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Le président du parlement catalan croit que l’Espagne a espionné son téléphone

Son appareil aurait été piraté à l’aide de Pegasus, un logiciel espion conçu par la firme technologique israélienne NSO Group.

Le politicien espagnol Roger Torrent est assis derrière un bureau. Il a un air sérieux.

Roger Torrent pense avoir été espionné à l’aide d’un piratage de son téléphone cellulaire.

Photo : Getty Images / Alex Caparros

Reuters

Le président du Parlement de Catalogne, Roger Torrent, pense avoir été espionné à l’aide d’un piratage de son téléphone cellulaire, et il a déclaré mardi que l’État espagnol serait complice de crime s’il était au courant.

S’exprimant au cours d’une conférence de presse, Roger Torrent a affirmé que sa mise sur écoute, rapportée par les quotidiens El Pais et The Guardian, prouve l’existence d’un espionnage politique en Espagne.

Il a annoncé qu’il aurait recours à tous les moyens politiques et juridiques pour établir les faits.

Le gouvernement espagnol n’est pas au courant d’un quelconque espionnage des dirigeantes et dirigeants catalans, selon ce qu'ont dit auparavant les services du président du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez.

Toute intervention sur un appareil mobile est toujours effectuée dans le respect de la loi, qui requiert un mandat judiciaire, a-t-on déclaré.

Un logiciel espion réservé aux gouvernements

D’après El Pais et The Guardian, Roger Torrent et deux autres responsables séparatistes catalans ont été prévenus par des chercheurs travaillant avec WhatsApp que leurs téléphones avaient été piratés à l’aide de Pegasus, un logiciel espion conçu par la firme technologique israélienne NSO Group.

C’est aussi à l’aide de ce logiciel que, selon Amnesty International, les autorités marocaines auraient espionné le journaliste Omar Radi, une accusation rejetée par le Maroc.

Les relations entre les têtes d’affiche du mouvement séparatiste catalan et Madrid sont extrêmement tendues depuis des années, notamment depuis l’invalidation en 2017 d’un référendum sur l’indépendance de la région interdit par le gouvernement conservateur de l’époque.

NSO, qui vend ses produits à de nombreux États à travers le monde, a refusé de dire si elle avait fourni son logiciel Pegasus à l’Espagne.

Ce logiciel est exploité [...] uniquement par des administrations publiques agréées pour combattre le terrorisme et les crimes graves et préserver la sécurité publique, a-t-elle déclaré.

Facebook, propriétaire de WhatsApp, n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire.

WhatsApp a déclaré l’an dernier que 1400 de ses utilisateurs et utilisatrices avaient été la cible du logiciel Pegasus. Ce dernier utilise le système d’appel vidéo pour s’introduire dans les appareils mobiles.

D’après The Guardian, qui ne cite pas de source, WhatsApp pense que les piratages en Espagne se sont produits sur une période de deux semaines en avril et mai 2019.

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