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Pour protéger et « survivre », une styliste coud des masques aux couleurs de l'Afrique

Une femme avec un masque coloré sur le visage.

Alèthe Kaboré a fabriqué plus de 300 masques depuis la fin mars.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

À force de réouvertures, le masque est le nouvel accessoire qui s’impose de plus en plus dans les rues. Pour plus de confort, de style, et pour une question de survie, le monde de la mode s'organise pour suivre cette tendance inattendue.

Au 25e étage d’une tour d’Edmonton, le salon d’Alèthe Kaboré a surtout des airs d'atelier de couture. On se partage l’espace,dit-elle. Des dizaines de chemises, manteaux et robes de sa marque KYN Apparel sont sur des cintres.

J’aime les couleurs, avoue la créatrice de mode francophone qui a été couronnée d'un prix à Vancouver en début d'année. Je trouvais qu’au Canada, il n’y avait pas assez de couleurs. Les gens mettent beaucoup de noir et gris. Les couleurs du Burkina Faso me manquaient.

Jaune, rouge, vert… elles sont partout dans l’atelier de cette couturière qui a quitté l’Afrique en 2006 pour venir étudier à Edmonton, mais depuis fin mars, Alèthe Kaboré a dû mettre de côté ses confections pour faire des masques protecteurs.

Trouver des revenus

Du jour au lendemain, je me suis vue cloîtrer à la maison, tous les événements étaient annulés. Quand tu as pris des prêts pour un business qui commence, il faut des revenus. Il y avait une demande pour les masques… je me suis dit pourquoi pas et ça me permet de participer à la protection des gens.

Après avoir lu des articles scientifiques afin de connaître la meilleure combinaison de tissus pour lier le confort de respirer à la certitude d’être protégé, il était temps de passer commande. Mais les magasins d’étoffe dans la capitale albertaine avaient tous fermé leur porte à cause de la pandémie. La styliste a alors trouvé son bonheur sur un site internet coréen.

Tous les tissus sont 100 % coton. Sur la première couche, on trouve les pagnes africains. À l’intérieur se trouve un tissu unique. Puis, dans la troisième couche peut se glisser un filtre pour renforcer l’efficacité contre les microbes.

Des masques protecteurs de différentes couleurs.

Les masques de Kyn Apparel sont 100% coton.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Fini la buée

Une des questions qui revient souvent de la part des clients qui la contactent sur internet ou l’abordent au marché fermier du centre-ville d’Edmonton, sur la 97e rue, les fins de semaine, c’est la formation de buée lorsque l’on porte des lunettes. Grâce à la pièce en métal au niveau du nez sur les masques, il n'y en a pas. J’ai découvert ça moi-même, par hasard, puisque je porte des lunettes, avoue-t-elle.

Depuis fin mars, Alèthe Kaboré a confectionné plus de 300 masques. Ça permet de payer les factures juste pour survivre. C’était la première année de mon entreprise. C’est vraiment dommage, mais c’est un nouvel apprentissage. J’espère qu’en me découvrant avec les masques, les gens vont apprécier mon autre collection

Ce défi à l’âge de 33 ans, elle le prend avec philosophie et humour. J’appelle 2020, l’année où je vais changer l’eau en vin. Ça s'accomplit en quelque sorte. Je persiste malgré la COVID.

Les masques, toujours efficaces pour lutter contre le virus

Les autorités sanitaires le répètent depuis des mois, le masque est un des nos meilleurs alliés contre la COVID-19. Selon un rapport (Nouvelle fenêtre) publié le 14 juillet, par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, le port du masque par deux coiffeuses de Springfield (Missouri) infectées par le coronavirus aurait évité à 139 personnes de tomber malades.

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Santé publique