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La fermeture des casinos peut-elle avoir nui aux joueurs excessifs?

Une rangée de machines à sous.

Les casinos, comme le Casino de Charlevoix, rouvrent ce jeudi.

Photo : iStock

La fermeture des casinos, salons de jeux et restos-bars dans les quatre derniers mois a fait migrer une partie des joueurs vers les jeux de hasard en ligne. Cela crée plusieurs inquiétudes pour la maison l’Odyssée, la première au Québec à offrir de l’aide consacrée aux joueurs excessifs ou pathologiques.

Bien qu’elle ne soit pas en mesure pour l’instant de quantifier le nombre de personnes qui jouent en ligne depuis le début de la pandémie, Loto-Québec observe que durant la suspension des ventes de loteries en magasins, il y a eu au moins une centaine de milliers d’inscriptions sur son site d'achat de loterie en ligne.

Le directeur général de la maison l’Odyssée, Étienne Leblanc, est convaincu que bien des joueurs excessifs ou pathologiques se sont également tournés vers les sites de jeu en ligne, qu’ils soient privés ou gérés par l’État.

Quand on a une dépendance, la tendance est plutôt de se tourner vers un moyen de satisfaire le besoin, comme celui de jouer. Le jeu, c’est un besoin qui est très puissant, malgré ce qu’on peut en penser , affirme-t-il.

Clientèle plus jeune

Cette migration vers les jeux de hasard et d’argent virtuels inquiète Étienne Leblanc, d’autant plus que la clientèle qui fréquente son organisme est de plus en plus jeune et donc, de plus en plus portée à jouer en ligne.

L’Odyssée a d’ailleurs augmenté sa visibilité sur les réseaux sociaux et en ligne. Une campagne de prévention spécifique à la pandémie a aussi été lancée.

On veut leur dire de se méfier s’ils jouent en ligne. Comme tout est virtuel, on ne touche jamais d’argent réel. C’est plus facile de perdre le contrôle, d’où l’importance de se fixer des limites et surtout de les respecter.

Étienne Leblanc, directeur général de la maison l’Odyssée

Loto-Québec se dit aussi préoccupée par la prolifération des sites de jeu privés.

Sur les sites privés, ils n’ont pas toujours des mesures de jeu responsable. Parfois, quand ils en ont, malheureusement, on permet aux gens d’annuler leur inscription. Dans toutes les sociétés d’État, c’est une inscription irrévocable. On a aussi de mesures comme des limites de dépôt hebdomadaires obligatoires, des limites de temps et de pertes , explique la spécialiste à la direction du jeu responsable de la société d’État, Isabelle Martin.

Prévention suffisante?

Une des clefs pour réduire la dépendance au jeu demeure la prévention.

Loto-Québec verse depuis 2010, environ 22 millions de dollars par année au ministère de la Santé. Cette somme sert à offrir du soutien et des thérapies aux joueurs et à leur entourage, ainsi qu'à la recherche et à la prévention.

Ce dernier élément semble plutôt effacé, selon Étienne Leblanc.

Depuis plusieurs années les actions en prévention du ministère de la Santé ont été à peu près, sinon totalement absentes. Les dernières campagnes de prévention importantes ont été en 2010 et 2013. On parlait d’un budget annuel d’un million $.

Étienne Leblanc, directeur général de la maison l’Odyssée

Loto-Québec fait un constat similaire.

Non seulement les campagnes du ministère de la Santé ne portent pas sur le jeu en ligne, elles ne portent pas spécifiquement sur la participation aux jeux. Le ministère de la Santé a choisi de noyer ça dans la prévention sur la consommation d’alcool et autres substances , lance Isabelle Martin.

État de la situation

Loto-Québec a demandé à des chercheurs de produire un état des lieux du jeu en ligne. Le projet sera lancé en septembre prochain.

On veut investiguer ce que faisaient les gens six mois avant la pandémie, ce qu’ils ont fait en termes de participation à des jeux de hasard et d’argent pendant la COVID et on va retourner les questionner un an et demi plus tard , explique Isabelle Martin.

Les résultats complets de cette étude ne seront connus que dans quatre ans.

Avec les informations de Maxime Denis

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