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Une étude sur les tourbières pourrait contribuer à mieux protéger ces milieux humides

Sean Blaney vêtu de son équipement de recherche tient des outils dans ses mains. Il est photographié dans les herbes hautes de la tourbière d'Alward Brook.

Sean Blaney, directeur général et scientifique principal du Centre de données sur la conservation du Canada atlantique, dirige une étude sur les tourbières du Nouveau-Brunswick. Il est photographié à la tourbière d'Alward Brook, à New Canaan.

Photo : Radio-Canada / Tori Weldon

Radio-Canada

Des scientifiques du Centre de données sur la conservation du Canada atlantique (CDCCA) étudient la faune et la flore des tourbières afin de comprendre l’importance de ces zones humides.

Sean Blaney, directeur général et scientifique senior au CDCCA, se rend tôt le matin à la tourbière d'Alward Brook, située au cœur d'un réseau de chemins forestiers extrêmement difficiles à parcourir, au nord de Havelock, à 50 km à l'ouest de Moncton.

Le scientifique s’affaire à dresser une liste des éléments de la flore et de la faune qu'il observe dans la tourbière. Les plantes qui subsistent dans les conditions humides et ouvertes d'une tourbière sont particulières. Elles ne se retrouvent pas souvent dans d’autres habitats.

Elles tolèrent très bien les conditions difficiles de la tourbière, mais elles ne sont pas douées pour survivre dans des conditions plus faciles, en concurrence avec d'autres plantes, explique M. Blaney.

Un champs d'herbes hautes dans la tourbière de Alward Brook.

On accède à la tourbière d'Alward Brook par un réseau de chemins forestiers dont l'entrée se trouve à l'extérieur d'Havelock.

Photo : Gracieuseté de Sean Blaney

Le scientifique principal du centre mène actuellement une étude sur les tourbières du Nouveau-Brunswick afin de mieux comprendre les espèces rares qui y vivent.

Il décrit une tourbière comme étant une éponge géante qui absorbe le paysage.

[Une tourbière], c'est une zone composée de tourbe, c'est-à-dire de plantes mortes depuis des milliers d'années, accumulées dans un épais tapis parfois épais de plusieurs mètres.

Sean Blaney, directeur général et scientifique senior au CDCCA

Ce dernier a fait deux découvertes importantes récemment : une fougère des marais (Thelypteris palustris) ainsi qu’une petite orchidée appelée listère du Sud (Neottia bifolia).

La fougère est une espèce rare. Selon M. Blaney, on ne la repérait auparavant que dans la région de Minto, au Nouveau-Brunswick.

Une plante de type fougère.

Une fougère des marais, alias Thelypteris palustris, est l'espèce la plus rare que M. Blaney a trouvée pendant sa journée d'exploration de la tourbière.

Photo : Gracieuseté de Sean Blaney

Une étude qui pourrait avoir des effets concrets

Ces découvertes pourraient influencer les politiques en place et certaines industries, croit le scientifique. Les informations sur les plantes sont numérisées et saisies dans une grande base de données. Elles deviennent ensuite disponibles pour la prise de décisions en matière de conservation, explique le scientifique.

Toutes les informations que lui et deux autres botanistes accumuleront sur le terrain cet été seront compilées à l'automne.

S'il y avait une proposition d'extraction de tourbe pour cette tourbière particulière, alors le promoteur devrait venir au Centre de données sur la conservation du Canada atlantique et se servir de nos données. Il constaterait que j’ai découvert cette listière du sud, expose M. Blaney.

Et cette petite orchidée pourrait jouer un grand rôle dans la décision d'autoriser ou non l'extraction de la tourbe du site en question. Sean Blaney s’attend à ce qu’on l'interroge sur de tels enjeux dans les années à venir.

Je pense qu'il y a de bonnes chances qu'à l'avenir, avec la situation financière de la province, il y ait davantage de pression pour autoriser des baux de la Couronne dans les tourbières pour l'extraction, affirme-t-il.

L'extraction de la tourbe sur les terres publiques est gérée par le ministère des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie. Son site web indique que 70 % des tourbières à potentiel commercial sont situées sur des terres appartenant à la Couronne.

Une carte parsemée de points indique la répartition des tourbières au Nouveau-Brunswick.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette carte illustre la répartition des tourbières au Nouveau-Brunswick.

Photo : Gracieuseté du gouvernement du Nouveau-Brunswick

Les entreprises qui extraient de la tourbe sur des terres publiques sont tenues d'avoir un plan de remise en état lorsqu’elles exploitent une zone humide. Or, des milliers d'années sont nécessaires pour qu'une tourbière se forme.

M. Blaney espère qu'une partie des terres qu'il étudie sera prise en compte lorsque la province concrétisera sa promesse de doubler la superficie des terres protégées dans la province d'ici 2021.

Les tourbières sont une des zones, un des types d'habitats qui peut être relativement facile à protéger par rapport aux paysages forestiers, argumente-t-il. Il y a moins de demandes pour les tourbières en général que pour les forêts et le bois de la forêt.

L'étude sur les tourbières est financée par le Fonds en fiducie pour la faune du Nouveau-Brunswick et doit porter sur les tourbières situées dans les parties sud et est de la province.

Les tourbières représentent environ 2 % de la masse terrestre du Nouveau-Brunswick. La majeure partie de la tourbe extraite est utilisée pour l'horticulture.

Avec les informations de Tori Weldon de CBC

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Faune et flore