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Vol PS752 : un rapport de l'Iran ne convainc pas les proches des victimes canadiennes

Une partie du fuselage de l'avion au sol.

Des débris de l'avion Boeing 737-800 abattu par l'Iran en janvier.

Photo : Reuters / Social Media

La Presse canadienne

Un nouveau rapport sur l'écrasement d'un avion de ligne ukrainien, abattu par l'armée iranienne en janvier, faisant état d'une batterie de missiles mal alignée et d'autres erreurs humaines, montre la nécessité d'une enquête indépendante, affirme un représentant des proches des victimes canadiennes de la tragédie.

Le rapport a été publié samedi soir par l'Organisation de l'aviation civile iranienne, soit plusieurs mois après que le vol PS752 d'Ukraine International Airlines eut été abattu par les Gardiens de la révolution islamique.

Le drame a coûté la vie à 176 personnes, dont 55 citoyens canadiens et 30 résidents permanents. Des dizaines d'autres victimes avaient aussi des liens avec le Canada.

Les autorités iraniennes ont d'abord nié toute responsabilité, ne reculant qu'après que les pays occidentaux eurent présenté des preuves de la responsabilité de Téhéran. Les proches des victimes reprochent à l'Iran d'avoir fait des efforts pour nuire à l'enquête sur l'écrasement.

Hamed Esmaeilion, un dentiste de Toronto dont l'épouse Parisa et la fille de neuf ans Reera ont péri dans la tragédie, n'en démord pas sur la nécessité d'une enquête indépendante.

Cela soulève plus de questions. Il est très difficile de croire à cette histoire.

Hamed Esmaeilion, un Torontois qui a perdu sa femme et sa fille dans l'écrasement
Hamed Esmaeilion en entrevue.

Hamed Esmaeilion a perdu sa fille et son épouse dans la tragédie.

Photo : YouTube

La version de l'Iran

Le drame s'est déroulé à l'aéroport principal de Téhéran, selon le rapport iranien. Cette nuit-là, les forces iraniennes avaient lancé une attaque aux missiles contre une base américaine en Irak en représailles à la mort d'un général iranien à Bagdad, le 3 janvier.

Le rapport détaille une série d'erreurs qui ont conduit à la destruction de l'appareil. Les responsables de la batterie ne pouvaient pas communiquer avec leur centre de commandement. Ils ont identifié le vol civil comme une menace et ont ouvert le feu à deux reprises sans obtenir l'approbation des hauts responsables.

Le rapport ne dit pas pourquoi les Gardiens de la Révolution ont déplacé le système de défense aérienne, mais note que le vol ukrainien n'a rien fait hors de l'ordinaire jusqu'au lancement du missile.

Au moment du tir du premier missile, l'avion volait à une altitude et une trajectoire normales, indique le rapport.

M. Esmaeilion se demande bien pourquoi c'est ce vol qui a été la cible des missiles et non les appareils qui avaient décollé peu de temps auparavant. Il laisse entendre que le rapport est une autre tentative de l'Iran pour détourner l'attention des vraies causes de la tragédie.

Il est très difficile de croire cette histoire et c'est le seul scénario qui en fait un accident, déplore M. Esmaeilion. Si la batterie a été mal calibrée à 107 degrés, mais pourquoi les huit autres avions étaient-ils en sécurité? Pourquoi elle n'a été mal calibrée que pour la PS752?

Le rapport ne montre du doigt que le personnel de la batterie de missiles. Six personnes soupçonnées d'être impliquées dans le drame ont été arrêtées, a déclaré un porte-parole du gouvernement en juin. Il a dit qu'à l'époque trois avaient été libérés sous caution tandis que les trois autres étaient toujours détenus.

Le porte-parole d'Affaires mondiales Canada, Sylvain Leclerc, n'a pas répondu directement aux questions sur le rapport de l'aviation civile. Il a plutôt souligné les appels passés du ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, à l'Iran pour une enquête complète et transparente.

Dimanche soir, François-Philippe Champagne a écrit sur Twitter que l'Iran doit mener une enquête complète et transparente conformément aux normes internationales et fournir réparation aux familles des victimes.

Il a ajouté que le Canada travaillait avec ses partenaires afin que l'Iran respecte ses engagements, notamment en ce qui concerne l'analyse des boîtes noires en France le 20 juillet.

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Écrasement d'avion

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