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Le Musée des beaux-arts de Montréal montre la porte à Nathalie Bondil

Mme Bondil parlant derrière un lutrin et un micro.

Nathalie Bondil était en poste depuis plus de 10 ans.

Photo : Getty Images / Ilya S. Savenok

Radio-Canada

Le conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a annoncé lundi qu'il mettait immédiatement fin au contrat de Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du musée, évoquant « des allégations de harcèlement psychologique ».

En entrevue à Radio-Canada, son président, Michel de la Chenelière, a maintenu que l'institution muséale ne pouvait plus fermer les yeux sur un environnement de travail devenu toxique.

Reconnaissant qu'au niveau rayonnement, Mme Bondil avait fait du MBAM un musée international extraordinaire, la principale intéressée n'a pas été capable de régler les problèmes de climat toxique et très malsain au musée, a-t-il expliqué.

Pourtant, c’est ça qui est le plus important, a plaidé M. de la Chenelière. C’est sûr que c’est important que le musée rayonne, mais s’il ne rayonne pas à l’intérieur, ça va mal.

Alerté à l'automne par le syndicat, le conseil d'administration dit avoir mandaté une firme extérieure – le Cabinet RH – pour établir un diagnostic indépendant. Le rapport qui lui a été présenté, en février, a confirmé une dégradation importante et multifactorielle du climat de travail, a indiqué le MBAM.

En 2020, on en peut plus fermer les yeux sur les relations toxiques en milieu de travail, a fait valoir Michel de la Chenelière, lundi. On sait ce qui se passe en ce moment dans différents milieux; en 2020, c’est inacceptable, c’est inacceptable, a-t-il répété, ajoutant que l'heure était venue de changer les choses.

C’est certain que cette décision, nous l’avons prise à grands regrets, mais elle nous a vraiment été imposée par son incapacité de travailler avec les équipes à améliorer le climat de travail au musée, qui était devenu vraiment toxique depuis quelques mois.

Michel de la Chenelière, président du conseil d'administration du MBAM

Dans le communiqué émis en début d'après-midi pour annoncer le départ de Mme Bondil, le Musée des beaux-arts évoque entre autres des allégations de harcèlement psychologique.

Au cours des derniers mois, les tentatives maintes fois répétées par le conseil d'administration de trouver une solution à cette situation devenue intolérable se sont butées à l'inflexibilité de Mme Bondil et à son déni de plusieurs conclusions pourtant sans appel du rapport, peut-on lire.

Son rejet d'une proposition de règlement qui aurait permis à toutes les parties d'entamer une transition harmonieuse d'ici la fin de son contrat prévu pour la fin juin 2021 a fini de convaincre le conseil.

Il est regrettable qu'une association remarquable de plus de 21 années entre le Musée et Mme Bondil se termine de cette manière, écrit-il.

Nathalie Bondil était arrivée au MBAM en 1999. Elle le dirigeait depuis 2007.

La principale intéressée s'est faite discrète, lundi. Avant l'annonce de son congédiement, Mme Bondil estimait toutefois que les administrateurs tentaient de la pousser vers la sortie parce qu'elle refusait d'endosser la nomination de Mary-Dailey Desmarais au poste de directrice de la conservation. L'ouverture dudit poste figurait parmi les recommandations du Cabinet RH, a souligné Michel de la Chenelière, lundi.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi lundi en admettant qu'à la lumière des informations rapportées, il est difficile de tirer des conclusions éclairées sur la situation qui prévaut au musée.

Mme Plante a tenu à souligner le travail de Mme Bondil pour son apport au rayonnement de Montréal comme métropole culturelle internationale, ajoutant qu'elle avait su créer des rendez-vous muséaux incontournables tant pour le public d’ici que d’ailleurs.

Ceci étant dit, comme je l'ai dit par le passé, toute organisation doit assurer un climat de travail sain et respectueux à ses employées et employés. C'est vrai à la Ville de Montréal, comme partout ailleurs dans notre société.

L'ex-maire de Montréal Denis Coderre a pour sa part déploré une grande perte pour la métropole, soulignant notamment l'apport de Mme Bondil aux célébrations du 375e anniversaire de la ville.

Un processus de recrutement à l'international sera mis sur pied pour trouver un successeur. D'ici là, M. de la Chenelière assurera l'intérim en tant que représentant du comité exécutif du conseil d'administration.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau et La Presse canadienne

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