•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le FBI arrête des cybercriminels nigérians qui vantaient leurs richesses sur Instagram

Un homme sur la banquette arrière d'une voiture de luxe avec un sac Louis Vuitton.

L'homme dans cette photo, Ramon Olorunwa « Hushpuppi » Abbas, compte plus de 2,5 millions de personnes abonnées à son compte Instagram.

Photo : Instagram @hushpuppi

Radio-Canada

Deux Nigérians qui documentaient leur train de vie luxueux sur Instagram figurent parmi la douzaine de cybercriminels africains arrêtés au début de juillet dans une importante opération du Federal Bureau of Investigation (FBI), selon ce que rapporte la BBC.

Le plus célèbre de ces escrocs est Ramon Olorunwa Abbas, mieux connu sous son pseudonyme, Hushpuppi. Âgé de 37 ans, celui qui se présente publiquement comme promoteur immobilier a développé un auditoire de plus de 2,5 millions de personnes abonnées sur Instagram en y publiant des photos sur lesquelles il porte des vêtements de marque et est à bord de voitures de luxe. Son acolyte Olalekan Jacob « mrwoodbery » Ponle, 29 ans, faisait la même chose sur son compte, auquel 170 000 personnes sont abonnées.

Maintenant extradés vers les États-Unis et accusés de conspiration, de fraude électronique et de blanchiment d’argent, les deux Nigérians et leurs complices étaient en possession de 40 millions de dollars en espèces, 13 voitures de luxe d'une valeur de 6,8 millions de dollars, 21 ordinateurs, 47 téléphones intelligents et une liste de 2 millions de noms de victimes lorsqu’ils ont été arrêtés par la police de Dubai. Ces biens ont été saisis.

Snapchat, Instagram et Apple ont collaboré avec le FBI pour l’enquête. Les informations obtenues ont servi à retrouver les suspects aux Émirats arabes unis. Dans une déclaration sous serment, le FBI explique que le courriel et le numéro de téléphone utilisés par Hushpuppi sur Instagram ont pu être liés à différents transferts de fonds.

Fraude par courriel

Les fraudeurs ont bâti une bonne partie de leur fortune avec des escroqueries de compromission de courriels d'affaires. 

Celles-ci consistent à s’infiltrer incognito dans un compte courriel professionnel d’une potentielle victime et à espionner ses communications pendant des mois afin de connaître son réseau et d’autres détails. Le but est d’en arriver à se faire passer pour un destinataire pour ensuite se faire verser d’importantes sommes d’argent.

La déclaration sous serment du FBI allègue que Hushpuppi a fait perdre 14,7 millions de dollars à une institution financière étrangère de cette manière et qu’il était impliqué dans un stratagème pour voler 124 millions de dollars à une équipe de soccer de la Premier League anglaise.

Environ 90 % des fraudes de ce type proviennent d'Afrique de l'Ouest, selon une étude publiée en mars par Agari, une firme américaine spécialisée dans la sécurité des courriels. Elles auraient généré près de 1,7 milliard de dollars américains en 2019.

Le pays des arnaques par courriel

Les fraudes par courriel sont si communes au Nigeria que les cybercriminels impliqués ont leur propre surnom : Yahoo boys. Ce terme désigne les fraudeurs qui tentent de convaincre des victimes potentielles de leur envoyer de l’argent dans des courriels d'hameçonnage.

L’une des arnaques les plus célèbres est celle de la « fraude 419 », mieux connue sous le nom de « prince nigérian ». Elle consiste à promettre une grosse somme d'argent si la victime transmet des informations financières ou si elle verse un certain montant au fraudeur.

La réputation du Nigeria comme usine d’arnaques par courriel a de sérieuses conséquences sur la population générale, selon ce qu'explique le fondateur de Bootcamp, une initiative d'incubation d’entreprises en démarrage basée au Nigeria, Ayo Bankole Akintujoye, en entrevue avec le réseau BBC.

Cela touche tous ceux qui font des choses légitimes, en particulier dans le domaine de la technologie, dit-il. Beaucoup d'entreprises étrangères ne livrent pas au Nigeria, beaucoup de plateformes de paiement n'acceptent pas de paiements de notre part, parce que cela a ruiné notre image.

Également interrogée par la BBC, une avocate américaine d’origine nigériane, Moe Odele, estime que ce sont des échecs systémiques du Nigeria qui poussent plusieurs jeunes Nigériens à devenir des Yahoo boys.

Ils considèrent que c'est un moyen facile de s'en sortir dans un pays qui leur offre des options limitées et, dans de nombreux cas, aucune option du tout, analyse-t-elle.

Avec les informations de BBC, et Quartz

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Fraude

Techno