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Une rentrée sans cours de français ni d'immersion à Toronto?

Une élève observe son exercice de français.

Une élève observe son exercice de français.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Radio-Canada

Le Conseil scolaire public anglais de Toronto (TDSB) envisage de supprimer tous les cours de français et les programmes d'immersion française à l'élémentaire en septembre, faute d'enseignants, à cause de la COVID-19.

Dans un plan préliminaire dont débattront mercredi les conseillers scolaires du TDSB, le plus grand conseil scolaire au pays précise que cette mesure serait nécessaire pour diviser les groupes et faciliter la distanciation physique en classe.

Le TDSB explique qu'il n'aura pas assez d'enseignants si les élèves retournent en classe à temps plein, et ce, dans des groupes réduits à 15 ou à 20 enfants.

Nous n'avons pas le personnel qualifié pour maintenir les cours de français de base, d'immersion française et de français enrichi, compte tenu des enseignants supplémentaires qui seraient nécessaires pour des groupes de 15 à 20 élèves.

Plan préliminaire du TDSB

Même en redéployant ses enseignants de français qui offriraient dorénavant des cours dans la langue de Shakespeare, le Conseil scolaire public anglais de Toronto estime qu'il devrait embaucher à l'élémentaire :

  • de 988 à 2489 enseignants de plus pour limiter la taille des classes à 15 élèves, au coût de 99 à 249 millions de dollars
  • de 200 à 1900 enseignants de plus pour des classes de 15 à 20 élèves selon l'âge, au coût de 20 à 190 millions de dollars

Le Conseil réclame également 6 millions supplémentaires de la province pour l'achat d'équipement de protection personnelle et de produits de nettoyage, notamment, et ce, uniquement pour les quatre premiers mois de l'année scolaire.

Le premier ministre Doug Ford dit que son gouvernement a déjà bonifié le financement des conseils scolaires. Le Conseil scolaire public anglais de Toronto recevra 55 millions de dollars de plus que l’an dernier, dont 23 millions pour l’embauche d’enseignants supplémentaires, note M. Ford.

Le ministère de l'Éducation ajoute qu'il analysera en temps et lieu les plans que les 72 conseils scolaires doivent lui présenter d'ici le 4 août.

Le syndicat représentant les enseignants du TDSB (Fédération des enseignants de l'élémentaire) n'a pas réagi à notre demande de commentaires.

Inquiétudes

Nicole Thibault, directrice générale du groupe Canadian Parents for French, admet qu'il faudra plus d'enseignants si on réduit la taille des classes à cause de la COVID-19, mais elle « s'inquiète » de voir que le Conseil public anglais de Toronto cible l'enseignement du français.

Il y a toujours des solutions quand on veut.

Nicole Thibault, directrice générale de Canadian Parents for French

Elle pense que le Conseil pourrait avoir recours, par exemple, à une combinaison de cours en classe et de ressources en ligne plutôt que supprimer tous les cours de français. Elle craint que d'autres conseils scolaires ontariens emboîtent le pas.

Cela dit, elle reconnaît qu'il pourrait s'agir d'une stratégie de la part du TDSB pour obtenir plus du financement du gouvernement, les programmes d'immersion française étant très populaires auprès des parents en Ontario.

Pour sa part, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario estime que la proposition est inacceptable, dans un pays bilingue. C’est choquant venant du TDSB qui a toujours été leader en matière d’enseignement du français langue seconde et en immersion, commente-t-elle sur son compte Twitter.

L’AFO note que le conseil scolaire avait envisagé, l'an dernier, de réduire les cours de français offerts si son financement n’était pas augmenté. L’association va suivre la situation de près et a bon espoir que le ministre de l’Éducation Stephen Lecce prendra la bonne décision.

École à temps partiel et enseignement en ligne

Le premier ministre Doug Ford a dit privilégier un retour en classe à temps plein en septembre. Toutefois, son gouvernement a demandé aux conseils scolaires de se préparer à trois scénarios, soit l'enseignement en classe à temps plein, les cours en ligne uniquement ou une approche hybride combinant les deux types d'enseignement.

Les conseillers scolaires du TDSB ont déjà affirmé que le modèle hybride serait intenable pour beaucoup de familles.

Quoi qu'il en soit, si le gouvernement opte pour un retour en classe à temps partiel seulement, le plan préliminaire du Conseil (Nouvelle fenêtre) évoque la possibilité de semaines alternées à l'élémentaire. Les groupes de 15 élèves maximum iraient à l'école 2 ou 3 jours par semaine, recevant de l'enseignement en ligne le reste du temps.

Selon ce modèle hybride, les élèves à la maison recevraient, en fonction de leur âge, 20 à 40 minutes chaque jour de leçons en ligne simultanément avec l'enseignement à leurs camarades en classe, en plus de 20 à 40 minutes de temps de questions-réponses et 1 à 2 heures d'apprentissage autonome non simultané.

Si la province opte pour des cours en ligne seulement, le temps d'enseignement total serait de 300 minutes par jour, réparti en différentes séances avec tout le groupe ou sous la forme de questions-réponses et en travail autonome.

Au secondaire, deux modèles sont envisagés par le TDSB :

  • Selon le 1er scénario, les élèves iraient en classe la moitié de la journée pour limiter la taille des classes à 15 (une moitié du groupe irait à l'école le matin, l'autre, l'après-midi); les élèves compléteraient leur journée par de l'apprentissage en ligne.
  • Selon le 2e scénario, l'enseignement aurait lieu en ligne uniquement, soit de 9 h à 11 h 30 et de 12 h30 à 15 h.

Dans tous les cas, tant au secondaire qu'à l'élémentaire, la journée d'enseignement serait écourtée, soit pour un nettoyage accru dans les écoles et/ou pour accorder plus de temps de préparation aux enseignants.

Nous avons planifié activement le retour en classe en considérant toutes les possibilités, affirme le Conseil. Notre priorité est le bien-être et la sécurité des élèves et du personnel.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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