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La Maison-Blanche dément qu’une campagne de salissage vise le Dr Fauci

Anthony Fauci parle derrière un lutrin.

Le docteur Anthony Fauci est le directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des États-Unis.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Après que des collaborateurs du président Trump eurent attaqué la crédibilité de l'épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, sous le couvert de l'anonymat ce week-end, le président américain et sa porte-parole ont vanté, lundi, les rapports professionnels entre les deux hommes.

J'ai une bonne relation de travail avec le Dr Fauci [...] depuis le début, a affirmé le président devant les journalistes à la Maison-Blanche. Depuis plusieurs jours, il multiplie pourtant les critiques contre son conseiller. Au cours des derniers jours, des responsables de la Maison-Blanche ont en outre partagé avec les médias une liste d'erreurs commises par le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses.

Je le trouve très sympathique. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, a ajouté Donald Trump, en réaffirmant que le Dr Fauci s'était opposé à la fermeture des frontières aux non-Américains qui s'étaient rendus en Chine.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, a aussi démenti toute discorde entre les deux hommes au cours d'une conférence de presse, évoquant leurs bons rapports professionnels.

L'idée selon laquelle l'administration Trump remettrait aux journalistes des informations ciblant le Dr Fauci comme s'il était un opposant politique et selon laquelle les deux hommes étaient en compétition ne peut pas être plus loin de la vérité, a-t-elle soutenu.

La Maison-Blanche n'a fait que fournir une réponse directe à une question directe du Washington Post, a-t-elle affirmé.

Une liste d'erreurs

Jeudi dernier, au cours d'une entrevue au réseau Fox News, le président Trump a décrit son conseiller en matière d'immunologie comme un homme gentil qui avait cependant fait beaucoup d'erreurs.

Quelques jours plus tard, ses collaborateurs en faisaient l'énumération dans les médias.

Plusieurs responsables de la Maison-Blanche s'inquiètent du nombre de fois où le Dr Fauci s'est trompé, a ainsi affirmé l'un d'entre eux, exemples à l'appui, dans une déclaration fournie dans un premier temps, anonymement, au Washington Post.

La longue liste, selon la description qu'en a fait samedi le quotidien, rappelait par exemple que le Dr Fauci avait indiqué, à la fin de février, qu'il n'était pas nécessaire, à ce moment-ci, de modifier ses comportements quotidiens. Le scientifique avait toutefois averti que cela était susceptible de changer et que la COVID pouvait devenir une épidémie majeure, une précision dont ne tenait pas compte le responsable anonyme de la Maison-Blanche.

L'inventaire des erreurs du Dr Fauci a par la suite été transmis à d'autres médias, qui ont noté que les citations étaient souvent partielles ou prises hors contexte, d'autant plus que les données médicales sur le virus ont évolué.

Dans une entrevue récente au Financial Times, le Dr Fauci, absent des dernières conférences de presse sur le coronavirus, a lui-même révélé qu'il ne faisait pas de compte rendu au président depuis au moins deux mois et qu'il ne l'avait pas rencontré à la Maison-Blanche depuis le 2 juin.

L'immunologiste en chef semble donc être sur la touche, même si le nombre de cas a bondi au cours des dernières semaines dans plusieurs États du pays, notamment en Arizona, en Californie, au Texas et en Floride, désormais l'épicentre de la pandémie.

Maintenu loin des caméras de télévision depuis plusieurs semaines, le Dr Fauci a néanmoins exprimé sur plusieurs tribunes ses préoccupations quant à l'évolution de la pandémie aux États-Unis, contredisant les assertions optimistes de l’administration Trump.

En entrevue au site FiveThirtyEight, la semaine dernière, il a par exemple convenu que les États-Unis ne s'en sortaient pas merveilleusement bien en comparaison avec les autres pays.

Selon un sondage récent du New York Times, 67 % des Américains considèrent le Dr Fauci comme une source fiable d'information sur le coronavirus, contre 26 % qui disent la même chose du président Trump.

Ce dernier a rabroué l'immunologiste à quelques reprises, notamment en mai dernier, quand celui-ci a lancé une mise en garde au Congrès contre une levée trop rapide des restrictions et une réouverture prématurée des écoles.

À l'interne, le conseiller de la Maison-Blanche pour le commerce, Peter Navarro, est l'un des critiques les plus virulents du scientifique, selon le Washington Post.

Le Dr Fauci a un bon contact avec le public, mais il s'est trompé sur tous les sujets sur lesquels j'ai eu des échanges avec lui, a-t-il déclaré au quotidien. Maintenant, Fauci dit qu'une baisse du taux de mortalité n'a pas d'importance alors qu'il s'agit de la donnée statistique la plus importante pour aider à guider le rythme de notre réouverture économique. Donc, quand vous me demandez si j'écoute les conseils du Dr Fauci, ma réponse est seulement "avec prudence".

À l'instar du président, Peter Navarro était un partisan de l'utilisation de l'hydroxychloroquine, un médicament à l'égard duquel le Dr Fauci appelait au contraire à la prudence.

Le secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), qui autorise la commercialisation des médicaments, a d'ailleurs fini par révoquer son utilisation pour le traitement de la COVID-19.

Le Dr Fauci n'est pas le seul à voir sa crédibilité mise en doute par le président.

En matinée, Donald Trump a par exemple retweeté le message d'un ancien animateur de jeu-questionnaire qui accusait les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les médias, les démocrates et la majorité des médecins de mentir sur le coronavirus pour nuire à la réélection du président.

La semaine dernière, Donald Trump, partisan convaincu d'un retour en classe à la rentrée, a ouvertement critiqué les recommandations très strictes et coûteuses des CDC à l'égard des établissements scolaires, les jugeant très peu pratiques.

Hausse du nombre d'hospitalisations

Vêtus de combinaisons sanitaires, deux membres du personnel médical prennent soin d'un patient intubé, qui est allongé sur le ventre.

Le personnel médical s'occupe d'un patient souffrant de la COVID-19 dans l'unité de soins intensifs du Scripps Mercy Hospital, à Chula Vista, en Californie.

Photo : Reuters / Lucy Nicholson

Le nombre d'hospitalisations, qui a atteint 54 000 lundi, continue par ailleurs d'augmenter depuis trois semaines, après une chute notable depuis la fin d'avril, selon le COVID Tracking Project de la revue The Atlantic.

Au sommet, à la mi-avril, près de 60 000 Américains étaient hospitalisés en raison du coronavirus.

Les États-Unis ont en outre signalé lundi près de 58 000 nouveaux cas et 327 morts, d'après les données colligées par le COVID Tracking Project. C'est moins qu'au cours du week-end, mais la moyenne des sept derniers jours demeure en hausse.

La situation est préoccupante, notamment en Californie, où le gouverneur Gavin Newsom a ordonné la fermeture de nombreux commerces et lieux publics.

Avec les informations de Washington Post

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