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Des chefs de police de la N.-É. souhaitent décriminaliser la possession simple de drogue

Un policier de dos, la main posée sur sa voiture de patrouille de la GRC.

Un policier de la Gendarmerie royale du Canada

Photo : Radio-Canada / CBC / Paul Palmeter

Radio-Canada

L'Association des chefs de police de la Nouvelle-Écosse emboîte le pas à son homologue fédéral et demande à Ottawa de décriminaliser la possession simple de drogues illicites pour consommation personnelle.

La semaine dernière, le président de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP) a déclaré que le Canada devrait centrer son approche sur les soins de santé plutôt que sur l'application de la loi.

Être dépendant d’une substance interdite n'est pas un crime et ne devrait pas être traité comme tel, a déclaré le président en chef de l'ACCP, Adam Palmer.

C'est une mesure très progressive et elle serait très utile aux citoyens les plus à risque de la province.

Julia Cecchetto, présidente de l'Association des chefs de police de la Nouvelle-Écosse et cheffe du service de police de Kentville

Cette prise de position n’est pas nécessairement incompatible avec ce que les forces de police font présentement, dit-elle, ajoutant qu’il arrive fréquemment que les policiers saisissent de la drogue sans porter d'accusation contre la personne. Je pense que les policiers ont toujours eu une telle discrétion.

Cela mettra simplement une lentille plus formelle sur ces pratiques et, espérons-le, favorisera la mise en place d'autres mesures pour réellement aider les toxicomanes, précise la présidente de l'Association.

Libérer des ressources

Décriminaliser la possession simple de drogue permettrait à la police de concentrer son travail sur la recherche de trafiquants de drogue, selon la cheffe de police.

L'utilisateur de drogue illicite est vraiment la victime dans tout cela, mais le trafiquant est celui qui profite de sa douleur et de sa souffrance, dénonce Julia Cecchetto. Si vous demandez à un policier quelle est sa priorité, ce sont les trafiquants que nous voulons réellement arrêter.

Badge de la police régionale d'Halifax

Badge de la police régionale d'Halifax

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Julia Cecchetto croit qu’une telle mesure désengorgerait aussi les tribunaux qui n'auraient pas à s’occuper de ces infractions relativement mineures.

La cheffe ajoute que la décriminalisation seule ne suffirait toutefois pas. Le pays doit mieux financer les services de santé et de lutte contre les dépendances pour aider les gens à obtenir le traitement dont ils ont besoin, selon elle.

Le problème, c’est que même lorsque les toxicomanes sont prêts à recevoir de l'aide, le problème est que les programmes que nous avons sont déjà pleins et qu'il y a des listes d'attente pour obtenir les services ou l'aide dont ils ont besoin.

La crise des opioïdes

La crise des opioïdes a en partie contribué à mettre de l’avant la décriminalisation de la possession de drogues illicites, a déclaré Julia Cecchetto. Depuis le début de l’année, 19 Néo-Écossais sont morts de surdoses d'opioïdes.

Bien que la côte est ne soit pas aussi durement touchée par cette crise que d'autres régions canadiennes, d'autres drogues de rue comme le crack et des comprimés d'ecstasy contenant du fentanyl ont été trouvées en Nouvelle-Écosse, révèle-t-elle .

Les gens qui achètent ces substances ne savent pas qu'ils achètent du fentanyl, donc c’est parfois une question de vie ou de mort… et ils ne le réalisent pas.

Patty Hajdu en gros plan devant un drapeau canadien.

Patty Hajdu, ministre fédérale de la Santé

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Dans une déclaration commune publiée la semaine dernière, les ministres canadiens de la Santé, Patty Hajdu, et de la Justice, David Lametti, ont affirmé se réjouir de l'approbation d'une approche holistique pour faire face à la crise des opioïdes.

Nous apprécions les efforts déployés par les responsables de l'application de la loi pour envisager des options alternatives aux accusations pénales pour simple possession de drogues illicites dans les cas appropriés, et reconnaissons l'importance de réduire les obstacles au traitement, ainsi que les partenariats intégrés entre les services de détection et de répression et les services de santé et sociaux.

Les ministres ont également déclaré que le gouvernement fédéral continuerait de travailler avec des experts en toxicomanie, des intervenants de première ligne et des représentants de la loi pour poursuivre leur approche de santé publique face à l'épidémie d'opioïdes.

Notre gouvernement est déterminé à faire avancer les solutions fondées sur des preuves pour aider à inverser la tendance de décès par surdose d'opioïdes et d'autres méfaits liés aux drogues au Canada, peut-on lire dans le communiqué.

Avec les informations d'Elizabeth Chiu, de CBC

Avec les informations de CBC

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Nouvelle-Écosse

Crise des opioïdes