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Les Québécois, pas les premiers à porter le masque... et pas les derniers non plus

Des femmes et des hommes portant ou non un couvre-visage circulent  dans une rue de Téhéran.

En Iran, le port du couvre-visage est maintenant obligatoire dans les lieux publics fermés.

Photo : Getty Images

Il n'y a pas qu'au Québec que les autorités en sont venues à rendre obligatoire le port du masque dans les lieux publics. Ailleurs dans le monde, un nombre croissant de gouvernements imposent à leur tour cette mesure dans le but d'éviter une recrudescence des cas de contamination par le coronavirus. Tour d'horizon.

Après des semaines de pressions sociales et politiques sur son gouvernement, le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé lundi que toute personne de plus de 12 ans devra porter un couvre-visage dans les lieux publics clos, et ce, à compter de samedi prochain.

Dans les transports en commun, le port du couvre-visage est déjà obligatoire, mais les usagers disposent d'une période de grâce. À partir du 27 juillet, toutefois, ceux qui ne porteront pas de couvre-visage ne pourront pas monter à bord du métro et des autobus.

Aucune autre province canadienne n'a imposé le port du masque. Certaines villes ontariennes ont toutefois adopté des règlements qui le rendent obligatoire dans les lieux publics intérieurs. C'est le cas de Toronto, Kingston, Windsor, Mississauga, Brampton, Caledon et de la région de Durham.

Trump et Johnson l'ont porté

Dans le monde, les discussions autour du port du masque ont pris une autre tournure depuis que des dirigeants comme Donald Trump, aux États-Unis, et Boris Johnson, au Royaume-Uni, sont pour la toute première fois apparus en public avec un couvre-visage.

Par le passé, M. Trump ne s'était pourtant pas privé de ridiculiser le port du masque.

Quant à M. Johnson, son gouvernement s'était longtemps montré réticent à recommander le port du couvre-visage, alors que d'autres pays d'Europe, eux, le préconisaient.

C'est désormais chose du passé : à partir du 24 juillet, il sera obligatoire de revêtir le masque dans les magasins et les supermarchés en Angleterre, le tout afin d'éviter une reprise de l'épidémie de COVID-19. Dans les transports en commun, cette obligation s'applique depuis le 15 juin.

Alors que nous rouvrons les magasins, nous devons assurer la sécurité de nos commerçants, a déclaré devant le Parlement le ministre de la Santé, Matt Hancock.

Ce dernier affirme que les caissiers et les agents de sécurité ont souffert de manière disproportionnée de la crise engendrée par le coronavirus. Les groupes exerçant ces métiers affichent une mortalité de 60 à 75 % plus élevée que le reste de la population britannique. À ce jour, la COVID-19 a tué plus de 44 500 personnes dans le pays.

Un passant arbore un couvre-visage et passe devant la vitrine d'un magasin à Londres.

Un passant devant la vitrine d'un magasin à Londres le 14 juillet 2020.

Photo : Associated Press / Frank Augstein

Le souhait de Macron

En France, l'épidémie de coronavirus repart quand même un peu, selon le président Emmanuel Macron, qui souhaite qu'on rende obligatoire le masque dans tous les lieux publics clos.

Lors d'une entrevue télévisée accordée mardi, à l'occasion de la fête nationale de la France, le président a évoqué la date du 1er août pour la mise en oeuvre de cette mesure.

On le fait dans les transports, ça marche très bien, mais c'est un peu erratique dans les lieux publics clos [...] ça veut dire qu'il faut que les choses s'organisent, a expliqué M. Macron.

À ce jour, la COVID-19 a tué plus de 30 000 personnes en France. Samedi dernier, quatorze médecins de renom ont réclamé le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics clos pour éviter que l'épidémie ne reparte dans l'Hexagone.

Nous devons prévenir et nous préparer à un redémarrage de l'épidémie, a souligné le président Macron. Nous serons prêts, a-t-il assuré.

Mon bikini, mon masque

En Andalousie, tout au sud de la péninsule ibérique, les autorités régionales ont approuvé des mesures, dont le port obligatoire du masque, tant dans les endroits clos qu'ouverts, y compris les plages et les piscines. Le masque peut être retiré lors de la baignade seulement. Les contrevenants encourent des amendes allant jusqu'à 155 $ CA.

Au Mexique, il faut obligatoirement porter le masque dans une douzaine d'États, et dans la ville de Mexico, tant dans les lieux publics que dans les transports en commun. Lundi, le nombre total de cas de COVID-19 a franchi la barre des 300 000 dans ce pays. Le nombre de personnes ayant succombé à la maladie frôle les 35 500.

