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Une conférence de presse de Trump sur la Chine convertie en discours de campagne

Devant des drapeaux américains, le président Trump, le bras levé, s'adresse aux journalistes, qu'on voit de dos.

Le président a donné sa conférence de presse depuis la roseraie de la Maison-Blanche.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Au cours d'une conférence de presse devant être consacrée à la Chine, le président Trump a rapidement cédé sa place au candidat républicain à la présidence, mardi, multipliant les attaques à l'endroit de son rival démocrate Joe Biden et abordant les sujets les plus divers.

Le cadre était officiel : le président était dans la roseraie de la Maison-Blanche pour annoncer la signature d'un décret mettant fin au régime économique préférentiel accordé par les États-Unis à Hong Kong et d'une loi prévoyant des sanctions contre Pékin dans la foulée de l'adoption par la Chine d'une loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong.

Aujourd’hui, j’ai signé une loi et un décret pour faire rendre des comptes à la Chine en raison de sa répression de la population de Hong Kong, a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse décousue ayant duré une heure.

Mais le sujet du jour a promptement été évacué au profit d'attaques multiples contre le candidat démocrate à la présidence pressenti.

Toute sa carrière a été un cadeau au Parti communiste chinois, a-t-il dit notamment de Joe Biden.

Joe Biden et le président Obama ont librement permis à la Chine de piller nos usines, de piller nos communautés et de voler nos secrets les plus précieux. Et j'y ai mis un terme, a-t-il soutenu, critiquant le bilan commercial des États-Unis sous l'administration démocrate qui a précédé la sienne.

Le président sortant a également reproché à Joe Biden son soutien pour l'Accord de Paris sur le climat, dont les États-Unis entendent désormais se retirer sous l'impulsion du président, affirmant aussi, entre autres choses, qu'il avait négligé les infrastructures.

L'accusant d'avoir dérivé vers la gauche radicale, Donald Trump, qui se pose fréquemment en président de l'ordre public, a notamment affirmé, erronément, que son rival voulait cesser de financer l'armée et que ses politiques auraient pour effet d'abolir les banlieues.

Il n'y a jamais eu un moment où les candidats [à la présidence] étaient si différents. Nous voulons la loi et l'ordre. Ils ne veulent pas la loi et l'ordre.

Donald Trump

Donald Trump a en outre résumé à sa façon le plan de son rival sur les énergies renouvelables, qui prévoit notamment la construction de logements à basse consommation d’énergie : Cela veut essentiellement dire pas de fenêtre, rien.

Où est Hunter Biden?, a-t-il par ailleurs demandé, évoquant au passage la firme ukrainienne Burisma pour laquelle travaillait le fils du candidat démocrate et faisant ainsi écho à une théorie du complot ayant mené à l'enquête, puis au procès en destitution du président.

Il a aussi affirmé que l'ex-vice-président avait soutenu la gestion de la pandémie de coronavirus par la Chine, même si Joe Biden avait au contraire dit qu'il ne croirait pas Pékin sur parole à une époque où Donald Trump vantait le travail de la Chine.

Pendant le monologue du président, l'équipe de Joe Biden a contre-attaqué en envoyant aux reporters un courriel dans lequel elle reprochait au président de ne pas s'être montré ferme devant la Chine au début de la pandémie, selon le Washington Post.

Donald Trump est occupé à essayer de réécrire sa misérable histoire de président en cédant à chaque instant devant le président Xi et le gouvernement chinois, mais il a beau essayer, Trump ne peut pas cacher son bilan marqué par la faiblesse et de mauvais accords qui placent constamment la Chine en premier et l'Amérique en dernier.

Deux des trois réseaux câblés qui transmettaient en direct la conférence de presse, CNN et MSNBC, ont cessé leur diffusion après qu'il fut devenu évident que l'événement se transformait en discours de campagne.

Fox News a cependant continué sa diffusion en direct, mais le chef d'antenne Bret Baier a malgré tout signalé le ton particulier utilisé par Donald Trump.

Par le passé, les présidents se sont traditionnellement tenus loin d'une rhétorique ouvertement partisane [lors de discours] dans la roseraie ou à la Maison-Blanche, mais c'est à la discrétion du président. Cela vaut la peine de noter, toutefois, pour être équitable, que si le président Obama avait fait ce discours depuis la roseraie, les républicains de la colline du Capitole se seraient probablement insurgés, a déclaré le journaliste à l'issue de la conférence de presse.

Du coq à l'âne

Parlant pendant une cinquantaine de minutes avant de répondre à quelques questions des journalistes, le président sortant a abordé les sujets les plus divers, reprenant des thèmes de prédilection qu'il aborde habituellement pendant ses rassemblements, des médias aux marchés en passant par le désastre et la criminalité dans les villes menées par des démocrates en passant par l'immigration illégale et le mur.

En passant, le mur vient tellement à point parce qu'il a empêché les gens venant de zone du Mexique lourdement infectées [par le coronavirus] d'entrer [aux États-Unis]. [Sans cela], nous serions en difficulté comme vous ne pourriez pas le croire.

Donald Trump

Parlant à peine de la pandémie qui a tué plus de 139 000 Américains, il a réitéré que le nombre élevé de nouveaux cas de coronavirus était attribuable aux capacités de dépistage des États-Unis, même si le nombre d'hospitalisations et le taux de mortalité sont eux aussi en hausse à l'échelle nationale.

Les États-Unis recensent au moins 3,5 millions de cas de coronavirus et plus de 139 000 morts, selon le site Worldometers, ce qui les place sur la liste des 10 pays comptant le plus de victimes en fonction de leur population.

Vantant sa fermeté dans les négociations commerciales avec l'Europe, le président Trump a par ailleurs soutenu que l'Union européenne avait été créée pour profiter des États-Unis.

Vantant ses bons résultats dans les vrais sondages, il s'est dit confiant de remporter la présidentielle.

Selon la moyenne des sondages compilés par le site FiveThirtyEight, spécialisé dans le journalisme de données, Joe Biden mène par 9 points de pourcentage devant Donald Trump à l'échelle nationale. Il est également en avance dans la majorité des États qui détermineront l'issue de la course, comme le Michigan et la Floride.

Avec les informations de New York Times, et Washington Post

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