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Une crise interne secoue le Musée des beaux-arts de Montréal

Le Musée des beaux-arts de Montréal.

Le Musée des beaux-arts de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le torchon brûle entre le Conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) et sa directrice générale Nathalie Bondil, critiquée pour son style de gestion.

Le conseil d'administration (C. A.) souhaite le départ de Mme Bondil, lui proposant une entente qui ne permettrait pas le renouvellement de son contrat au-delà de 2021, tout en limitant ses pouvoirs. Une offre que la principale intéressée a refusée, la qualifiant d’inacceptable.

Climat de travail toxique

Des tensions internes ont forcé le conseil d'administration à revoir la gouvernance du MBAM, à la suite de plaintes de la part d’employés qui ont dénoncé un climat de travail toxique au sein de l’institution. Le syndicat des employés confirme avoir reçu des plaintes et affirme avoir déposé des griefs en ce sens. D'anciens employés contactés par Radio-Canada ont aussi confirmé l'ambiance de travail difficile à cause du style de gestion, entre autres.

Un audit a alors été déclenché pour évaluer le problème. Un des membres du C. A. explique que des dizaines d'employés ont été interrogés dans le cadre de cet audit et qu’un rapport avec des recommandations a été présenté au conseil d’administration.

Une des recommandations après ce diagnostic institutionnel, c'était de créer un poste de directrice de la conservation, confirme un des membres du conseil d’administration, une façon d’alléger les tâches de Nathalie Bondil.

Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal

Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal

Photo : Radio-Canada

Mme Bondil trouvait l’idée de la création de ce nouveau poste pertinent, surtout que le musée prend de l'expansion. Elle n’a toutefois pas approuvé la nomination de Mary-Dailey Desmarais, qui est issue d’une famille importante de donateurs, à la suite d’un processus d’embauche contesté. Selon Mme Bondil, c'est à partir de ce moment-là que sa relation avec le C. A. a tourné au vinaigre.

« Tu seras congédiée »

Le 6 juillet Mme Bondil dit avoir questionné le président du conseil d'administration sur le renouvellement de son contrat venant à échéance en 2021.

Il m’a répondu : Tu me picosses! Tu seras congédiée pendant l’été, confie-t-elle.

La directrice générale, en poste depuis 2007, ne croit donc pas que ce soit que le climat de travail qui explique la volonté du conseil de se séparer d'elle à la fin de son contrat, mais plutôt parce qu'elle n'aurait pas approuvé la nomination de la nouvelle directrice de la conservation du musée.

Michel de la Chenelière, le président du C. A. n’a pas répondu à nos nombreux appels téléphoniques au cours des derniers jours.

Inquiétude des donateurs

Manon Gauthier, directrice générale de la Fondation Riopelle, l'un des donateurs privés du musée ne cache pas son inquiétude face à la situation.

Nous sommes extrêmement préoccupés par ce qui se passe au musée, nous avons eu des discussions et des collaborations avec Mme Bondil et ses équipes. […] Il est évident que notre regard est tourné vers la situation actuelle.

Manon Gauthier

La ministre de la Culture Nathalie Roy n’a pas souhaité commenter l’affaire étant donné que le gouvernement du Québec n’a pas de pouvoir sur la nomination des directeurs généraux du musée, bien qu’il octroie du financement à l’institution. La ministre soutient cependant la directrice générale, se disant consternée d'apprendre qu'on mettait en doute les qualités de Mme Bondil.

Je pense que ça soulève beaucoup de questions, a-t-elle souligné.

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