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La mère de Chynna Deese touchée par le soutien de Canadiens émus par la mort de sa fille

Le couple est assis à l'arrière d'une fourgonnette.

L'Américaine Chynna Deese et l'Australien Lucas Fowler traversaient la Colombie-Britannique en fourgonnette quand ils ont été tués en juillet 2019.

Photo : Sheila Deese

Radio-Canada

Sheila Deese, dont la fille a été tuée en juillet 2019 dans le nord de la Colombie-Britannique par deux jeunes hommes, se dit reconnaissante envers les Canadiens qui lui ont écrit depuis un an et qui rendent hommage à sa fille au bord de l'autoroute de l'Alaska.

Sheila Deese dit avoir le sentiment d'être dans un film depuis un an. Pas un film dans lequel elle aimerait jouer ou qu'elle aimerait voir. Elle reconnaît qu'elle préférerait sauter le mois de juillet plutôt que revivre des souvenirs douloureux.

Chaque jour est un souvenir.

Sheila Deese, mère de la victime

Sa fille, Chynna Deese, et le compagnon de celle-ci, Lucas Fowler, sont morts entre le 14 et le 15 juillet 2019 sur l'autoroute de l'Alaska, près de Liard Hot Springs. Selon les enquêteurs, ils ont été tués par Kam McLeod et Bryer Schmegelsky, deux jeunes hommes qui auraient aussi tué Leonard Dyck, un professeur de l'Université de la Colombie-Britannique, quatre jours plus tard, et qui ont entrepris une cavale à travers le Canada avant de se donner la mort dans le nord du Manitoba.

Sheila Deese a vu sa fille pour la dernière fois le 6 juillet 2019 alors que celle-ci s'apprêtait à prendre l'avion. La jeune femme devait apporter des bottes à son compagnon, et pour gagner de la place dans sa valise, elle envisageait de les porter pendant le vol. Sa mère lui a dit qu'elle était folle.

Sheila Deese a parlé à sa fille pour la dernière fois au téléphone le 13 juillet. Le 17, la police a frappé à sa porte. C'était le début du mauvais film. Nous avons organisé une cérémonie du souvenir le 27 juillet, sans savoir qui les avait tués, raconte-t-elle.

Sheila Deese et Chynna Deese.

La mère et la fille se sont parlé pour la dernière fois au téléphone le 13 juillet 2019.

Photo : Sheila Deese

Depuis son domicile de Charlotte, en Caroline du Nord, Sheila Deese se dit reconnaissante envers les Canadiens qui lui ont témoigné leur solidarité depuis la tragédie.

Elle a ainsi contacté un chauffeur de camion du Yukon, Ed Grennan, qui entretient un petit monument à la mémoire de Chynna Deese et Lucas Fowler sur le bord de l'autoroute de l'Alaska, non loin de là où leurs corps ont été retrouvés.

Ed Grennan pose devant un apentis décoré de photographies du couple, de messages et de drapeaux.

Ed Grennan, un habitant de Whitehorse, a construit un mémorial pour Chynna Deese et Lucas Fowler sur le bord de l'autoroute de l'Alaska.

Photo : Ed Grennan

Elle raconte qu'il lui a écrit des cartes postales plusieurs fois au cours de l'année et que plus de cent chauffeurs de camions les ont signées. Ed Grennan dit, par exemple, qu'il a vu des chauffeurs pleurer dans les bras de leur épouse devant le monument.

Nous nous parlons beaucoup... Il dit qu'il sait ce que je ressens.

Sheila Deese, mère de la victime

Ed Grennan dit comprendre ce que c'est d'être sous les projecteurs médiatiques. Il a perdu sa fille de 17 ans, Mary-Anne, en 1996, emportée par le botulisme. Il a poursuivi en justice le médecin qui l'avait soignée, et l'affaire a fait les manchettes des médias canadiens. Il a finalement perdu en appel, après des années de procédure.

L'adolescente sourit pour sa photo de classe.

La fille d'Ed Grennan, Mary-Anne, est morte à l'âge de 17 ans du botulisme.

Photo : Ed Grennan

Souvent, quand je passe à côté d'un endroit où j'allais camper avec ma fille, je suis obligé de m'arrêter et de pleurer, raconte-t-il. Quand tu crois que tu vas mieux, quelque chose te fait replonger. C'est ce qui va arriver à Sheila.

Sheila Deese raconte que la pandémie de COVID-19 et la peur de perdre encore un proche ont apporté un stress supplémentaire à sa famille. Le masque qu'elle porte tous les jours s'ajoute au masque invisible qu'elle s'impose pour ne pas avoir l'air triste.

Venir au Canada

Elle regrette aussi que, dans les mois qui ont suivi le double meurtre, des personnes lui aient posé des questions avec insistance ou se soient permis des commentaires choquants.

L'affaire était tellement connue, et les gens s'y intéressaient tellement qu'ils se sentaient impliqués et se sentaient autorisés à tout savoir, dit-elle. Certains m'ont dit que, au moins, j'avais d'autres enfants.

Sheila Deese aimerait un jour se rendre au Canada pour voir le chemin qu'a parcouru sa fille et peut-être visiter le lieu de commémoration qu'Ed Grennan a construit.

Beaucoup de gens m'ont dit : nous aimerions vous prendre dans nos bras et vous consoler, confie-t-elle.

Avec les informations de Jason Proctor

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