une jeune fille couchée sur le dos joue avec un frisbee en tissu qu'une animatrice lui a lancé.

Au camp estival TSA à Rouyn-Noranda, les enfants et les animatrices jouent à l'intérieur quand il pleut.

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Marie-Pier Bournival soulève également la difficulté de son fils à respecter les mesures de distanciation sociale. Souvent, on pense que les gens autistes n’aiment pas qu’on entre dans leur bulle. Moi, c’est le contraire, il va sauter sur n’importe qui et il va lui faire un câlin , soutient-elle.

L’été, c’est censé être du plaisir. Ces enfants-là sont autistes, mais doivent avoir du plaisir dans un camp d’été.

Tommy Bédard

À la suite de la publication de photos sur les réseaux sociaux, le directeur général de la Société de l’autisme de l’Abitibi-Témiscamingue, Tommy Bédard a récemment dû ajouter un message pour expliquer pourquoi les intervenants sont parfois près des enfants.

On fonctionne beaucoup avec les parents et les intervenants pour savoir comment on devrait fonctionner avec leur enfant. On ne veut pas y aller d’une façon X ici et que le parent fonctionne d’une façon différente à la maison. [...] On ne peut pas être exempté, sauf qu’avec des enfants particuliers, on n’a pas le choix d’intervenir de façon particulière. On leur apprend par contre la distanciation, répond Tommy Bédard.

Le masque

Au camp estival de la Société de l'autisme de l’Abitibi-Témiscamingue, l’équipe se prépare à porter un masque dans les lieux publics fermés.

J’en ai qui n’auront aucun problème avec le port du masque. Il y des enfants pour qui la personne avec un masque et la personne sans masque, ce seront deux personnes différentes. Il y a des scénarios sociaux et on a des outils pour présenter à l’enfant voici moi, voici moi avec un masque, je suis la même personne, explique Tommy Bédard.

Marie-Pier Bournival et Tommy Bédard discutent debout dans une salle de classe.

Marie-Pier Bournival, une mère qui s'implique dans l'organisme, et Tommy Bédard, directeur général de la Société de l'autisme de l'Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada

Pour Marie-Pier Bournival, elle anticipe les plus longues périodes de temps où son fils devra porter un couvre-visage. Pour deux ou trois minutes, ça va aller, mais plus longtemps que ça, ce sera difficile, constate-t-elle. Je ne prévois pas, par exemple, l’amener dans les magasins. On essaie aussi pour les enfants autistes de limiter la fréquence de ces activités-là où on est obligé de porter le masque. Ça crée une surstimulation pour eux et c’est plus difficile à gérer.

Le camp à Rouyn-Noranda

Les camps de vacances où les enfants dorment sur place ne sont pas permis en raison de la COVID-19. Le défi des parents à l’extérieur de la région est de faire la route matin et soir pour avoir un peu de répit et permettre à leur enfant de participer aux activités.

On a toujours un montant de roulement qui nous vient du programme de soutien aux organismes communautaires. Ça nous permet de fonctionner. On a des bureaux ici à Rouyn-Noranda. On n’en a pas encore ailleurs dans la région. Avec le conseil d’administration, on essaie de voir les possibilités d’étendre un peu notre offre de service parce qu’on ne peut pas être seulement ici à Rouyn, affirme le directeur général de la Société de l’autisme de l’Abitibi-Témiscamingue.

Un enfant met sa tête dans un trou sur une pancarte où est dessiné une tête.

Les campeurs vont souvent jouer à l'extérieur.

Photo : Gracieuseté

Bien que l’équipe ait dû trouver davantage d’animateurs pour les 18 enfants inscrits cet été, Tommy Bédard affirme que le tout s’est plutôt bien déroulé.

On fait nos recrutements assez tôt et on va directement dans les universités et les Cégeps, poursuit-il. On essaie de cibler les cohortes qui seraient intéressées. On parle de travail social, éducation spécialisée, psychoéducation. Ça a quand même bien été, sauf qu’avec le recrutement et les formations dans les CHSLD, on a perdu quatre ou cinq employés près de l’ouverture du camp. On a été chanceux encore une fois et on a été cherché le personnel dont on a besoin.

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