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Forcer les clients à porter le masque sera difficile, disent des commerçants

Un homme porte un masque en tissu.

Comme ailleurs au Québec, le port du masque sera obligatoire dans les lieux publics intérieurs en Outaouais dès samedi.

Photo : Reuters / Kai Pfaffenbach

Radio-Canada

À compter du 18 juillet, le port du masque deviendra obligatoire dans les lieux publics fermés partout au Québec. Or, des associations de commerçants affirment qu'il sera difficile de refuser des clients non masqués, alors qu’ils ont essuyé d’importantes pertes financières depuis le début de la pandémie.

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson, voit l’obligation de porter un couvre-visage dans les lieux publics intérieurs d’un bon œil. Il estime tout de même qu’une période d’adaptation est nécessaire à l’application du nouveau règlement annoncé lundi par le gouvernement Legault.

Les établissements qui n’appliqueront pas le nouveau règlement risquent de recevoir une amende variant de 400 $ à 6000 $. Si dans l'immédiat seules les entreprises seront punies, le gouvernement indique que des amendes pourraient plus tard être distribuées aux individus récalcitrants.

Il y a [des commerçants] qui disent : "Oui, on ne laisse pas entrer les gens s’ils n’ont pas de masque". D’autres [ne voudront pas mettre des] clients à la porte. C’est très difficile ces temps-ci. On ne veut pas perdre des clients non plus, explique-t-il.

Il va toujours avoir des gens qui ne plieront pas aux règlements. Les commerçants auront le choix de les refuser comme clients ou de prendre le risque. Mais je ne pense pas que les commerçants veulent aller là.

Pierre Samson, président de la Chambre de commerce de Gatineau.

Selon M. Samson, les commerces de la région fonctionnent entre 30 et 40 % de leur capacité. On va essayer de s’adapter le plus possible, souligne le président de la Chambre de commerce.

On n’est pas des policiers, on est des commerçants. On peut refuser de servir, mais […] les temps sont tellement durs ces temps-ci qu’on ne refuse pas les clients, affirme M. Samson. Ça va être très difficile de refuser un client même s’il n’a pas de masque.

Pierre Samson à l'extérieur par une journée ensoleillée.

Pierre Samson est le président de la Chambre de commerce de Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Une arme à double tranchant

La directrice générale et associée de la Sporthèque, Hélène Dupras, croit que le nouveau règlement est une arme à double tranchant.

Si l’on dit au client : "Vous ne pouvez pas entrer, vous ne pouvez pas utiliser les services parce que vous n’avez pas de masque", […] on perd des revenus, et l’on sait que les revenus ne sont pas ce qu’ils étaient. Ça risque d’être difficile, dit-elle.

Mme Dupras explique que le masque est déjà obligatoire dans les vestiaires du centre sportif, puisque l’espace est restreint. Elle se demande s’il sera aussi obligatoire pour les utilisateurs de porter le masque pendant leur entraînement.

De son côté, le directeur général du café-bar Aux 4 jeudis et du restaurant Piz'za-za, Alexandre Leblanc, n’est pas surpris de l’annonce de François Legault.

Il n’y a pas nécessairement de surprise comme telle. C’est déjà imposé par la Ville d’Ottawa depuis la semaine dernière et les commentaires que j’avais eus des différents clients, c’est que ça se passait très bien de l’autre côté de la rivière, raconte-t-il.

M. Leblanc dans un bar dans la journée répond aux questions d'un journaliste.

Alexandre Leblanc, directeur général du café-bar Aux 4 jeudis et du restaurant Piz'za-za.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

M. Leblanc estime que la population respectera le nouveau règlement. Je crois beaucoup à l’être humain et je pense que le message était clair de la part du gouvernement. Alors, je pense que les gens vont respecter les demandes gouvernementales et vont se présenter dans les commerces avec leur couvre-visage ou leur masque, fait-il valoir.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Un règlement pas applicable sous sa forme actuelle, selon le CQCD

Selon le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Stéphane Drouin, le nouveau règlement ajoute encore une fois des responsabilités aux détaillants.

Depuis le début de la crise, les détaillants ont toujours agi de façon responsable. Leur imposer la responsabilité du respect du port obligatoire du masque, sous la menace d’amendes importantes, alors qu’ils assument déjà des coûts additionnels importants, est très difficile à accepter, fait-il savoir par voie de communiqué.

Les détaillants n’ont pas à payer pour des clients récalcitrants. La responsabilité revient à chaque citoyen de respecter les règles et d’en payer le prix directement s’ils y contreviennent.

Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail

Le constat est le même pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). La santé publique est une responsabilité partagée. Demander à la petite entreprise d’être entièrement garante des actions des consommateurs [...] et lui imposer des amendes ne semble pas très équitable, souligne l’analyste principal des politiques à la FCEI, Gopinath Jeyabalaratnam, dans un communiqué.

À ce jour, seulement 20 % des entreprises québécoises réalisent à nouveau leurs revenus habituels pour cette période de l’année. Beaucoup ne peuvent donc pas se permettre de perdre des clients et se chargeront de fournir l’équipement nécessaire à leurs propres coûts, ajoute M. Jeyabalaratnam.

Avec les informations de Christian Milette et Alexandra Angers

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