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Le camping Club Havana ne devra plus rejeter ses eaux usées, tranche le ministère

Une main ganté qui tient une fiole d'eau

Le camping Club Havana ne devra plus rejeter ses eaux usées, tranche le ministère de l'Environnement (archives).

Photo : getty images/istockphoto / kozorog

Radio-Canada

Le camping Club Havana, à Maricourt, devra cesser d'exploiter la majorité de ses sites et ne devra plus rejeter ses eaux usées dans l’environnement, a fait savoir le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, lundi, dans un communiqué. Une décision que la propriétaire du camping réfute. Selon elle, tout est en règle et elle ne compte pas cesser ses activités.

Le ministre ordonne aux deux entreprises, celle qui exploite et celle qui est propriétaire du terrain, de cesser les rejets d’eaux usées dans l’environnement et procéder à la mise aux normes des installations du camping, fait tout d’abord savoir Daniel Messier, porte-parole du ministère.

Selon M. Messier, l’ordonnance qui vise le camping Club Havana stipule que les entreprises doivent cesser l’exploitation et arrêter tout raccordement de site de camping, chalet ou toute autre installation de camping, au-delà de ce qui avait été autorisé en novembre 1993.

À cette date, seulement quelques unités faisant partie du camping de Maricourt avaient reçu l’aval des autorités pour se brancher sur le réseau d’aqueduc du site. Or, selon Daniel Messier, il y a désormais une centaine d’emplacements sur le site, comme une piscine, un restaurant ou encore un amphithéâtre.

Un dossier qui comporte beaucoup de plaintes

On a eu beaucoup de plaintes dans ce dossier-ci. Ce sont des eaux usées qui contiennent des coliformes fécaux. Les distances entre le système de traitement des eaux usées n’étaient pas réglementaires par rapport aux puits d’eau potable. Il y a toujours des risques de contamination de l’eau.

Daniel Messier, porte-parole du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

L’ordonnance exige également de l’exploitant et au propriétaire d’arrêter tout prélèvement d’eau des puits et de cesser l’exploitation et le raccordement du système d’aqueduc du camping tant qu’il n’y aura pas un système d’aqueduc autorisé par le ministère, martèle le porte-parole du ministère de l'Environnement.

Selon lui, il y aurait eu des débordements d’eaux usées autour des installations septiques dans les boisés voisins.

M. Messier concède qu’un avis préalable à l’ordonnance a été envoyé en février dernier. On attend habituellement 15 jours pour que l’entreprise nous soumette soit un plan de gestion ou décide de faire des correctifs. Mais ce qu’ils ont répondu n’était pas suffisant, explique-t-il.

La propriétaire réfute la version du ministère

De son côté, Véronique Alarie, gestionnaire et propriétaire du camping, indique pour sa part qu’elle ne compte pas fermer le camping, car, selon elle, le système est fonctionnel.

Elle souligne que c’est à l’achat du terrain qu’elle avait découvert que le système n’était pas conforme. Elle aurait donc acheté une usine complète de traitement des eaux usées. C’est comme la Ferrari des systèmes, lance-t-elle. Un système qui aurait par ailleurs nécessité plus de 850 000 $ d’investissements.

C’est le système [de traitement des eaux usées] qui a la plus grande capacité autorisée au Québec présentement qu’on a acheté.

Véronique Alarie, gestionnaire et propriétaire du camping Club Havana

D’ailleurs, selon elle, le communiqué qui a été envoyé par le ministère, lundi, ne serait qu’une sécurité pour être certain que le système soit en opération.

De son côté, le porte-parole du ministère fait bien comprendre que l’entreprise doit respecter l’ordonnance. Si les entreprises refusent de se conformer à l’ordonnance, la loi permet au ministère de sanctionner de diverses façons le non-respect d’une ordonnance, précise-t-il.

Selon les informations du ministère de l’Environnement, plusieurs plaintes ont été déposées à l’encontre de l’entreprise et plusieurs inspections ont mis en lumière des manquements concernant le rejet d’eaux usées, le réseau d’eau potable ainsi qu’une mauvaise gestion des matières résiduelles.

Il y a eu près de 21 avis de non-conformité. On a rarement vu ça dans un dossier en Estrie, fait savoir Daniel Messier.

L’entreprise avait reçu trois sanctions administratives pécuniaires. Une enquête amorcée en 2017 et pouvant mener à des poursuites pénales est toujours en cours.

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