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La reprise sera longue et inégale, prévient le gouverneur de la Banque du Canada

Tiff Macklem s'adresse aux journalistes.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, estime que la relance de l'économie au pays nécessitera des politiques monétaires considérables.

Photo : Radio-Canada

Alors que l’économie canadienne se remet lentement du choc de la pandémie de COVID-19, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, maintient le taux directeur à 0,25 % pour éviter de compromettre la reprise économique qui nécessitera, selon lui, un « support monétaire » considérable.

Aux prises avec l’un des pires bouleversements économiques de l’histoire du pays, le nouveau gouverneur de la banque centrale a visiblement opté pour la prudence et la stabilité.

La dernière modification du taux directeur au pays remonte à mars dernier, quand la Banque du Canada avait réduit son taux à trois reprises pour tenter d’amortir le choc provoqué par la mise en confinement de millions de travailleurs et d’entreprises. En 30 jours, le taux directeur de l'institution était passé de 1,75 % à 0,25 %, du jamais-vu.

La pandémie de COVID-19 a causé une baisse sans précédent de l’activité économique au Canada et la relance nécessitera des politiques de support monétaire considérables.

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada

Nous désirons assurer les Canadiens que la Banque sera là pour assurer un support monétaire le temps qu’il faudra pour assurer la relance jusqu’au retour à une cible d’inflation de 2 %, a déclaré le gouverneur Macklem.

Dans une entrevue accordée au site économique Bloomberg, ce dernier a ajouté que le taux directeur de la Banque du Canada pourrait demeurer à son plus bas niveau, soit 0,25 %, pour au moins deux ans encore où jusqu'à ce que l'objectif d'inflation de 2 % soit atteint. Ce qui ne devrait pas se produire avant 2023, selon M. Macklem.

En plus de maintenir son taux directeur à sa valeur plancher, la Banque du Canada affirme qu’elle poursuivra sa politique d’achat à grande échelle d’obligations du gouvernement du Canada, à raison d’au moins 5 milliards de dollars par semaine pour soutenir le plan de sauvetage de l’économie du gouvernement Trudeau.

La Banque ajoute qu’elle poursuivra également ses achats d’obligations provinciales et de sociétés pour soutenir l’économie et les divers programmes d’aide aux citoyens et entreprises du pays.

Bien que la réouverture des économies soit amorcée, les perspectives à l’échelle mondiale et canadienne sont extrêmement incertaines étant donné l’évolution imprévisible de la pandémie de COVID-19.

Extrait du communiqué de la Banque du Canada

Selon les estimations présentées par la banque centrale, l’activité économique a chuté d'environ 15 % au deuxième trimestre de 2020 par rapport au niveau observé à la fin de 2019.

Il s’agit du plus important recul de l’activité depuis la Grande Dépression, mais d’un recul tout de même beaucoup moins marqué que ne le laissaient entrevoir les scénarios les plus pessimistes présentés dans le RPM d’avril.

Pas de deuxième vague à grande échelle

Dans son Rapport sur la politique monétaire (RPM) de juillet, la Banque s’aligne sur un scénario intermédiaire de croissance mondiale et canadienne plutôt que ses projections économiques habituelles. Ce scénario intermédiaire postule notamment qu’il n’y aura pas de deuxième vague de contagion à grande échelle du coronavirus comme celle que le monde a connue en mars.

Selon le scénario intermédiaire évoqué par la Banque, l’économie mondiale se contractera d’environ 5 % en 2020, puis devrait progresser d’environ 5 % en moyenne en 2021 et en 2022.

Le moment et le rythme de la reprise sont différents d’une région à l’autre, et pourraient être entravés par une recrudescence des infections ainsi que par la capacité limitée de certains pays à contenir le virus ou à soutenir leur économie, prévient cependant l'institution.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, prévoit un retour de la croissance au troisième trimestre de 2020 marqué par une activité intense au début, mais qui s'atténuera par la suite pour adopter une trajectoire plus longue et progressive.

Il faudra beaucoup de temps, selon M. Macklem avant que l'économie revienne au niveau où elle se situait à la fin de 2019.

La pandémie de COVID-19 a entraîné des pertes de production et d’emplois historiques au Canada qui se sont traduites par un recul de 2,1 % du PIB réel au premier trimestre 2020 par rapport au trimestre précédent. Selon le scénario intermédiaire retenu par la BDC, le PIB réel pourrait reculer de plus de 7 % cette année avant de recommencer à croître en 2021.

L'inflation toujours proche du zéro

Pour ce qui est de l'inflation, l’indice des prix à la consommation (IPC) oscille toujours près de zéro au Canada, selon la BDC, en raison notamment du recul important des prix de l'essence et des services de voyage et de transport ces derniers mois.

L’inflation devrait rester faible avant d’augmenter graduellement et de se rapprocher de 2 %, à mesure que l’effet modérateur induit par les bas prix de l’essence et d’autres incidences temporaires se dissipe et que la demande se redresse, réduisant les capacités excédentaires de l’économie, prévoit la Banque du Canada.

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