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Saint-Pierre-et-Miquelon songe à rejoindre la bulle atlantique

La ville et le port de Saint-Pierre.

Saint-Pierre-et-Miquelon n'a dépisté que trois cas de COVID-19 depuis le début de la pandémie. L'archipel pourrait-il rouvrir ses frontières à ses voisins en Atlantique?

Photo : Radio-Canada

Saint-Pierre-et-Miquelon souhaite participer à la bulle atlantique, mais les autorités sanitaires canadiennes et françaises devront d'abord s'entendre pour harmoniser les restrictions à la frontière. Un processus diplomatique qui pourrait s’étaler sur une longue période, selon le président de l’archipel.

Les îles françaises au large de la côte sud de Terre-Neuve n’ont recensé que trois cas de COVID-19 depuis mars dernier. Depuis le 10 juillet, les voyageurs à Saint-Pierre-et-Miquelon doivent subir un test de dépistage 72 heures avant de prendre l’avion (Nouvelle fenêtre), mais n'ont plus à se mettre en quarantaine stricte de 14 jours.

Toutefois, en vertu des règles canadiennes, qui resteront en vigueur au moins jusqu'au 31 juillet, les 6000 insulaires se voient systématiquement refuser l’accès au Canada s’ils ne veulent pas s’isoler après leur arrivée.

Les côtes de Terre-Neuve sont à 10 ou 12 km de Saint-Pierre-et-Miquelon. On les voit très bien. Mais nous sommes deux pays différents qui ont eu deux législations différentes pour faire face à cette crise.

Stéphane Lenormand, président, Saint-Pierre-et-Miquelon
Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Une saison touristique désastreuse

Entre-temps, les traversées reliant Fortune (T.-N.-L.) et l’archipel sont annulées, les vols commerciaux en partance d'Halifax et de Saint-Jean sont suspendus, et l'absence de voyageurs étrangers coûte cher au secteur touristique.

Le traversier Suroît.

Les traversées entre Fortune, à Terre-Neuve, et Saint-Pierre-et-Miquelon sont suspendus depuis plusieurs mois.

Photo : Radio-Canada

2020 était une année très prometteuse. Nous avions énormément de réservations sur nos traversiers. Les hôteliers étaient contents. Il y avait 24 escales de bateaux de croisière. Les vols directs étaient pleins, raconte le président Lenormand.

On s'attendait à une très belle saison touristique jusque fin septembre, début octobre. Et aujourd'hui, malheureusement, on risque d'être complètement terminé avant d'avoir commencé.

Le gouvernement de la collectivité constate également des pertes de recettes douanières. Comme à Terre-Neuve-et-Labrador, les résidents observent aussi que les prix de certains produits ont explosé.

Stéphane Lenormand.

Le président de Saint-Pierre-et-Miquelon, Stéphane Lenormand.

Photo : Radio-Canada

Une bouée de sauvetage pour les hôteliers

Le président de la chambre de commerce de l’archipel, Alain Beauchêne, espère que les gouvernements canadien et français procèdent rapidement à l'assouplissement des restrictions pour les voyageurs afin de stimuler l’économie locale.

C'est sûr que ça ne sauverait pas la saison, mais ça serait certainement un plus, soutient-il.

M. Beauchêne note qu’avant la pandémie, les hébergements étaient pratiquement complets. Juin, juillet, août, septembre et ça commençaient à s'allonger [...] Du jour au lendemain, tout est tombé à l’eau. Les annulations se sont enchaînées les unes après les autres.

Les maisons multicolores de Saint-Pierre.

La ville de Saint-Pierre, la capitale de l'archipel français.

Photo : AFP / Jean-Christophe L'Espagnol

Des traversées possibles à l’automne?

Le président Lenormand indique qu’il a eu quelques discussions avec les gouvernements terre-neuvien et canadien sur les restrictions à la frontière, notamment quant à l’accès au port de Fortune.

Quelques traversées entre Fortune et Saint-Pierre-et-Miquelon sont envisageables à l’automne, estime-t-il. Vers le milieu du mois de septembre, on pourra peut-être effectuer quelques trajets sur Fortune pour peu aussi que la réglementation canadienne le permette.

M. Lenormand affirme aussi que les rénovations au quai de Fortune se poursuivent et que les deux nouveaux traversiers de 50 millions de dollars, achetés par le gouvernement français et en service depuis 2018, pourront transporter des voitures à compter de 2021.

Il ajoute que l’adhésion à la bulle atlantique est souhaitable, mais qu’une entente formelle est bien loin et qu’il ne veut pas démanteler les contrôles à la frontière trop rapidement.

On jongle avec deux législations, et une inquiétude d’une grande partie de la population du territoire sur l'ouverture justement de nos îles, tout en sachant qu'il y a aussi beaucoup de gens de Saint-Pierre-et-Miquelon qui souhaitent aller sur Terre-Neuve-et-Labrador tout simplement parce qu'ils y ont une résidence secondaire, explique-t-il.

Il pourrait y avoir des mouvements économiques, on pourrait avoir une petite saison touristique, mais il faut aussi que cette ouverture soit acceptée socialement et aujourd'hui sur notre territoire il y a une très, très forte inquiétude de la population.

Inquiétudes et optimisme

À Miquelon, la gérante de l’Auberge de l’île, Patricia Orsiny, se désole de ne pas avoir pu accueillir des touristes canadiens et américains cet été. Certains résidents de Saint-Pierre-et-Miquelon passent leurs vacances à son hébergement, mais les réservations ont chuté comparativement à l’an dernier.

On se demande si on aura assez travaillé pour survivre les six mois qui vont suivre en attendant la prochaine [saison].

Patricia Orsiny, gérante, Auberge de l’île

Mme Orsiny se dit pourtant reconnaissante du soutien financier qu’elle a reçu du gouvernement français, notamment pour le personnel au chômage partiel.

On va rester positif. Nous sommes des éternels optimistes et l'union fait la force, comme disent les Acadiens, lance Mme Orsiny.

Alain Beauchêne constate pour sa part qu’aucun membre de la chambre de commerce n’a fait faillite depuis le début de la pandémie.

Les autorités de la Santé publique de Terre-Neuve-et-Labrador et du Canada n’ont pas répondu à nos questions sur la possibilité d’assouplir les mesures à la frontière avec Saint-Pierre-et-Miquelon.

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Terre-Neuve-et-Labrador

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