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Un conseiller d'Ottawa souhaite augmenter le financement des programmes sociaux

Rawlson King regarde la caméra.

Le conseiller du quartier Rideau-Rockliffe, Rawlson King

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Radio-Canada

Un conseiller municipal d’Ottawa estime qu'il est impossible de réduire le financement du Service de police d’Ottawa (SPO), mais qu'il est faisable d’augmenter le budget des programmes sociaux pour cibler les « racines de la criminalité ».

Le conseiller du quartier Rideau-Rockliffe, Rawlson King, demande ainsi au gouvernement fédéral de verser 15 millions de dollars dans les programmes sociaux de la capitale nationale.

Nous avons besoin que les niveaux supérieurs des gouvernements accordent un montant approprié aux programmes sociaux, afin que nous puissions nous attaquer réellement aux causes profondes de la criminalité et de la marginalisation dans certains quartiers, a déclaré M. King à CBC.

Selon l'élu, 5 millions de dollars pourraient être consacrés aux centres de santé et aux organismes communautaires qui fournissent des services de santé combinés à de l'aide à l'emploi ou de l'aide alimentaire.

Lorsque vous rencontrez des défis, en particulier la faim, ce sont des causes profondes de la criminalité.

Rawlson King, conseiller municipal de Rideau-Rockliffe

Si vous n'avez pas d'options éducatives ou récréatives pour améliorer votre position dans la vie, vous allez faire de mauvais choix, illustre le conseiller.

Selon lui, une somme aussi petite que 5000 $ permettrait de soutenir un programme parascolaire visant à maintenir les jeunes sur la bonne voie — le genre d'initiatives modestes difficiles à financer, mais efficaces, aux dires de M. King.

Des options limitées

Alors que plusieurs voix se sont élevées au cours des dernières semaines pour demander une réduction du financement des services policiers, Rawlson King estime plutôt que cette mesure est impraticable en Ontario.

Les conseils municipaux de la province sont en effet limités dans la façon dont ils peuvent diriger les services policiers, puisque la loi provinciale exige un financement adéquat des corps policiers.

Si la Commission de services policiers d'Ottawa contrôle le budget, la Commission civile de l'Ontario sur la police peut annuler toutes compressions jugées préjudiciables au respect des exigences légales par la police.

Structurellement, il n'est pas possible de sabrer le financement des corps policiers comme c'est le cas aux États-Unis, a déclaré M. King. Ce n'est pas si simple de dire que nous pouvons prendre l'argent d'une enveloppe et le mettre dans une autre.

Ce qui pourrait fonctionner cependant, c'est de changer les postes de dépenses du corps policier, aux dires du vice-coprésident du Comité sur l'équité du Service de police d'Ottawa, Georges Étienne. Le problème, d'abord et avant tout, est dans la culture organisationnelle, à son avis.

La question de réduire les budgets n’est peut-être pas essentielle dans la mesure où on force la police à faire une réallocation de son budget et utiliser cet argent-là pour faire les changements internes qui sont nécessaires, a-t-il dit. Ça, ça n'a pas besoin d’un conseil de ville, d’un arrêté municipal ou d’une nouvelle loi.

Portrait de Kelli Toner devant une structure de jeu.

Kelli Tonner appuie la démarche du conseiller Rawlson King.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

De son côté, la coprésidente de la Coalition des centres de ressources et de santé communautaires d'Ottawa, Kelli Tonner, affirme que les centres sont impatients de participer à la conversation sur l'amélioration des services sociaux ainsi que la lutte contre le racisme et la discrimination envers les Noirs.

La proposition de financement de M. King permettrait d'appuyer des initiatives existantes, comme les équipes qui interviennent dans les communautés à la suite d'incidents violents.

Avec des investissements supplémentaires, nous pourrions peut-être envisager de réorganiser notre façon de travailler et peut-être envoyer des équipes pour essayer de régler les problèmes avant qu'ils surviennent, a avancé Kelli Tonner.

Les centres de santé peuvent notamment bâtir des liens dans la communauté pour aider à désamorcer des situations quand il y a des enjeux de santé mentale, a-t-elle illustré. Selon Mme Tonner, les besoins ont dépassé le financement des centres de santé et de services.

Suzanne Obiorah en entrevue.

Suzanne Obiorah souhaite un meilleur financement des organismes comme le sien.

Photo : Radio-Canada

La directrice des soins primaires et des programmes régionaux au Centre de santé communautaire de Somerset West d’Ottawa souligne quant à elle que les organismes comme le sien dépendent souvent d'un financement à court terme.

Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes systémiques avec un financement à court terme , a déclaré Suzanne Obiorah. Les problèmes qui existent dans la communauté ne disparaissent pas quand l'enveloppe budgétaire s'épuise.

En 2016, une enquête menée par Statistique Canada révélait que les Canadiens noirs étaient 60 % moins susceptibles que les Canadiens blancs à chercher de l'aide pour des problèmes de santé mentale en raison de la stigmatisation, de la peur ou de mauvaises interactions avec les prestataires de soins.

Mme Obiorah croit que les programmes offerts par son centre contribuent à faire tomber ce genre de barrière, en permettant à la communauté de participer à leur élaboration.

Récemment, son organisme a lancé une ligne de soutien destinée spécifiquement à la communauté africaine, caribéenne et noire d'Ottawa.

Cette ligne, qui fonctionne trois heures par jour, a pour but de répondre aux questions liées à la COVID-19 soulevées par des membres de la communauté. Un financement plus stable permettrait d'en prolonger les heures et même de rendre la ressource permanente, aux dires de Mme Obiorah.

D'après les informations de Matthew Kupfer de CBC et de Fiona Collienne

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