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Des policiers ont surveillé sans autorisation l'ancienne ministre de l'Environnement

La ministre de l'Environnement de l'Alberta Shannon Phillips.

Shannon Phillips a été ministre de l'Environnement en Alberta de 2015 à 2019.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Équipe d'intervention de l'Alberta en cas d'incident grave (ASIRT) enquête sur le comportement de deux policiers de Lethbridge qui ont admis avoir surveillé l’ancienne ministre de l’Environnement, Shannon Phillips, sans autorisation en 2017.

L'ASIRT devra déterminer si les deux agents ont eu des comportements criminels ou non dans cette affaire.

En avril 2017, le sergent Jason Carrier et l’agent Keon Woronuk ont suivi et photographié l’ancienne ministre néo-démocrate pendant et après une rencontre dont le but était de parler de la protection environnementale dans la région de Castle, dans le sud-ouest de l’Alberta.

Les deux hommes avaient des liens avec cette communauté. Tous les deux étaient mécontents du projet du Nouveau Parti démocratique (NPD) de limiter l’accès aux véhicules dans cette zone fragile sur le plan écologique.

Après la décision suivant une audience disciplinaire, le sergent Jason Carrier et l’agent Keon Woronuk ont été temporairement rétrogradés le 9 juin.

L’agent de l’audience a déterminé que de multiples infractions aux règlements de la police avaient été commises. Les policiers ont donc été accusés d’avoir utilisé leur fonction pour leur avantage personnel ou celui d’une autre personne, de corruption, de conduite répréhensible et de supercherie.

Des raisons politiques

L’agent Woronuk a admis que ses actions avaient été motivées par des raisons personnelles et par ses opinions politiques.

Un agent de police doit être vu comme impartial dans l'exercice de ses fonctions. Ces policiers ont mis leurs intérêts personnels avant leur serment professionnel et leurs responsabilités, a écrit le surintendant Paul Manuel dans sa décision.

Après avoir reconnu les faits reprochés, le sergent Keon Woronuk sera rétrogradé pendant deux ans. Il passera d’agent supérieur à agent de première classe. Quant à Jason Carrier, il sera rétrogradé de sergent à agent principal pendant un an.

Complètement inacceptable, selon Jason Kenney

Le ministre de la Justice, Doug Schweitzer, s’est dit consterné sur Twitter lundi soir. Il assure qu'il n'avait pas eu vent de l’incident et que le gouvernement n’était pas impliqué dans l’enquête sur les normes professionnelles.

Dire qu'il est tout à fait inacceptable que des membres de la police exercent une surveillance non autorisée sur une personne en Alberta, particulièrement un élu, est un euphémisme, écrit Doug Schweitzer sur son compte.

Lundi soir, la députée de Lethbridge-Ouest, Shannon Phillips, a aussi réagi pendant une conférence de presse. Si un agent de cette ville place quelqu’un sous surveillance parce qu’il n’est pas d’accord avec lui, qu’est-ce que cela signifie pour la sécurité de la communauté?, a demandé la néo-démocrate.

Nous faisons confiance aux policiers pour protéger nos communautés. Nous ne nous attendons pas à ce qu’ils représentent ce genre de menace ou qu’ils utilisent leur autorité pour intimider un élu.

Shannon Phillips, députée néo-démocrate

La députée a indiqué avoir seulement été mise au courant de la rétrogradation des agents dimanche. Elle demande à Doug Schweitzer de nommer un enquêteur spécial pour se pencher sur cette affaire.

Sur les réseaux sociaux, le ministre dit qu'il a déjà demandé à son équipe de trouver un procureur à l'extérieur de la province, si l'ASIRT avait besoin d'un avis juridique pour mener son enquête ou porter des accusations.

Également sur Twitter, le premier ministre Jason Kenney s’est dit outré par les événements. Il a félicité son ministre de la Justice d'avoir pris des mesures rapides.

Les services de police impliqués dans la procédure disciplinaire n’ont pas encore fait de commentaires dans les médias.

La police réagit

Dans un communiqué mardi matin, le chef Scott Woods de la police de Lethbridge écrit que les actions des deux agents ne peuvent être excusées. 

Bien que les policiers sanctionnés aient reconnu leurs erreurs, poursuit-il, cela n’enlève pas l’embarras et la honte ressentie par [la police municipale] ou la colère justifiée de Mme Phillips et d’autres membres de la communauté qui ont le droit de s’attendre à beaucoup plus du service de police.

Même si ces agents ont failli à leur devoir, cet échec ne reflète pas les valeur et le devoir du service de police envers la communauté, conclut le chef.

Avec les informations de Pamela Fieber

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