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Le retour dans les bureaux au Québec se fera à 25 % de la capacité, au maximum

Des immeubles à bureaux du centre-ville de Montréal.

Québec permet le retour des travailleurs dans les bureaux à une capacité maximale de 25 % des employés par entreprise.

Photo : Ivanoh Demers

Radio-Canada

Vous vous sentez seul en travaillant de la maison? Bien possible que vous devrez poursuivre le télétravail, car Québec permettra aux employeurs du secteur privé un retour de leurs effectifs dans les bureaux dès le 18 juillet, mais à un taux d’occupation atteignant un maximum de 25 % par entreprise.

Québec continue d’encourager le télétravail pour les activités qui peuvent se poursuivre à distance, a indiqué mercredi en conférence de presse le ministre du Travail, Jean Boulet.

Il est suggéré de privilégier ceux [les employés] qui doivent offrir un service direct à la clientèle ainsi que ceux qui ne disposent pas des conditions organisationnelles ou familiales favorables au télétravail, a-t-il ajouté.

Nous devrons faire le bilan du télétravail quand on sera revenus plus près d’une nouvelle normalité.

Jean Boulet, ministre du Travail

Le ministre Boulet a aussi évoqué des impacts du télétravail sur les activités commerciales dans les centres-villes.

Un passage presque désert longeant des boutiques.

Le ministre Boulet a souligné les incidences du télétravail sur les activités commerciales connexes autour des tours de bureaux au centre-ville.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour M. Boulet, il faudra aussi se pencher sur cette nouvelle organisation du travail pour voir les répercussions quant aux outils de travail, [à] la protection des renseignements personnels, [à] la santé psychologique, aux accidents de travail, aux maladies professionnelles.

C’est une nouvelle dynamique qui est totalement adaptée à certains environnements ou à la nature de certaines activités de travail, moins adaptée dans d’autres cas.

Jean Boulet, ministre du Travail

Il a indiqué toutefois que les entreprises qui souhaitent un retour des effectifs sur le lieu de travail doivent mettre en place les mesures sanitaires préconisées, dont le respect de la distanciation sociale de deux mètres entre les individus afin de protéger la santé des employés et de la population.

Jean Boulet a également rappelé que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) avait réalisé des outils de sensibilisation et d’information pour soutenir les milieux de travail dans la prise en charge de la santé et de la sécurité du travail.

Quelque 300 inspecteurs de la CNESST ainsi qu'un millier d'agents de prévention seront sur le terrain en soutien aux employeurs.

Une bonne nouvelle pour les commerçants et employeurs

Interrogé sur ce retour des travailleurs au centre-ville de Montréal, le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, s'est dit pleinement satisfait de cette annonce à l'émission Midi Info.

C’est exactement ce qu’on avait en tête, a-t-il déclaré. Depuis plusieurs semaines on avait sondé des gens et des employeurs qui d’eux-mêmes nous avaient contactés et les règles n’étaient pas très claires jusqu’ici. C’était nécessaire d’avoir un signal clair pour retourner] [sur les lieux de travail.

Le 25 % est important, d’après moi c’est suffisant. Je n’ai entendu à peu près aucune entreprise me dire que dans l’immédiat elle voulait aller au-delà de 25 %.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Selon M. Leblanc, environ 5 % des travailleurs sont retournés au centre-ville de Montréal actuellement, ce qui fait extrêmement mal à la base commerciale du centre-ville.

Karl Blackburn, président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), partage aussi ce point de vue et salue la décision de Québec de donner cette lumière au bout du tunnel aux commerçants du centre-ville de Montréal.

Mais bien que le CPQ se dise en accord avec l'annonce de Québec, les patrons auraient aimé voir un peu plus de flexibilité de la part du gouvernement dans l’imposition de ces mesures, peut-on lire dans un communiqué publié mercredi.

Pour le CPQ, l’imposition d'une limite de 25 % des employés n’est pas nécessaire, car certains espaces de travail peuvent déjà permettre une distanciation sociale adéquate répondant aux normes de la CNESST.

Les membres du CPQ demandent donc à Québec de réviser rapidement cette mesure pour donner davantage de marge de manœuvre aux employeurs.

Un retour attendu

Des employés interrogés par Radio-Canada ont quant à eux bien hâte de renouer avec leurs habitudes d'avant la pandémie. C’est le cas d’Ilya Daftari, directeur technologies et données groupe Médias Touché Omnicom. Il est en télétravail, mais il commence à s'ennuyer.

Pour sa patronne, Karine Courtemanche, la vie s'est arrêtée subitement le 13 mars. Depuis, les 215 employés travaillent tous de la maison. Elle admet que le télétravail a fait ses preuves, mais elle a bien hâte de revoir son monde.

Bien d’autres entreprises et gros employeurs vivent cette situation à Montréal, où les rues sont tranquilles, voire désertes cet été.

Au complexe Desjardins par exemple, quelque 150 employés seulement sont présents sur les 6800 habituels.

À la Financière Sun Life, ils sont à peine une quarantaine dans les bureaux, alors qu'habituellement ils sont plus de 2000.

Les 1900 employés de Deloitte sont tous en télétravail; leurs bureaux sont encore fermés.

L'édifice d'Hydro-Québec est, quant à lui, quasi désert. Il y aura un retour au bureau, mais on ne sait pas à quel rythme compte tenu des mesures obligatoires de distanciation physique.

La COVID-19 a tout chamboulé, selon Avison Young

L'année 2020 avait bien commencé pour le secteur des bureaux à Montréal, souligne Avison Young, une entreprise spécialisée entre autres en gestion de projet et en gestion immobilière, dans un rapport sur le marché des bureaux dans le Grand Montréal au printemps 2020.

Alors que les derniers trimestres indiquaient la poursuite du redressement du marché des espaces de bureaux, avec des taux de disponibilité à la baisse et des loyers stables, une bonne activité de construction et plusieurs projets en cours, le monde a été frappé de plein fouet par la pandémie de la COVID-19, résume le rapport.

À la fin du premier trimestre de 2020, le taux de disponibilité du Grand Montréal avait poursuivi sa descente pour atteindre 10,9 %, tandis qu’il se situait à 13,2 % voilà juste une année.

Au centre-ville de Montréal, il était passé de 11,5 % à 8,8 % au cours de la même période.

La nature sans précédent de la crise rend toutefois extrêmement difficile toute prévision sur la gravité, la durée et la nature du ralentissement sur le marché des espaces à bureaux, prévient l'entreprise.

Avec des informations de Jean-Sébastien Cloutier

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