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La rentrée scolaire devrait peut-être être retardée, selon l'AEFO

Rémi Sabourin en entrevue.

Rémi Sabourin, président de l'AEFO

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Le président de l'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin, se demande si le gouvernement de Doug Ford sera véritablement prêt pour un retour en classe des élèves le 8 septembre.

Le premier ministre Doug Ford a dit encore mardi qu'il privilégiait l'école à temps plein à la rentrée, mais son gouvernement a évoqué trois scénarios possibles, qui inclut aussi un enseignement en ligne uniquement et un modèle hybride. La ou les options retenues, selon les régions, seront annoncées seulement le mois prochain.

Pour le président de l'AEFO, ça laisse peu de temps pour se préparer et former les enseignants sur les nouveaux protocoles contre la COVID-19.

Il affirme que la « priorité absolue » devrait être la santé et la sécurité du personnel et des élèves, quitte à retarder la rentrée de quelques jours, voire même d'une semaine, si nécessaire.

Ma plus grande crainte, c'est vraiment qu'on précipite les choses, parce qu'il faut qu'on soit devant les élèves le 8 septembre. Ça, ça me fait peur.

Rémi Sabourin, président de l'AEFO

M. Sabourin souligne que les élèves n'ont pas eu de cours en classe depuis la mi-mars, alors, à son avis, ce ne sont pas quelques jours de plus qui feraient une grande différence.

De son côté, le Conseil scolaire public anglais de Toronto (TDSB) prévoit transférer une journée pédagogique prévue normalement en juin au début septembre pour donner plus de temps aux enseignants de se préparer à la rentrée.

M. Sabourin privilégie lui aussi un retour en classe à temps plein, mais note que ce ne sera peut-être pas possible dans toutes les régions, selon le taux d'infection au coronavirus.

Il croit que le gouvernement Ford a fait « fausse route » en ne mettant pas fin à l'année scolaire plus tôt en juin, afin de commencer à planifier dès ce moment-là la rentrée.

Il affirme aussi que la province devrait retarder d'un an l'implantation du nouveau programme de mathématiques, parce que ce n'est pas le bon moment, selon lui, de lancer un nouveau programme avec toutes les perturbations liées à la pandémie.

Masque à l'école?

M. Sabourin dit qu'il laisse le soin au médecin hygiéniste en chef de l'Ontario de faire des recommandations quant au port du masque en classe.

Toutefois, il affirme « qu'on se dirige vers ça », si l'on se fie aux Villes qui sont de plus en plus nombreuses à imposer le port du couvre-visage dans les lieux publics intérieurs.

J'ai de la difficulté à voir pourquoi les écoles ne feraient pas partie de ce groupe de lieux publics où [le masque] est obligatoire.

Rémi Sabourin, président de l'AEFO

Cela dit, le Québec, qui a annoncé récemment que le masque serait obligatoire dans les lieux publics fermés, a exclu les écoles primaires et secondaires de cette directive.

Alors que certains suggèrent d'embaucher plus de personnel pour diviser les groupes et favoriser la distanciation physique en classe, M. Sabourin croit que ce ne serait pas vraiment possible dans les écoles françaises, parce qu'il y a déjà une pénurie d'enseignants francophones en Ontario.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

D'autres syndicats critiques du gouvernement

La Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO) dit que le gouvernement doit accorder un financement supplémentaire aux conseils scolaires pour un retour en classe à temps avec distanciation physique, ce qui nécessite des espaces supplémentaires et possiblement plus de personnel, selon le syndicat.

Si le modèle hybride est retenu, ajoute la FEEO, on ne devrait pas demander au même enseignant de faire son cours en classe tout en s'occupant au même moment de l'autre moitié de la classe qui suivrait son enseignement en ligne de la maison.

L'Association des enseignants catholiques anglophones (OECTA) prône aussi un retour en classe à temps plein en septembre, mais demande des directives claires du gouvernement.

Plus ils continueront à prétendre qu'ils ont présenté un plan et qu'ils investissent dans les écoles, pire ce sera pour tous les Ontariens, affirme la présidente de l'OECTA, Liz Stuart. Un véritable plan de réouverture des écoles doit inclure de nouveaux investissements importants pour garantir la sécurité, l'inclusion et la productivité dans les écoles.

Le bureau du ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, n'a pas répondu à notre demande de commentaires pour l'instant.

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