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Immersion française en Louisiane : les enseignants étrangers auront leurs visas

C'est une grosse bataille qu’on a gagné aujourd’hui.

Une pancarte où l'on peut lire ''Bienvenue en Louisiane Française''.

Affiche du Conseil pour le développement du Français en Louisiane (CODOFIL).

Photo : Avec la gracieuseté de / Mélanie Arseneau

Radio-Canada

Après plusieurs complications, le gouvernement américain accepte finalement de traiter les demandes de visas de 70 enseignants de français étrangers. Un revirement inattendu, alors que Donald Trump avait signé une proclamation présidentielle le 22 juin pour interdire l’octroi de visas temporaires durant la pandémie.

Chaque année, des dizaines d’enseignants étrangers sont embauchés dans le cadre d’un programme d’immersion française en vigueur depuis plus de 50 ans et chapeauté par le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL).

On attendait cette nouvelle-là avec impatience. On est très très contents, avoue Peggy Somers-Feehan, directrice générale du CODOFIL.

En bloquant l’arrivée de ces enseignants, Washington compromettait le début de l'année scolaire pour des centaines d'élèves en immersion française.

Une affiche sur une autoroute indique aux automobilistes qu'ils sont bienvenus en Louisiane, en anglais et en français.

Panneau routier indiquant l'arrivée en Louisiane

Photo : Getty Images

Une force de frappe collective

La mobilisation massive des Louisianais a permis ce revirement de situation, croit Peggy Somers-Freehan. Le jeune nationaliste cajun Will McGrew de Télé-Louisiane a lancé une pétition en ligne, et le chanteur Zachary Richard a lancé un appel sur les médias sociaux pour que les gens la signent.

Des législateurs de l’État ont passé une résolution, on a eu plus de 6000 signatures de Louisianais qui voulaient garder les enseignants et des dizaines de Louisianais ont écrit et téléphoné à des législateurs de Washington pour leur dire : ''Il faut que vous fassiez quelque chose'', explique Peggy Somers-Feehan.

Les Cadiens avaient aussi une arme secrète dans la capitale américaine : l'ambassadeur de France à Washington Philippe Étienne. Quand il a vu tous les efforts de la Louisiane pour maintenir le programme, ça l’a motivé à continuer à ses démarches diplomatiques pour dénouer l'impasse, raconte la directrice.

L'effort de lobbying a visiblement porté fruit puisque Washington a accepté, hier, d'assouplir les règlements sur les visas.

Préparer la rentrée

Le prochain défi sera de s’assurer que ces enseignants arrivent à temps pour la rentrée. Le CODOFIL avait fixé le premier juillet comme date limite pour faire plier Washington, et a donc accumulé deux semaines de retard dans ses démarches. On veut minimiser les dommages autant que possible, admet la Mme Somers-Freehan.

Peggy Somers-Feehan en entrevue.

Peggy Somers-Feehan, directrice générale du Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL)

Photo : CODOFIL

La prochaine étape sera de faire des entrevues aux ambassades parmi les milliers de candidats. Mais dû à la pandémie, plusieurs écoles retardent la rentrée de quelques semaines, ce qui devrait permettre à l’équipe de rattraper le retard.

Pour Peggy Somers-Feehan, ce combat a montré que les Cadiens ont plus de force qu'ils pouvaient imaginer.

La mobilité collective, c'est quelque chose qui est très puissant et c'est quelque chose que je n'ai pas vu souvent en Louisiane, dit-elle. Je pense que ça va beaucoup réveiller les gens ici sur place, surtout les francophones et les francophiles, de dire que si on se met ensemble, on peut faire changer des choses, même au niveau fédéral.

Avec les informations de Michel Nogue

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