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Protéger les caribous des prédateurs n’a pas ralenti leur déclin

Deux caribous.

Des chercheurs soutiennent que la principale menace pour le caribou forestier est la destruction de son habitat et non les prédateurs.

Photo : Katrina Noel

Les mesures prises pour protéger le caribou forestier de ses prédateurs comme l’abattage des loups et la construction d’enclos de maternité n’ont pas ralenti le déclin du caribou forestier en Colombie-Britannique et en Alberta, selon une nouvelle étude conjointe de l’Université de l’Alberta, de l’Université de Victoria et de l’Université de la Colombie-Britannique.

Les auteurs de la nouvelle étude ont réexaminé les données d’une étude publiée en 2019 dans le journal scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), selon laquelle l’abattage des loups et la construction d’enclos pour permettre aux caribous de donner naissance à leurs petits loin des prédateurs permettraient de freiner le déclin du caribou forestier.

Selon eux, les données examinées ne démontrent pas l'efficacité des méthodes de gestion des prédateurs.

Ils affirment, entre autres, que certaines des populations de caribous qui connaissent les déclins les plus rapides se trouvent dans le sud de la Colombie-Britannique, où les loups ne font pas partie de leurs principaux prédateurs.

Peu importe la manière dont on fait les calculs, les statistiques ne justifient pas l’abattage des loups et la construction d’enclos, affirme Viktoria Wagner, professeure adjointe au département de biologie de l’Université de l'Alberta et coauteure de l’étude, dans un communiqué de presse.

Des stratégies gouvernementales inefficaces?

La nouvelle étude soutient que, non seulement elles sont inefficaces, mais les stratégies de gestion des prédateurs employées par certains gouvernements provinciaux comme ceux de l'Alberta et de la Colombie-Britannique ne prennent pas en considération tous les facteurs responsables du déclin du caribou forestier.

Il y a un consensus selon lequel la cause ultime du déclin du caribou forestier est la destruction de son habitat dû à la déforestation et à l’exploitation pétrolière, ainsi qu’à des dynamiques complexes entre les prédateurs et les proies, affirme Chris Darimont, professeur au département de géographie de l'Université de Victoria, en Colombie-Britannique, et coauteur de l’étude.

Les forêts permettent aux caribous de se protéger des loups et les tiennent à l’écart d’autres proies comme les élans, les orignaux et les chevreuils. Sans elles, les caribous doivent se déplacer constamment pour trouver de la nourriture, ce qui les expose à toutes sortes de dangers. Les prédateurs ne sont que l’un d’entre eux, explique quant à lui Lee Harding, un biologiste de Service canadien de la faune à la retraite et un des coauteurs de l’étude, dans un communiqué de presse.

Chris Darimont et ses collègues remettent en cause les résultats de l'étude publiée dans le PNAS qui ont aidé à donner de la légitimité aux stratégies de contrôle des prédateurs.

Cela a permis de détourner le peu d’attention qui était accordée à la protection de l’habitat vers l’abattage des loups, qui, on le sait maintenant, est inefficace,

Chris Darimont, coauteur de l’étude

Selon le gouvernement albertain, depuis 2005, près de 1500 loups ont été tués, la plupart par empoisonnement ou par balles.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada en janvier, Dave Hervieux, spécialiste du caribou des bois au gouvernement albertain, soutenait que le programme de gestion des loups a freiné le déclin des caribous presque instantanément, mais qu’il ne s’agit pas d’une solution durable.

Le rapport du plan provincial de rétablissement du caribou de la Colombie-Britannique pour l’année 2017-2018 indique pour sa part que la province a fourni 2 millions de dollars à la Habitat Conservation Trust Foundation pour soutenir des projets de restauration de l'habitat du caribou.

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Alberta

Protection des espèces