Une serveuse portant un couvre-visage et une visière apporte un plat sur un plateau à un client dans un restaurant.

Une serveuse apporte un plat à un client dans un restaurant de Mexico, le 1er juillet 2020.

Photo : Associated Press / Eduardo Verdugo

C'est en Afrique du Sud que le coronavirus a connu l'une des plus importantes éclosions dans le monde.

Depuis peu, dans ce pays, non seulement doit-on porter le masque dans les endroits publics, mais il faut aussi respecter un moratoire sur les ventes d'alcool et un couvre-feu. À elle seule, la province de Gauteng, où se trouvent Johannesburg et Pretoria, regroupe plus du tiers des quelque 288 000 cas de COVID-19 du pays.

Le Liban sur la pente raide

Au Liban, le couvre-visage est obligatoire depuis le 29 mai. Et un contrôle plus strict est envisagé, car ce pays connaît un record de contaminations par le coronavirus, avec 252 cas enregistrés le week-end dernier. Les autorités libanaises tentent d'éviter d'entrer dans la phase quatre, soit celle de la transmission dans la communauté. Le pays se trouve sur la pente raide de l’épidémie, selon le Dr Jacques Mokhbat, spécialiste en maladies infectieuses et membre de la commission nationale chargée de la lutte contre la COVID-19.

L'Iran, de loin le pays le plus touché du Proche et du Moyen-Orient, a imposé le port du couvre-visage dans les lieux publics fermés. Plus encore, mardi, le ministère iranien de la Santé a annoncé la fermeture à Téhéran des gymnases, piscines, zoos et cafés, et ce, afin d'endiguer l'épidémie qui gagne du terrain dans le pays.

Le bilan officiel de la pandémie en Iran est de 13 211 morts et, mardi, le ministère iranien de la Santé a fait l'annonce de 179 nouveaux décès.

Melbourne, un cas à part en Australie

En Australie, les autorités ne recommandent pas aux personnes en santé de porter le masque et affirment qu'une personne le portant incorrectement peut accroître le risque d'être contaminée par la COVID-19.

Toutefois, le message a changé dans l'État de Victoria où les résidents de la capitale administrative, Melbourne, sont forcés au confinement jusqu'au 19 août. Samedi dernier, le premier ministre de cet État, Daniel Andrews, a encouragé ses concitoyens à porter le couvre-visage dans les endroits où il leur est impossible de maintenir la distanciation physique.

Le premier ministre australien, Scott Morrison, a jugé bon de préciser que cette recommandation ne s'appliquait pas à l'ensemble du pays.

Le Victoria fait face, depuis la mi-juin, à une hausse de la transmission communautaire de la COVID-19. À Melbourne, des policiers surveillent même spécifiquement les 3000 résidents de neuf tours de logement social.

Dans ces tours d'habitation, ces restrictions sévères sont nécessaires en raison des habitudes de déplacement et de rassemblement familiaux et amicaux, selon le premier ministre Andrews,

Ces immeubles, rapporte le quotidien britannique The Guardian, abritent un haut pourcentage de nouveaux arrivants, d'Autochtones, de gens aux prises avec des problèmes de santé mentale et de familles marquées par la violence et la précarité.

Des résidents de ces tours ont confié au Guardian qu'ils se sentaient ostracisés par ces mesures et intimidés par la forte présence policière.

Un usage grandissant

Un peu partout dans le monde, le nombre de gouvernements recommandant aux citoyens de porter le masque n'a cessé de croître ces derniers mois, selon un groupe de chercheurs qui sont en faveur du port du masque pour contrer la propagation de coronavirus.

Ce groupe, Masks4All (Masques pour tous) signale qu'à la mi-mars, une dizaine de pays recommandaient le port du masque. Actuellement, ce nombre s'élève à 130 pays et à 20 États des États-Unis.

Et comme le rapportait la BBC en mai dernier, sortir de chez soi sans masque à Hong Kong, à Séoul ou à Tokyo vous méritera de nombreux regards de désapprobation. Dans certaines régions de la Chine, vous risquez carrément l'arrestation. Et à Singapour, où l'on avait dans un premier temps découragé les gens de porter le couvre-visage, il est maintenant obligatoire, faute de quoi vous pouvez vous voir coller une amende salée.

Avec les informations de Agence France-Presse, L'Orient-Le Jour, ABC Australia, Associated Press, The Guardian, BBC, et Mexico News Daily

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