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Ke Ola : un café en hommage à la vie de son père

Un homme avec un tablier de cuisinier.

Kevin-Koudbi Lapierre se retrouve, à 25 ans, à la barre de son propre restaurant, Ke Ola.

Photo : Avec la gracieuseté de Kevin-Koudbi Lapierre

« Ke ola » veut dire « la vie » en hawaïen. Et Kevin-Koudbi Lapierre constate qu’elle est pleine de surprises : comme celle de se retrouver, à 25 ans, à la barre de son propre restaurant. Entre l’arrêt de ses études pour s’occuper de son père mourant en 2015 et la pandémie actuelle, qui aurait cru qu’il réaliserait le rêve de celui qui lui a transmis la passion du café?

Kevin-Koudbi Lapierre s’étonne encore du parcours qui l’a mené, le 24 juin dernier, à la réouverture de son restaurant Ke Ola Café poké bar sur la rue Principale du secteur Aylmer.

Moi, j’ai commencé à boire du café le jour où j’ai perdu mon père [en décembre 2016] et je n’ai jamais arrêté.

Kevin-Koudbi Lapierre, propriétaire du Ke Ola Café poké bar

Ke Ola se spécialise dans la confection de bols de poké et de thé aux perles (bubble tea), une boisson taïwanaise à base de thé à laquelle on mélange du lait ou du jus ainsi que des grains de tapioca.

C’est toutefois le café qui trône au sommet du menu de l’entrepreneur gatinois depuis l’ouverture de son établissement en septembre 2018.

Deux bols, deux tasses en plastique remplies de thé froid et un beignet au chocolat.

Des bols de poké et des thés perlés du menu Ke Ola Café poké bar.

Photo : Facebook / Ke Ola café poké bar

La petite machine à espresso

Kevin-Koudbi Lapierre décrit son père comme un grand amoureux de café pouvant boire jusqu’à huit espressos quotidiennement. Les grains parfumés embaumaient la maison familiale, puisque la précieuse machine de ce dernier fonctionnait presque toute la journée.

Il disait qu’elle était pas mal spéciale. Il ne me laissait pas y toucher!, raconte son fils en riant.

Alain Lapierre était connu dans la région de la capitale nationale pour son implication dans l’aide humanitaire internationale. Il a prêté main-forte outre-mer durant plus de 25 ans et a notamment assumé les fonctions de chef de l'équipe d'urgence de CARE Canada après le séisme qui a fait plus de 4000 morts au Népal en 2015.

Le père de Kevin-Koudbi portant un chapeau et des verres fumés sur un bateau.

« [Mon père] a toujours fait du café tout au long de la journée », se rappelle Kevin-Koudbi Lapierre, qui voudrait bien « retaper » la machine de son père un jour.

Photo : Avec la gracieuseté de Kevin-Koudbi Lapierre

En 2015, le jeune homme apprenait que son père, atteint d’un cancer de stade 4, n’avait plus qu’une année à vivre. Sans regarder en arrière, il a fait ses valises et a quitté Québec – là où il avait entamé des études en cinématographie à l’Université Laval – pour revenir en Outaouais s’occuper de lui.

À son décès, à la fin de l’année 2016, Kevin-Koudbi Lapierre a rassemblé ses économies pour se lancer dans l’aventure Ke Ola, faisant sien le rêve de son paternel qui aurait tant aimé ouvrir son propre café.

Le jeune homme et son père donnent un baiser sur la joue à la petite fille assise entre eux.

Kevin-Koudbi Lapierre en compagnie de sa petite soeur et de son père.

Photo : Avec la gracieuseté de Kevin-Koudbi Lapierre

Café, café… C’est seulement le café que j’avais en tête après qu’il soit parti.

Kevin-Koudbi Lapierre, propriétaire du Ke Ola Café poké bar

Le café et comptoir de bols de poké a initialement ouvert ses portes presque deux ans plus tard sur la rue Eddy, dans le secteur de Hull.

C’est sûr que c’est exigeant, surtout la première année. Il y a beaucoup de moments où il faut se surpasser soi-même, reconnaît l’entrepreneur. Mais après, c’est très gratifiant. Je travaille pour les gens.

Les deux hommes sourient devant l'entrée du restaurant. Kevin-Koudbi porte un tablier et un chapeau de chef.

Le propriétaire de Ke Ola, Kevin-Koudbi Lapierre, et le député de Hull-Aylmer, Greg Fergus, à l'ouverture du restaurant en 2018.

Photo : Avec la gracieuseté de Kevin-Koudbi Lapierre

Nouvelle étape, nouvelle adresse

En raison de la pandémie, le café Ke Ola a lui aussi subi les contrecoups d’un Vieux-Hull déserté par les fonctionnaires fédéraux.

Le propriétaire admet qu’il a dû songer rapidement à déménager son restaurant. Le plus important, c’est de se bâtir une clientèle très forte. Mais de le faire durant son troisième hiver avec une pandémie, c’était une mission-suicide, déclare Kevin-Koudbi Lapierre.

Et pourtant, le 24 juin, le public lui a souhaité la bienvenue en faisant la file devant son nouvel emplacement dans le secteur d'Aylmer.

Des gens font la file devant le commerce.

Il y avait tellement de gens à la réouverture du Ke Ola, dans le secteur d'Aylmer, que le café a dû fermer temporairement son service de commandes en ligne pour pouvoir servir les clients qui s'étaient déplacés.

Photo : Facebook / Ke Ola café poké bar

Surpris mais heureux de l’accueil que lui ont réservé les gens du secteur qui l’a vu grandir, Kevin-Koudbi Lapierre a bon espoir que son rêve aura une suite tout aussi rayonnante.

Quant à la petite machine à espresso qui a tout inspiré, elle brille bien sagement sur le coin du comptoir de l’entrepreneur. Un jour, il la remettra en marche et pourra lever sa tasse. « Ke ola! »

Avec la collaboration de Samuel Blais-Gauthier et de Jean-François Chevrier

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