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Archives

Les Îles-de-la-Madeleine, petit paradis sur mer à visiter et à protéger

Phare et bord de mer.

Phare de l'Anse-à-la-Cabane aux Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La région des Îles-de-la-Madeleine, reconnue pour ses collines verdoyantes, ses maisons colorées et ses falaises ocre qui surplombent la mer, développe son industrie touristique depuis les années 1970. Nos archives témoignent de l’évolution de ce secteur d’activité qui doit sa réussite tant aux paysages pittoresques des Îles qu’à l’amabilité de ses habitants.

Aux origines des Îles-de-la-Madeleine

À l’émission Femme d’aujourd’hui du 11 février 1970, l’animatrice Aline Desjardins nous raconte l’histoire des Îles-de-la-Madeleine intimement liée à celle de l’Acadie.

Femme d’aujourd’hui, 11 février 1970

Les Madelinots sont presque tous des descendants des déportés de Grand-Pré en Nouvelle-Écosse et de 250 Acadiens déportés aux îles de Saint-Pierre-et-Miquelon qui, en 1789, se sauvèrent en bateau une nuit pour rejoindre l’archipel.

Les Micmacs fréquentaient les Îles bien avant les Européens pour sa quantité abondante de poissons, de mollusques et de phoques. Ils baptisèrent l’endroit Menagoesenog, ce qui signifie îles balayées par la vague. Jacques Cartier est l’un des premiers Européens à visiter le lieu qu’il nomme île Brion en 1534.

C’est finalement en 1663 que la Compagnie des Cent-Associés accorde la concession des Îles-de-la-Madeleine à François Doublet de Honfleur, qui nomme l’archipel Îles-de-la-Madeleine en l'honneur de son épouse, Madeleine Fontaine.

Les Madelinots devront lutter pour obtenir leur indépendance économique.

Le reportage revient sur la rude vie des habitants des Îles vers les années 1800. Les hommes pêchaient et chassaient le loup marin, alors que les femmes filaient et tissaient afin de fabriquer des vêtements et des chaussures. Elles se chargeaient également du jardinage et de la pêche aux coques et autres mollusques.

Lors du reportage en 1970, le salut économique des Îles repose sur l’intensification de la pêche tant au large que sur les côtes et sur le développement de l’industrie touristique.

Bien qu’isolée, la population des Îles-de-la-Madeleine a su s’insérer dans l’évolution sociale et culturelle du Québec.

Aline Desjardins, animatrice

La création d’événements et de traditions

Dans son reportage présenté au Téléjournal le 22 août 1989, le journaliste Hervé Gaudreault assiste au concours des Châteaux de sable. Un événement qui se tient chaque année sur la plage de Sandy Hook.

Téléjournal, 22 août 1989

Touristes et résidents viennent nombreux admirer les travaux des artistes du sable qui façonnent des châteaux et des structures qui peuvent parfois prendre une taille impressionnante.

Des chefs-d’œuvre qui seront emportés par la mer en l’espace de quelques marées.

Une autre tradition typiquement madelinienne, qui elle n’a pas été conçue pour les touristes, est celle du tour des maisons.

Paul Toutant nous la fait découvrir en compagnie du chanteur madelinot Georges Langford au Téléjournal du 3 juillet 2001.

Téléjournal Le Point, 3 juillet, 2001

Le fait qu’on soit isolés de la grande terre comme on dit, ça fait que nos samedis soirs sont peut-être un peu plus plates alors faut trouver des moyens et la musique a été un moyen idéal pour les Madelinots d’après moi.

Nancy Renaud, chanteuse

Aux sons des violons et des guitares, des familles et des voisins entonnent des chants dont les paroles décrivent la beauté des environs.

L’auteur de la populaire chanson Frigidaire indique que la musique fait partie de l’ADN des Madelinots.

Les Madelinots ça fait partie de leur héritage, la musique, la bouffe, le plaisir de vivre. C’est un petit peu indissociable. Quand on trouve un groupe de Madelinots, on va tout avoir ça automatiquement.

Georges Langford, auteur-compositeur-interprète

Une industrie touristique qui valorise des lieux et en fragilise d’autres

Au Téléjournal du 15 juin 2002, le journaliste Claude Fortin fait état du rajeunissement du secteur de La Grave aux Îles-de-la-Madeleine.

Téléjournal, 15 juin 2002

Le Secteur de la Grave, situé sur l’île du Havre Aubert, est le berceau du peuplement des Îles et de l'industrie de la pêche. La Grave s'étend le long d'une petite plage de galets.

Au début des années 1950, l’activité économique du secteur de La Grave se déplace vers Cap-aux-Meules. L’endroit déserté tombe en désuétude jusqu’à ce qu’un groupe d’entrepreneurs locaux décident de lui redonner vie et d’en faire un lieu animé et apprécié des touristes comme des Madelinots.

Depuis 1983, le secteur de La Grave, avec ses maisons typiques de pêcheurs qui abritent boutiques et cafés, est classé site historique par le ministère de la Culture.

Si la pêche est toujours l’activité économique numéro un aux Îles-de-la-Madeleine, le tourisme arrive bon deuxième.

Le nombre de vacanciers ne cesse d’augmenter aux Îles. De 2008 à 2019, le nombre annuel de touristes est passé de 48 000 à près de 85 000. Certains craignent qu’un trop grand afflux de visiteurs nuise au fragile écosystème qui caractérise les Îles-de-la-Madeleine. Heureusement, la saison s’allonge également.

À l’émission C’est ça la vie du 16 novembre 2007, Yves Martinet, directeur du Comité ZIP (Zone d'Intervention prioritaire) des Îles-de-la-Madeleine et Hélène Tivemark, directrice adjointe, nous parle des défis écologiques auxquels les Madelinots sont confrontés.

C’est ça la vie, 16 novembre 2007

Certains touristes, enchantés par cet endroit paradisiaque où la mer est visible de partout, décident d’y bâtir leur résidence secondaire.

Mais les constructions près des falaises et celles qui font peu de cas de la préservation des milieux humides nuisent à l’environnement.

Comme l’explique Hélène Tivemark, les milieux humides sont d’importants filtreurs d’eau. Comme l’eau potable des Madelinots repose essentiellement dans la nappe phréatique, ils jouent un rôle fondamental.

Si les changements climatiques rendent l’eau de la mer plus invitante à la baignade, ils ont de fâcheuses conséquences sur les côtes, qui s’érodent de plus en plus chaque année. L’enrochement est une pratique de plus en plus courante afin de préserver les routes qui mènent d’une île à l’autre.

Le tourisme est important économiquement, mais il y a une crainte aussi que ça prenne toute la place et que le cœur culturel de l’identité madelinienne traditionnelle, qui est souvent relié aux ressources de la mer, prenne un peu le bord.

Hélène Tivemark, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine
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