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Comment se portera le tourisme dans l’Est-du-Québec sans visiteurs internationaux?

Du bois sur la grève et des îles en arrière plan

Le parc national du Bic attire de nombreux visiteurs québécois et étrangers.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

Si l’industrie touristique de l’Est-du-Québec a pu se déconfiner à temps pour la saison estivale, elle pourrait accueillir jusqu’à 27 % moins de visiteurs cette année en raison de la pandémie.

Actuellement, les frontières canadiennes sont toujours fermées aux touristes internationaux. S’il est prévu qu’elles ouvrent le 31 juillet, Ottawa peut toujours repousser cette date, comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis le début de la crise sanitaire.

Dans l’Est-du-Québec, la proportion de visiteurs étrangers varie d’une région à l’autre. Alors qu’elle s’élève à 12 % au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, plus du quart des visiteurs de la Côte-Nord proviennent de pays étrangers.

La majorité des touristes étrangers accueillis chez nous proviennent de l’Europe et des États-Unis.

Or, l'ouverture de la frontière canado-américaine a de nouveau été retardée d'au moins un mois, alors que plusieurs états américains enregistrent une flambée des cas de COVID-19.

Une croisière aux baleines à Tadoussac

À Rivière-du-Loup, Croisières AML a suspendu ses croisières aux baleines, puisque 80 % de sa clientèle provient de l'Asie (archives).

Photo : Radio-Canada

Les restrictions entre les provinces canadiennes auront elles aussi un impact dans l’Est, puisque la proportion de touristes provenant d’ailleurs au Canada oscille entre 5 % sur la Côte-Nord et 14 % au Bas-Saint-Laurent. La Gaspésie pourrait être la région qui s’en tire le mieux, puisque bon an mal an, environ 80 % des personnes qui la visitent sont des Québécois.

Une soixantaine d’entreprises fermées

Alors que la pandémie force les entreprises touristiques à limiter leur nombre de visiteurs et à adopter différentes mesures sanitaires, au moins une soixantaine d’entre elles ont pris la décision de ne pas ouvrir leurs portes cette année, selon les données de Tourisme Bas-Saint-Laurent et Tourisme Côte-Nord. Tourisme Gaspésie n’était pas en mesure de nous fournir ces données.

Le phare du Site historique maritime de la Pointe-au-Père

Le phare de Parcs Canada, à proximité du Site historique maritime de la Pointe-au-Père, est fermé pour la saison (archives).

Photo : Radio-Canada

Les Québécois à la rescousse

Ces fermetures temporaires peuvent sembler inquiétantes, mais malgré cela, l’afflux de visiteurs québécois pourrait peut-être permettre à certains établissements touristiques de connaître une saison correcte, malgré le contexte.

Un regain d’intérêt pour le camping et les locations de chalets a déjà été observée, sans compter le fait que les Québécois peuvent difficilement sortir du pays actuellement.

Une Westfalia stationnée dans un espace vague, près du bord de l'eau.

Le camping, que ce soit dans des lieux officiels ou non autorisés, a la cote cette année dans l'Est-du-Québec.

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

On ne peut pas entrer [au Canada], mais on ne peut pas en sortir non plus, rappelle le maire de Tadoussac, Charles Breton.

Sa municipalité, dont plus de 60 % des visiteurs proviennent habituellement de pays étrangers, semble accueillir davantage de Québécois cette année.

Beaucoup de Québécois qui vont normalement vers les plages du Maine se tournent vers le Québec, dit-il.

La semaine, c’est plus calme, mais la fin de semaine, on sent qu’il y a beaucoup de monde (...) on voit les gens des régions autour.

Une citation de :Charles Breton, maire de Tadoussac

Le même scénario est observé à la Sépaq, où toutes les réservations de touristes hors Québec (qui représentent 15 % de la clientèle) ont été annulées au cours des derniers mois.

Parc de la Gaspésie

Parc national de la Gaspésie (archives)

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

L'engouement de la clientèle québécoise pour les destinations de la Sépaq cet été permet toutefois de compenser ces annulations, précise le responsable des relations avec les médias, Simon Boivin.

Reste à savoir si les Québécois pourront aussi compenser les pertes encourues dans le reste de l’industrie touristique, puisqu'ils dépensent en général moins d’argent que les touristes étrangers, et leurs séjours durent moins longtemps.

Dépenses moyennes et durée de séjour des touristes au Québec, selon la provenance

  • Touristes québécois : 187 $ (2,5 jours)
  • Touristes des autres provinces canadiennes : 353 $ (3,1 jours)
  • Touristes américains : 798 $ (4,2 jours)
  • Touristes d’autres pays : 1242 $ (12,3 jours)

Source : ministère du Tourisme du Québec

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